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2019, année de tous les dangers pour SpaceX

par Etienne Henri
SpaceX

L’année 2019 devait être celle de la consécration pour SpaceX, elle se présente finalement comme celle de tous les dangers. Explications.

2019 s’annonçait si bien pour SpaceX

Au mois de janvier, la capsule Dragon devait faire une répétition générale à vide avant d’envoyer, quelques mois plus tard, des astronautes en chair et en os vers l’ISS.

En parallèle, la BFR (désormais plus poétiquement nommée Starship) devait effectuer ses premiers vols statiques, une étape importante dans le cycle de développement d’un lanceur.

Tout avait bien commencé donc et Elon Musk avait même gratifié les technophiles d’un rendu informatique du futur Starship juste après les fêtes. Au vu du design très rétro, nombre de personnes s’étaient demandé s’il ne s’agissait pas d’une énième exagération de l’entrepreneur… Avant de voir arriver, quelques jours plus tard, une photographie prise sur le site d’assemblage.

starship SapceX

Le nouveau Starship. A droite, l’image de synthèse, à gauche, la fusée réelle.
Crédit : SpaceX.

 

Cerise sur le gâteau, l’entreprise annonçait en décembre avoir battu un nouveau record en terme de valorisation. Lors de sa levée de fonds du mois de décembre, les investisseurs seraient entrés au capital sur la base d’une valorisation de 30,5 Md$, soit une hausse de 50 % par rapport aux 21 Md$ de début 2018 !

Des projets en pagaille, des fonds en abondance et des investisseurs heureux… La situation semblait idéale pour Elon Musk.

Les premiers hoquets de la belle machine SpaceX

Début janvier, des nuages ont commencé à s’amonceler dans ce tableau idyllique.

La NASA a tout d’abord annoncé il y a quelques jours le report du vol de test de la capsule Dragon. Une date ultérieure en février a été évoquée, sans toutefois être confirmée.

Si un mois de retard n’est rien pour un programme spatial, un second report serait calamiteux pour l’image de SpaceX.

En effet, en mars le Starliner de Boeing devrait prendre son envol également à vide pour voler de manière automatique vers l’ISS. Il serait du plus mauvais effet que le Dragon de SpaceX soit encore cloué au sol à cette date.

Dans le calendrier initial, SpaceX devait ensuite envoyer deux astronautes vers l’ISS dans le courant de l’été.

Starliner Boeing

Vues d’artistes du CST-100 Starliner de Boeing (à gauche) et de la capsule Dragon de SpaceX (à droite). Crédits : Boeing / SpaceX.

 

Mais d’autres défis, plus terre-à-terre, attendent Elon Musk en 2019.

La levée de fonds du mois de décembre n’a en vérité été qu’un demi-succès. Sur les 500 M$ d’actions que l’entreprise espérait vendre, seuls 273 M$ ont trouvé preneur. Est-ce parce que la valorisation demandée était trop importante ? Est-ce parce que l’accès au crédit se resserre aux Etats-Unis ?

Gardons-nous bien de tenter d’expliquer cette frilosité en recourant à des théories invérifiables : constatons simplement que la levée de fonds n’a pas eu le succès escompté.

Plus grave : cette levée faisait suite à un premier échec financier en novembre dernier.

SpaceX avait alors échoué à placer un emprunt obligataire de 750 M$ pour financer sa nuée de satellites Internet et avait dû se contenter de 250 M$. Selon Bloomberg, Goldman Sachs, pourtant très proche d’Elon Musk, avait d’ailleurs refusé d’organiser la levée au vu des conditions demandées.

A cette occasion, les analystes avaient appris que SpaceX, réputée rentable depuis des années, ne l’était en fait que par des artifices comptables comme la comptabilisation des acomptes et l’exclusion de certaines dépenses de R&D.

C’est un fait : en 2019, les flots de capitaux commencent à manquer à SpaceX.

En 2019, SpaceX se met à la sobriété

C’est un fait : en 2019, les flots de capitaux commencent à manquer à SpaceX. L’entreprise va devoir réduire sa voilure pour apprendre à naviguer dans un environnement où l’argent gratuit n’existe plus.

Elle a d’ailleurs annoncé la semaine dernière se séparer de 10 % de ses effectifs, soit environ 600 personnes sur les 6000 qui travaillent aujourd’hui pour la firme spatiale. Nul doute que les salariés, déjà bien sollicités, ne vont pas chômer vu la quantité de projets menés de front.

Elon Musk devra-t’il mettre de l’eau dans son vin et cesser de vouloir, simultanément, concevoir les meilleurs lanceurs de satellite, de nouvelles fusées interplanétaires, des moyens de transport intercontinentaux et une flotte de satellites Internet ?

Si les fonds viennent à manquer, c’est plus que probable. Il reste toutefois à l’entrepreneur une dernière cartouche à tirer pour renflouer les caisses : l’introduction en Bourse. Vu le succès d’estime dont bénéficie l’entreprise, elle pourrait rapporter plusieurs milliards de dollars – de quoi continuer encore quelques années à innover à marche forcée !

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