Accueil A la une 3 technologies pour 2020

La rétrospective boursière 2019 terminée et nos bonnes résolutions d’investissement prises, il est temps de prendre un peu de hauteur et de délaisser les considérations bassement économiques.

La nouvelle année qui s’offre à nous n’est pas que l’occasion d’engranger des gains en Bourse, elle devrait aussi voir s’achever la démocratisation de technologies dont nous vous parlons de longue date dans Opportunités Technos. Je veux parler notamment de la blockchain, de l’IA et des véhicules spatiaux de nouvelle génération.

Ces technologies n’ont encore qu’un impact flou – pour ne pas dire quasi-nul – sur l’économie réelle. Ce qui sépare une invention d’une innovation est l’adoption par le grand public. Les bonnes idées, si géniales soient-elles, finissent dans le cimetière des technologies inutiles si elles ne sont pas adoptées pour des usages réels.

Le verdict devrait tomber dans les prochains mois pour la blockchain, l’IA, et les nouveaux voyages spatiaux habités. Nous verrons alors s’ils passent du statut de promesse à celui de réalité ou d’échec technologique.

La blockchain à l’attaque de l’économie réelle

 Si vous nous lisez de longue date, vous savez que mon enthousiasme premier pour le Bitcoin en tant que monnaie permettant des échanges rapides et décentralisés s’est érodé lorsque la plus connue des cryptomonnaies est devenue un pur véhicule spéculatif.

La frénésie de création d’altcoins (pour alternative coins) est venue rappeler que le Bitcoin peut être cloné en quelque clics. La chute sans retour de la capitalisation de ces monnaies secondaires est venu ruiner l’espoir d’émergence d’une nouvelle ère où des monnaies multiples viendraient se compléter dans le portefeuille numérique des citoyens.

Les altcoins n’étaient rien en 2017, et ne sont plus grand-chose en 2020. Source : coinmarketcap.com

Hors Bitcoin, le marché des cryptomonnaies est passé de 620 Mds$ fin 2018 à moins de 63 Mds$ à ce jour. Le Bitcoin représentait 85 % de la valeur des cryptomonnaies fin 2017, sa part s’était effondrée à 32 % au plus fort de la mode des altcoins, et est remontée jusqu’à 69 % fin 2019. En d’autres terme, les investisseurs reviennent sur le Bitcoin, faute de mieux.

Comme un bulbe de tulipe en Hollande au XVIIe siècle, il reste l’instrument spéculatif de référence des crypto-investisseurs qui ne croient plus aux altcoins – mais n’a toujours aucune place dans l’économie réelle.

Les cryptomonnaies seront une vraie technologie disruptive le jour où elles seront utilisées au quotidien par le grand public. Une telle démocratisation peut avoir lieu volontairement ou par la contrainte, et les cryptos ont justement deux champions qui s’engagent dans ces voies diamétralement opposées.

Côté séduction, Facebook a frappé fort en annonçant l’été dernier la Libra, son stablecoin. Côté planification centrale, la Chine est en train d’apporter les dernières touches à son Crypto-Yuan.

Même si la date de lancement du Crypto-Yuan prévue par Forbes (11 novembre) est passée, le lancement de la cryptomonnaie devrait être imminent. De même, la levée de boucliers face à la Libra de Facebook va obliger le géant à décider rapidement s’il lance ou abandonne le projet.

Une chose est sûre : le paysage des cryptomonnaies sera bien différent en décembre 2020 de ce qu’il est aujourd’hui.

IA : fin du flou artistique et de l’innocence

L’intelligence artificielle (IA) est également un concept qui nous est servi à toutes les sauces. Journaux économiques, presse grand public et industriels aiment à maintenir le flou quant aux applications de cette méthode de programmation informatique.

Nous allons voir, cette année, se multiplier des usages bien moins avouables que la simple reconnaissance d’images de chatons et de filtres pour selfies.

De la surveillance des populations aux armements, l’utilisation de l’IA à des fins peu avouables en public marquera, paradoxalement, son entrée dans la cour des grands de l’innovation.

N’oublions pas que l’aviation, les télécommunications ou l’électronique ont toutes été utilisées avec succès par les armées du monde entier. Ce passage de la sphère des techno-enthousiastes à celle des militaires, sur lequel nous aurons l’occasion de revenir dans quelques jours, marque souvent le début du vrai déploiement d’une technologie.

Vols spatiaux de nouvelle génération : l’heure de vérité a sonné

La dernière technologie innovante qui ne peut attendre plus longtemps de faire ses preuves est celle des capsules spatiales de nouvelle génération.

Boeing et SpaceX sont sous contrat avec la NASA pour développer les vaisseaux du futur. Ils doivent, dans un premier temps, permettre à l’Amérique d’être de nouveau capable d’envoyer ses astronautes dans la Station spatiale internationale (rappelons pour mémoire qu’Oncle Sam est encore dépendant de la Russie pour ces allers-retours dans notre orbite basse).

Leur second objectif de permettre une nouvelle vague d’exploration spatiale. D’abord la Lune, puis Mars : les jalons sont ambitieux… et les vaisseaux ne sont pas prêts.

La capsule Crew Dragon de SpaceX devait faire son premier vol habité en avril dernier. Une explosion lors d’un test au sol, qui détruisit totalement la capsule, vint bouleverser le programme. La NASA parle désormais d’un vol « début 2020 », sans préciser de date.

Le vaisseau Crew Dragon n’est toujours pas prêt à embarquer des astronautes. Crédit:NASA

De son côté, le concurrent Boeing n’est pas mieux loti avec son vaisseau CST-100.

Lors du test du système de sauvetage au mois de novembre, seuls deux des trois parachutes se sont ouverts. Malgré ces performances approximatives, un tir de fusée Atlas a eu lieu le 20 décembre avec pour objectif d’envoyer un CST-100 vers la Station spatiale internationale (ISS).

La capsule, pourtant placée sur une trajectoire suborbitale correcte par le lanceur, n’a pu effectuer sa mise en orbite suite à une erreur logicielle. Le rendez-vous avec l’ISS fut alors annulé et le CST-10 renvoyé vers la Terre après seulement 48 heures (au lieu des 8 jours prévus).

Echec partiels en série pour le CST-100 : 2019 fut décidément une année noire pour Boeing ! Crédit : NASA.

Malgré ces revers, la NASA reste confiante dans sa capacité à reprendre les vols habités Made in America dès cette année.

Le test de qualification du module de secours de Crew Dragon devrait avoir lieu le 11 janvier. S’il est réussi, il se murmure que la NASA serait prête à oublier la précédente explosion et donnerait le feu vert pour un premier vol habité dans un vaisseau moderne avant l’été.

L’industrie spatiale occidentale retient son souffle en ce début janvier. Elle sera dans tous les cas rapidement fixée sur son avenir !

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