Accueil InvestirIndices et actions Retour sur 2017, un bon cru pour les entreprises françaises du CAC 40

Retour sur 2017, un bon cru pour les entreprises françaises du CAC 40

par Etienne Henri

La saison des publications de résultats s’achève et nous permet de tirer un premier bilan chiffré de l’année 2017. S’il est facile, au 31 décembre, de constater quelles actions et quels compartiments se sont bien comportés sur les 12 mois précédents, l’exercice reste abstrait tant le prix des valeurs peut évoluer sans lien avec l’activité sous-jacente.

Il faut donc, patiemment, attendre les publications de résultats annuels pour savoir si nos entreprises favorites ont eu une belle année et si leur évolution boursière, à la hausse comme à la baisse, est justifiée.

C’est durant cette période que les investisseurs focalisés sur la valeur des entreprises procèdent à des arbitrages. Les dernières informations obtenues permettent de déterminer quelles valeurs sont devenues chères ou bon marché par rapport à leur activité économique réelle.

Face à eux, les spéculateurs, hedge funds et autres algorithmes de trading ont déjà eu le temps de faire plusieurs allers-retours sur les valeurs depuis le 1er janvier… Ces opérateurs bien plus nerveux scrutent également les résultats pour anticiper les mouvements des investisseurs de long terme.

Tout ceci nous donne la recette parfaite pour une période de forte volatilité avec des comportements qui peuvent sembler contre-intuitifs.

Aujourd’hui, nous tirons quelques enseignements macro des principales publications de ces dernières semaines.

Comment interpréter les décalages de cours suite aux publications de résultats ?

Avant toute chose, abordons rapidement la question du comportement des opérateurs suite aux publications de résultats.

Rappelons-le, l’investissement n’a rien d’une science exacte ; l’irrationalité des marchés n’est plus à démontrer : il faut savoir, de notre côté, garder la tête froide face à des comportements chaotiques.

Ces dernières semaines, vous avez pu entendre simultanément “l’entreprise X a publié de bons résultats. Son cours chute car les opérateurs prennent leurs bénéfices” ; et “Le marché salue les bons résultats de Y qui s’envole de + 5% à l’ouverture”.

Vous avez pu entendre l’inverse, à “l’entreprise Z a publié de mauvais résultats, désormais intégrés dans les cours, ce qui cause le rebond”.

Bref, de bons résultats peuvent faire monter ou chuter les actions, et de mauvais résultats aussi.

Ceci est la définition-même d’un phénomène chaotique. Même si vous aviez une boule de cristal (ou des contacts haut-placés aux conseils d’administration et étiez disposés à vous adonner au délit d’initié), connaître à l’avance la teneur des résultats annuels ne vous servirait à rien. Qu’ils soient bons ou mauvais, le marché n’en fera qu’à sa tête.

Gardez donc une bonne dose de scepticisme face aux analystes qui justifient a posteriori les mouvements erratiques des marchés.

Les décalages de cours suite aux publications, à la hausse comme à la baisse, ne sont que l’expression du caractère aléatoire (à l’échelle de quelques jours) de l’évolution des prix. Ils ne doivent donc en aucun cas être considérés comme une source d’information sur les valeurs — tout au plus peuvent-ils servir de baromètre de l’état d’esprit général des marchés.

Qu’a donné l’année 2017 pour les valeurs françaises ?

Les chiffres sont formels : l’année 2017 a été un excellent cru pour notre industrie. Les entreprises du CAC 40 ont dégagé lors de cet exercice un résultat net cumulé de l’ordre de 90 milliards d’euros, soit plus de +18% par rapport aux 76 milliards de l’année 2016.

Même au-delà des stars de la cote, le bilan est globalement bon pour les valeurs françaises. On notera simplement la grosse déception sur le dossier Technicolor, dont le résultat net attendu dans le vert s’est transformé en une perte de 173 millions d’euros. Cette mauvaise nouvelle n’est cependant pas totalement une surprise concernant une entreprise qui n’en finit plus de tenter de se réinventer. Seuls les investisseurs les plus optimistes (et les traders) sont encore positionnés sur ce dossier.

Ce qu’il faut retenir, c’est que l’année 2017 a été globalement bonne. L’activité économique des entreprises françaises a augmenté sur la période, et s’est même payé le luxe d’être plus rentable qu’en 2016 : une bonne nouvelle pour les investisseurs !

Reste bien sûr la question du prix. Les actions sont-elles chères ou bon marché vu le niveau actuel de l’économie ? En d’autres termes : faut-il détenir des actions françaises en 2018 ?

Le CAC 40 est-il cher ? Faut-il vendre ou acheter ?

Nous vous mettons si souvent en garde contre les problèmes systémiques et les valorisations exagérées des actions qu’il peut parfois vous sembler une mauvaise idée de détenir des parts de sociétés cotées. Si tel est le cas : rassurez-vous.

Il faut être prudent, c’est certain, mais détenir un bout d’entreprise reste le moyen le plus sain et pérenne de faire de l’argent avec de l’argent ; rien à voir avec le fait de participer à la finance casino ou prêter de l’argent à des Etats insolvables.

Si vous voulez dormir tranquille, il vous suffit de ne pas avoir un besoin impérieux de l’argent que vous placez (pour ne pas avoir à vendre au pire moment durant les inévitables krachs), et d’être certain d’avoir acquis vos titres à bon prix. Pour le reste, le temps fait son office.

Entre début 2016 et 2017, le CAC 40 est passé de 4 900 à 5 345 points, soit une hausse de 9%.
Comme je vous le disais plus haut, le bénéfice net des entreprises du CAC 40 a sur la même période a augmenté de +18%.

Cela signifie que le CAC 40 est, toutes choses égales par ailleurs, sensiblement moins cher aujourd’hui qu’il ne l’était il y a un an. Si vous avez de l’argent à placer en ce début d’année, il n’est donc pas déraisonnable de vous positionner (ou vous renforcer) petit à petit, d’autant que ces dernières semaines ont vu l’indice parisien rejoindre les 5 100 points : une décote de 5% par rapport à début janvier.
[NDLR : Les meilleures valeurs du CAC 40 ? Celles à mettre maintenant en portefeuille ? Elles sont ici…]

N’oubliez pas que, pour gagner de l’argent, il vous faut acheter aux pessimistes et vendre aux optimistes. En l’absence de krach à la hausse sur les indices comme le bitcoin l’a connu fin décembre, aucune raison de passer à la vente sur les actions françaises.

Laissez-vous guider par les sages

Dans le domaine économique comme en toute chose, l’idéal reste de s’inspirer de ceux qui savent faire. Je vous conseille donc, si l’anglais ne vous rebute pas, la lecture de la traditionnelle lettre de
Berkshire Hathaway, l’entreprise dirigée de main de maître depuis un demi-siècle par Warren Buffet. Sa lecture est agréable, dans un style très fluide et les considérations techniques sont soigneusement expliquées.

La lettre est gratuitement accessible à cette adresse.

Sa lecture est un passage obligé pour les investisseurs au long cours, et elle est toujours riche d’enseignements.

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