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De l'argent à la pelle

par admin

Dans les plus grandes économies développées, la politique monétaire est toujours « extraordinairement accommodante ». Cette formulation de la BRI relève d’un grand sens de la diplomatie car en fait, les bilans des banques centrales explosent ! En peu de temps, les bilans de la Fed, de la Banque d’Angleterre et de celle du Japon, ainsi que de la BCE ont dépassé le montant des réserves en devises de la planète, soit environ 10 900 milliards de dollars. Les ratios totaux bilans/PIB (voir graphe) ont atteint de nouveaux records. Concernant la politique monétaire il serait plus approprié de la qualifier « d’ultra-expansive », dont le danger potentiel est, sans doute, le risque d’inflation.

Fin du rally sur l'Europe du Sud

Est-il surprenant qu’une telle politique monétaire « ultra-expansive » profite essentiellement aux marchés financiers ?

Les indices boursiers sont à leur plus haut depuis 5 ans. Les taux du marché monétaire sont à 0%, les rendements des obligations souveraines à leur plus bas historique.

Tout ceci n’a pas suffi à relancer la croissance économique et voilà que maintenant, en dernier recours, a commencé une course à la dévaluation sur les marchés des devises.

La BCE est la première banque centrale à introduire un léger changement de sa politique monétaire, en acceptant de la part des banques de la zone euro, des remboursements anticipés de ses prêts à long terme, a contrario des banques centrales américaine, japonaise et anglaise qui continuent de gonfler leurs bilans.

Le très sensible marché des devises a immédiatement réagi par un renforcement de l’euro. Les marchés monétaires ont même anticipé une légère augmentation du taux des dépôts à terme au cours de l’année.

Suite aux QE successifs, le total du bilan de la Fed s’élève maintenant à plus de 3 000 milliards de dollars. Elle a acheté des obligations pour 1 890 milliards de dollars et pour 983 milliards de titres hypothécaires (Fannie Mae et Freddie Mac). Des achats mensuels de 85 milliards de dollars sont prévus jusqu’en fin 2013, et ce sera alors encore 1 000 autres milliards qui s’ajouteront au bilan, de sorte que le total du bilan de la Fed aura augmenté, fin 2013, autant qu’au cours des 4 dernières années.

En Chine, la masse monétaire M1 a augmenté de 6,1% sur 1 an contre 13,6% aux Etats-Unis. Au Japon, la banque centrale a déjà abandonné toute indépendance en annonçant, à la demande du nouveau Premier ministre, qu’en 2014, elle achèterait pour 13 000 milliards de yens (109 milliards d’euros) d’obligations chaque mois.

Conclusion : la liquidité va continuer de nous submerger. Les taux du marché monétaire vont rester à leur niveau actuel encore longtemps. Les rendements des dépôts à terme pourraient augmenter un peu plus tard dans l’année et entraîner une légère augmentation des rendements obligataires. Une hausse des taux d’inflation pourrait accélérer cette tendance. Sur les marchés actions l’abondance de liquidité maintient les cours, mais de nouvelles hausses augmenteront considérablement le risque de retournement sur des marchés déjà surévalués. Sur le marché des devises, l’agitation ne fait que commencer.

Dr. Eberhardt Unger est un économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d’expérience des marchés et de l’économie. Vous pouvez retrouver ses analyses sur le site www.fairesearch.de.

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