Accueil Innovation et vie quotidienne L'Australie fait flamber le blé, sucre, coton et charbon

L'Australie fait flamber le blé, sucre, coton et charbon

par Isabelle Mouilleseaux

Le cours du blé s’envole une fois encore
La cause ?

Toujours la même : déchaînement de Dame météo. El Nina n’en finit pas de mettre le monde des softs et des céréales en ébullition ces derniers mois. Sucre, caoutchouc, coton, blé, soja, maïs, café… tout y passe.

Ses victimes : l’Amérique centrale et du Sud et l’Asie, et jusqu’en Russie.

Ses armes : pluies dévastatrices et sécheresses destructrices.

Après la Russie, l’Australie
Après avoir desséché les champs russes cet été, ravagé la production de blé de la zone Russie-Ukraine-Kazakhstan, et fait grimper le cours du blé de 4,30 $ à 8,30 $ le boisseau en l’espace d’un été (+93% en deux mois tout de même !)… rebelote !

Alors que tous les espoirs se tournaient vers les Etats-Unis, le Canada, l’Europe et l’Australie (les 4 principaux exportateurs mondiaux de blé), la production australienne est à son tour mise sous pression.

L’Etat du Queensland connaît des inondations HISTORIQUES
Du jamais vu depuis un siècle.

Or cet Etat du nord-est australien est en partie couvert de champs de blé, de sucre et de coton (coton et sucre sont à des records historiques. Du jamais vu pour le coton depuis la création du marché du coton en 1873, et un plus haut de 30 ans pour le sucre…) [NDLR : Pour investir et profiter de la sélection de valeurs matières premières de notre spécialiste Sylvain Mathon : découvrez ce message spécial…]

Les mines de fer et de charbon sont quasiment à l’arrêt. L’Australie est le second plus gros exportateur de charbon thermique. Charbon qui vient de toucher un plus haut de 27 mois à 133 $ la tonne (Newcastle)… Mais revenons au blé.

50% de la récolte de blé inapte à la consommation humaine
Voilà des semaines qu’il pleut, ce qui faisait baisser les anticipations de production/rendement de semaine en semaine, du fait du retard pris dans la moisson et de la perte de qualité de la récolte (moisissures et pourritures liées à la trop grande humidité).

Ainsi, 50% de la récolte de blé aurait été jugée inapte à la consommation humaine, tout juste bonne pour les animaux.

Seul lot de consolation : la récolte de blé est terminée à 80%. Encore faut-il pouvoir la stocker « au sec » en attendant de pouvoir l’exporter…

Le Queensland paralysé et le blé bloqué
Actuellement, les inondations atteignent un pic. Toute la région (grande comme plus de deux fois la France) est sous l’eau. Les transports étant paralysés, le blé récolté ne peut être acheminé ni par route, ni par train. Les exportations sont impossibles. Tout est bloqué.

La sanction a été immédiate : le blé est à nouveau à un plus haut depuis 3 ans.

En résumé :
L’offre de blé se réduit un peu plus encore, alors que la demande reste forte.

Et n’oubliez pas, pour couronner le tout, que la récolte de blé américain pâtit actuellement du grand froid et celle d’Argentine de sécheresse… !

La hausse du cours du pétrole de 70 $ à plus de 90 $ le baril — je m’attends à ce qu’elle se poursuive à court terme –, pousse davantage encore le prix du blé à la hausse. Car il y a une corrélation forte entre les deux : le pétrole est un coût important dans la production de blé (pour faire tourner les tracteurs, moissonneuses, semeuses…)

Les fondamentaux du marché du blé sont donc clairement orientés à la hausse actuellement
Le 20 juillet dernier, alors que le blé cotait 5,90 $, nous vous donnions comme objectif court terme les 6,75 $, qui ont été largement enfoncés puisque nous sommes montés à 8,30 $.

Dans ce même article, je vous disais : « Pour le long terme, je reste définitivement haussière. Accroissement démographique, raréfaction des terres agricoles, augmentation du pouvoir d’achat dans les pays émergents… il y a un vrai potentiel haussier sur le blé en tendance de fond… Nous revisiterons les 13 $ ».

Mon avis long terme reste inchangé.

Mais que dit l’analyse technique aujourd’hui ?

Depuis quatre mois, le blé était « coincé » sous la résistance des 7,50 $
Les inondations australiennes viennent de lui faire casser cette résistance violemment, déclenchant au passage un signal d’achat.

Cours du blé sur le CBOT en US cents le boisseau

Cours du blé sur le CBOT en US cents le boisseau

L’objectif de cours à moyen terme (d’un point de vue purement technique) se situe à présent à 10 $. Si nous atteignons ce stade, une correction temporaire devrait alors se mettre en place.

A plus court terme, Mathieu Lebrun conseille d’attendre le franchissement des 840/845 cents pour acheter.

Première parution dans L’Edito Matières Premières & Devises le 04/01/2011.


Photo : *SuiKa* – Flickr

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