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Accélération de fin d’année pour la voiture autonome

par Etienne Henri
véhicules autonomes waymo baidu

[Après deux ans de contraction, l’industrie automobile est mûre pour un rebond. Et pas n’importe lequel… Un catalyseur hautement technologique s’est invité dans l’équation. Les véhicules autonomes, dont l’arrivée sur le marché est imminente, viennent de franchir une étape décisive. Aux Etats-Unis, en France, comme en Chine, c’est le branle-bas de combat. Personne ne compte rester passif dans la course à la voiture de nouvelle génération. Et ce, d’autant plus qu’elle accélère…]

Le marché mondial de l’automobile pourrait être sur le point de connaître un nouveau départ. Très cyclique, il a coutume d’alterner périodes d’euphorie et périodes de marasme.

2020, année pandémique… L’humanité a été confinée. Massivement et des mois durant. Elle a ensuite été fortement incitée à réduire ses déplacements. Ainsi, en 2020, seuls 78 millions de véhicules légers ont été produits. Par rapport aux 92 millions d’unités assemblées en 2019, la contraction a dépassé les 15 %.

Ce chiffre correspond, quasiment à l’identique, à la baisse de production qui avait été enregistrée durant la crise des subprime… avant qu’elle ne reparte à la hausse pour atteindre de nouveaux records historiques trois ans plus tard…

Nombre de véhicules produits entre 2000 et 2020

Nombre de véhicules produits sur la planète. Après deux ans de contraction,
l’industrie automobile est prête pour un rebond
Source :
Statista

En 2022, et après deux années de contraction, le rebond naturel du secteur pourrait être accéléré par un catalyseur technologique. Les véhicules autonomes, dont l’arrivée sur le marché est imminente, ont effectué en fin d’année des progrès significatifs.

Les Etats-Unis mènent la course à la voiture autonome

La filiale d’Alphabet, Waymo, spécialisée dans la conception de solutions d’autonomie, vient de franchir une nouvelle étape vers la commercialisation de ses systèmes.

Mi-novembre, elle a entamé une phase de tests qui devrait durer jusqu’à la fin de l’année. Durant ces six semaines, des véhicules autonomes circuleront entre Houston et Dallas, au Texas. Particularité de taille : il ne s’agira pas de voitures citadines légères ou de voiturettes électriques mais de camions.

camion Waymo

Pour son test grandeur nature de fin d’année, Waymo voit grand
Photo : Waymo

Le test est d’autant plus important qu’il ne s’agit pas d’une énième expérience « à vide » dont l’objectif unique serait de vérifier la fiabilité de la technologie. Ces camions qui rouleront durant les fêtes seront utilisés par UPS pour répondre au pic de demande de transport de marchandises à l’occasion de Noël. S’ils auront tout de même à leur bord deux opérateurs – un conducteur UPS et un ingénieur Waymo –, ils devraient rouler en mode totalement autonome sur les portions autoroutières du trajet entre les deux villes.

Avec cette étape loin d’être anodine, les Etats-Unis prouvent une nouvelle fois leur capacité à conjuguer innovation technologique et une certaine souplesse législative pour permettre aux entreprises de progresser le plus rapidement possible.

Stellantis veut remettre la France dans la course

Le groupe Stellantis ne compte pas rester passif dans la course à la voiture de nouvelle génération. Le Français a annoncé en décembre avoir signé un partenariat avec Foxconn, le bien connu sous-traitant d’Apple et d’Alphabet (maison-mère de Google), tout en renforçant son alliance avec BMW.

La stratégie revendiquée est d’éviter de réinventer la roue. Au contraire, la direction souhaite s’appuyer sur l’état de l’art de l’industrie, fut-il apporté par des entreprises parfois concurrentes. Le partenariat avec Foxconn portera sur la conception de puces électroniques. Stellantis pourra ainsi disposer d’un matériel adapté à ses besoins et, plus prosaïquement, éviter de subir de nouvelles pénuries de composants dans le futur en cas de nouvelles tensions d’approvisionnement sur les composants standards.

Stellantis et BMW comptent développer une plateforme commune de véhicules autonomes

La collaboration avec Waymo concernera, pour sa part, les éléments logiciels de la problématique du véhicule autonome. Stellantis ne sera pas simplement acheteur de technologies puisque le groupe prévoit d’augmenter dans les prochaines années ses capacités en R&D logicielle en faisant monter ses effectifs à plus de 4 500 ingénieurs. Il devrait ainsi être dans une véritable logique de partenariat avec l’Américain.

Enfin, c’est sans nul doute avec BMW que la collaboration sera la plus poussée. Les deux constructeurs comptent développer une plateforme commune de véhicules autonomes. Lorsque l’on sait à quel point le coût de développement d’un nouveau modèle est devenu coûteux, nul doute qu’une plateforme performante de véhicules autonomes pourra rencontrer un grand succès auprès de l’ensemble des constructeurs de la planète désireux d’ajouter, sans grands efforts de R&D, des véhicules intelligents à leur catalogue.

D’ici la fin de la décennie, la direction espère vendre 34 millions de véhicules intelligents. L’objectif du groupe est de générer un chiffre d’affaires supplémentaire de 20 Mds€ grâce aux nouvelles fonctionnalités autours de l’autonomie des voitures – soit plus de 27 % de son chiffre d’affaires actuel.

La Chine vers des VTC autonomes 

Remplacer les chauffeurs de taxis par des ordinateurs est le rêve avoué d’Uber et consorts… et bientôt une réalité en Chine.

Depuis quelques mois, les tests de taxis automatisés se sont multipliés dans les grandes agglomérations. Plus d’une dizaine de villes dont Shenzhen, Wuhan, Shanghai et Pékin accueillent déjà des programmes expérimentaux – et une vingtaine d’autres sont en train de préparer leur législation locale dans ce sens.

A l’échelle du pays, la feuille de route ne manque pas d’ambition. Pékin veut que 20 % des véhicules vendus en 2030 soient équipés d’une solution de conduite autonome de niveau 4, et que la Chine, dans son ensemble, soit prête pour la production de masse de véhicules de niveau 3 avant 2025. Ce plan volontariste implique simultanément industries, administrations locales, et les projets d’infrastructure, dans un effort synchronisé dont le pays est coutumier.

Remplacer les chauffeurs de taxis par des ordinateurs est bientôt une réalité en Chine

Le premier usage de ces véhicules autonomes devrait être le transport de personnes. Le groupe Baidu, le Google local, a obtenu fin novembre l’autorisation de faire rouler une flotte-test de taxis autonomes à Pékin en collaboration avec le constructeur Toyota. Les Chinois des villes possédant peu de voitures particulières et ayant facilement recours aux taxis dans leurs déplacements du quotidien, ce marché devrait dépasser à terme les 1 300 milliards de yuans (180 Mds€).

Si des observateurs externes pourraient rester méfiants face à des annonces si ambitieuses, les spécialistes du marché chinois jugent le plan tout à fait crédible. Il ne faut pas oublier que Pékin a réussi à imposer, de la même manière, l’usage du véhicule électrique dans ses métropoles. Du jour au lendemain, les taxis thermiques ont été remplacés par des nouveaux modèles électriques dans les grandes villes. Cette première étape a fait boule de neige et, actuellement, un véhicule sur cinq vendu en Chine est électrique – soit 20 % du marché contre un peu plus de 8 % en France.

Sur tous les continents, les industriels sont prêts à faire progresser la voiture autonome dans les prochains mois. De quoi redonner un élan supplémentaire au marché de l’automobile dans son rebond post-pandémie.

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