Accueil InvestirIndices et actions 2021 : 3 secteurs tech qui ont fait le bonheur des investisseurs

2021 : 3 secteurs tech qui ont fait le bonheur des investisseurs

par Etienne Henri
ARN-messager, semi-conducteurs, transition énergétique

[L’année touchant à sa fin, le moment est venu de mettre l’actualité de côté un instant pour prendre un peu de recul sur les douze derniers mois. Dans le tourbillon de la crise sanitaire, des récessions et autres rebonds, du retour de l’inflation, les investisseurs n’ont pas manqué de sollicitations, de sueurs froides… mais aussi d’opportunités. Voici donc les trois secteurs technologiques qui se sont particulièrement bien démarqués en 2021.]

Pour les investisseurs dans les nouvelles technologies, 2021 a parfaitement tenu ses promesses

2021… Quelle année ce fut, cher lecteur ! En particulier pour le secteur tech… Novembre touche à sa fin et le moment me semble opportun pour jeter un œil (critique) dans le rétroviseur.

Plus que jamais, l’humanité a apporté une réponse technologique aux nouveaux défis qui se sont présentés à elle. Aujourd’hui, je vous propose donc de passer en revue trois secteurs qui ont fait le bonheur de leurs investisseurs. Ils nous permettront ainsi de mieux nous préparer à aborder 2022.

L’ARN messager :
le grand gagnant de l’année 

Je vous le disais il y a un an, à l’aube de 2021, le potentiel du vaccin à ARNm était encore incompris par les investisseurs. A cette époque, les pouvoirs publics hésitaient à lancer une politique de vaccination massive… on voit aujourd’hui que les dirigeants ont opéré à ce sujet un virage à 180°, et que les vaccins à ARN développés par BioNTech et Moderna ont désormais vocation à être utilisés régulièrement.

Le COVID-19 ne sera pas l’unique application de l’ARNm

Le COVID-19 ne sera pas l’unique application de cette technologie.

Déjà, les biotechs annoncent travailler sur de nouveaux vaccins à base d’ARN. Moderna a, dans ses cartons, des produits destinés à protéger du cytomégalovirus (déjà en Phase III d’homologation), de Zika, de la grippe (tous deux en Phase II) et même contre le VIH.

BioNTech reste, de son côté, surtout fidèle à l’histoire de la recherche sur l’ARN et concentre ses efforts, en plus d’un vaccin contre la grippe saisonnière, sur la lutte contre le cancer.

Ces pionniers des vaccins à ARN ont des relais de croissance tout trouvés… et même les suiveurs se mettent à cette nouvelle technologie. Le Français Sanofi est entré dans la course avec le développement d’un candidat-vaccin contre le COVID-19. Si sa commercialisation, jugée non rentable à ce stade de l’épidémie, a été abandonnée, le géant pharmaceutique conserve un centre d’excellence dédié à l’ARN messager doté d’un budget de recherche de 400 M€, qui devrait produire au moins six candidats-vaccins d’ici à 2025.

graphe évolution BionNTech Moderna 2021

Evolution de l’action BioNTech (bleu) et Moderna (violet) depuis début 2021. Dire que les entreprises spécialisées dans l’ARN messager ont réjoui leurs actionnaires serait un euphémisme !
Infographies : Investing.com

Crise du semi-conducteur… pas pour tout le monde 

La pénurie de semi-conducteurs a frappé de plein fouet l’industrie manufacturière. Du fait des baisses de production en Asie en début d’année et des hoquets de la chaîne logistique internationale, l’approvisionnement en puces à faible valeur ajoutée est devenu difficile pour les entreprises occidentales.

Le rebond de la consommation des particuliers après les confinements a créé un effet ciseaux catastrophique entre baisse de l’offre et augmentation brutale de la demande. Certaines entreprises ont vu leurs coûts d’approvisionnement exploser tandis que d’autres, comme les constructeurs automobiles, se sont retrouvées purement et simplement incapables d’acheter les puces dont elles avaient besoin pour assembler leurs produits.

