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Alstom lance son train à hydrogène (en France)

par Etienne Henri
Alstom train hydrogène iLint

[La mobilité propre accélère en France. A ce titre, l’hydrogène tire son épingle du jeu, surtout du point de vue ferroviaire… La semaine dernière, Alstom a fait rouler pour la première fois sur les voies ferrées tricolores iLint, son train à hydrogène. Et, dans un futur proche, ce dernier a toutes les cartes en main pour offrir à l’Europe un nouveau mode de déplacements ferrés zéro carbone…]

La semaine dernière, le train à hydrogène iLint, développé par Alstom, a effectué ses premiers tours de roue sur des voies ferrées françaises. Ces trains propres furent les premiers à connaître un déploiement d’ampleur en Europe. Ils ont déjà circulé en Allemagne et en Autriche sur des centaines de milliers de kilomètres de tronçons commerciaux. C’est maintenant au tour de l’Hexagone d’accueillir ce nouveau mode de déplacement décarboné sur son territoire.

En présence de Jean-Baptiste Eyméoud, président d’Alstom France, et Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué aux Transports, l’iLint s’est élancé lundi dernier dans un silence hors du commun. Un luxe offert par sa motorisation à hydrogène qui n’embarque pas de moteur à explosion…

Le train à hydrogène comme alternative au diesel 

L’hydrogène apparaît comme un vecteur d’énergie particulièrement adapté à l’utilisation ferroviaire

Cette première démonstration, qui fut suivie par une présentation commerciale auprès des responsables de la SNCF et de ses futurs concurrents, prépare l’arrivée des déplacements ferrés à hydrogène en France. (D’ailleurs nous avons vu récemment que les commandes de bus à hydrogène explosaient aussi dans les villes françaises.)

Si, dans notre pays, le train reste l’un des moyens de transport les moins émetteurs de gaz à effet de serre (il ne représente que 0,5 % du CO2 émis par le secteur du transport dans son ensemble), les chiffres nationaux sont biaisés par le poids du TGV dans les déplacements et le recours massif à l’électricité d’origine nucléaire.

Sur les lignes régionales, auxquelles est destiné l’iLint, le recours aux motrices diesel est encore la norme, et la décarbonation totale du transport ferroviaire se heurte au poids économique (et écologique) de l’électrification des lignes secondaires.

L’hydrogène apparaît comme un vecteur d’énergie particulièrement adapté à l’utilisation ferroviaire. Sa densité énergétique le rend bien plus efficace que les batteries au lithium, et le mode de fonctionnement par définition centralisé des trains régionaux simplifient grandement la problématique de la recharge.

Un version hybride d’abord

Prenant acte des contraintes particulières du réseau régional, Alstom a développé une version hybride de son train à hydrogène, capable de s’alimenter par caténaires lorsqu’il circule sur des lignes électrifiées et de basculer sur ses piles à combustibles lorsque l’électricité n’est pas disponible.

Cette motorisation a déjà prouvé sa pertinence puisque quatre régions ont commandé à Alstom 12 Regiolis bi-mode, dont les livraisons commenceront à partir de 2025.

L’iLint, plus petit (120 passagers contre 220 pour le Regiolis), pourrait apporter une solution pour les lignes les moins empruntées qui, malgré une rentabilité qui n’est pas toujours au rendez-vous, participent à l’unification du territoire et sont donc activement soutenues par les pouvoirs publics.

L'Ilint d'Alstom

L’iLint : la solution propre d’Alstom pour les lignes à faible trafic
Photo : Alstom

Actuellement, Alstom admet un surcoût de 30 % à 40 % en défaveur de l’hydrogène par comparaison aux motrices diesel lorsque les coûts d’infrastructure sont pris en compte.

Alstom n’a pas encore dit son dernier mot !

Pour autant, le différentiel ne tient pas compte du poids économique des émissions de CO2, de la raréfaction des combustibles fossiles, ni de la baisse constante des coûts de production de l’hydrogène liquide.

Dans le futur, le train Alstom est le mieux placé pour offrir à l’Europe une solution de mobilité ferroviaire propre.

Comme quoi, même si la Chine lui taille des croupières avec son maglev, Alstom n’a pas encore dit son dernier mot !

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