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AntBot : un robot autonome hors connexion

par Vanessa Popineau

A l’heure où l’intelligence artificielle se déploie tous azimuts, la robotique peut-elle encore nous faire rêver sans passer par la case deep learning ? Difficile à croire de prime abord tant ces deux domaines semblent aujourd’hui éminemment liés l’un à l’autre. Plus encore quand il est question de mobilité et d’autonomie…

Pourtant, des chercheurs du CNRS et de l’Université d’Aix-Marseille viennent tout juste de nous démontrer le contraire. Ils ont mis au point AntBot, un robot d’un genre nouveau tout à fait surprenant. Il est autonome. On le dit en effet capable d’aller explorer son environnement avant de regagner, en toute simplicité, ses pénates initiaux. Jusque-là rien de bien insolite…

Ce qui l’est plus, en revanche, c’est qu’il se déplace sans le concours d’une quelconque aide extérieure. En effet, AntBot ne doit son autonomie à aucune des technologies de pointe qui d’ordinaire la sous-tendent – qui plus est quand cette faculté est appliquée aux machines. Chez lui, vous ne trouverez donc pas d’IA, de GPS ou autres systèmes de cartographies embarqués. Une vraie prouesse. Sa botte secrète ? Le biomimétisme…

Voir le monde avec les yeux d’une fourmi

« Scrute la nature, c’est là qu’est ton futur ». Voilà une affirmation pleine de bon sens qui, à elle seule, peut résumer parfaitement ce qu’est le biomimétisme. Et on la doit à l’un des ingénieurs les plus inspirés de sa génération. L’un des plus prolifiques aussi : Léonard de Vinci.

Le biomimétisme consiste donc à s’inspirer de la nature pour innover. Ce qu’ont parfaitement su mettre en œuvre les concepteurs d’AntBot. En effet, pour doter leur robot d’un sens de l’orientation à toute épreuve sans GPS ni IA, ils ont cherché à voir le monde à travers les yeux d’une fourmi, de la fourmi du désert (cataglyphis bombycinus) plus exactement.

Comme la vidéo ci-dessus nous l’explique, ces fourmis sont connues pour être de grandes exploratrices. Pour chercher de la nourriture, elles peuvent s’aventurer à plusieurs kilomètres de leur fourmilière et revenir ensuite à leur point de départ sans se perdre.

Pour se repérer dans l’espace et mesurer leur cap, elles font surtout appel à leur vue. Sensibles à la lumière polarisée et aux rayons ultraviolets, leurs yeux fonctionnent à la manière d’une « boussole céleste ». Pour le reste, tout repose sur la distance parcourue. Les fourmis du désert la calculent en comptant leur pas et en s’aidant du paysage que leurs pérégrinations font défiler devant elles (le flux optique).

Le procédé est simple mais sa précision est redoutable, à quelques centimètres près. Voilà pourquoi les bioroboticiens d’AntBot ont cherché à le reproduire. Le cap est ainsi donné au robot par deux boussoles solaires orientées vers le ciel tandis qu’un capteur de flux optique, tourné vers le sol, et un compteur de pas permettent d’évaluer la distance parcourue.

L’idée ? Doter les robots de fonctionnalités complexes en mettant à profit des dispositifs ultra-simples et, plus loin, réduire les coûts de production. S’affranchir des GPS et autres V2X peut également être indispensable quand il s’agit d’explorer des territoires hostiles ou extraterrestres, sur la Lune par exemple.

Voilà le genre d’avancées que nous promet le biomimétisme. Au croisement de la biosphère et de la technosphère, cette pratique passionnante n’a en tout cas pas fini de faire parler d’elle.

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