Cette pénurie n’a pas fait que des perdants

Nous avons donc assisté à des scènes qui auraient été impensables il y a quelques années de cela. Renault, Stellantis, Ford et même le géant General Motors (GM) ont tour à tour réduit leurs cadences de production jusqu’à parfois arrêter totalement leurs chaînes d’assemblage.

Or, cette pénurie n’a pas fait que des perdants, loin de là. Tandis que les consommateurs s’arrachent les précieuses puces, les producteurs se frottent les mains. Alors que les fondeurs avaient déjà connu une belle hausse en 2020, c’est désormais la partie amont de la chaîne de valeur qui reçoit les faveurs des marchés.

Les équipementiers, qui fournissent les machines et services nécessaires à la fabrication de puces électroniques, voient leur activité exploser. Ils se sont, cette année, offert le luxe de surperformer largement les fondeurs, pour lesquels la pénurie de semi-conducteurs était déjà bien intégrée dans les cours.

graphe évolution TSMC semi-conducteur 2021

Les gains ne sont pas toujours là où on le croit :
évolution sur 2021 d’un équipementier du semi-conducteur (en bleu) par rapport à TSMC (en violet)
Infographie : Investing.com

Toujours plus de milliards pour la transition énergétique

Après une année 2020 durant laquelle les considérations sanitaires avaient primé sur le reste des sujets, la transition énergétique est revenue sur le devant de la scène.

Qu’il s’agisse d’acteurs industriels ou de pouvoirs publics, les engagements pris en faveur de la décarbonation de l’économie ont atteint des sommets.

Même les grands groupes pétroliers se sont convertis au zéro carbone. Au mois de janvier, le groupe TotalEnergies annonçait l’acquisition de 20 % d’Adani Green Energy Limited (AGEL), filiale « énergies renouvelables » du groupe Adani. AGEL avec laquelle il possède, dans une co-entreprise, plus de 2,3 GW de fermes solaires en opération en Inde. Au mois de février, le groupe reprenait un portefeuille de 2,2 GW de projets solaires au Texas. Au mois de juillet, sa filiale Total Eren commissionnait une centrale photovoltaïque de 250 MW à Kiamal (Australie)… et la tendance devrait se poursuivre puisque le groupe prévoit d’investir 3 Mds€ pour que sa production électrique représente 40 % de l’activité d’ici 2050, contre 5 % actuellement.

Même les grands groupes pétroliers se sont convertis au zéro carbone

Même son de cloche du côté du groupe Engie, qui a racheté début novembre Eolia Renovables, pour augmenter son parc d’énergies vertes. L’ancien gazier prend ainsi le contrôle, en une opération, de 0,9 GW de capacités installées et de plus de 1,2 GW de projets solaires et éoliens à l’étude ou en construction.

De son côté, le Royaume-Uni, sous la houlette de Boris Johnson que l’on ne peut pourtant pas considérer comme un écologiste forcené, a annoncé une accélération de sa transition énergétique. Les véhicules essence et diesel y seront interdits à la vente dès 2030. L’ensemble du territoire devra atteindre la neutralité carbone en 2050, et les investissements dans la décarbonation devraient atteindre les 90 milliards de livres d’ici la fin de la décennie.

Cet afflux de capitaux se retrouve dans la bonne santé des entreprises de la transition énergétique. Qu’il s’agisse des producteurs de panneaux solaires, de piles à combustible ou de solution de stockage d’hydrogène, la deuxième partie de l’année a signé le début d’une nouvelle accélération haussière.

graphe évolution Plug Power transition énergétique 2021

Plug Power, comme nombre d’entreprises de la transition énergétique,
s’offre un beau rebond sur la fin d’année
Infographie : Investing.com
 

Pour les investisseurs dans les nouvelles technologies, 2021 a parfaitement tenu ses promesses. Que nous réserve l’année 2022 ? Rendez-vous très vite pour découvrir mes secteurs préférés, et ceux dont il faudra vous méfier…

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