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Automobile : des voyants au vert (malgré le COVID-19)

par Etienne Henri
secteur automobile covid-19

[Si la crise sanitaire du COVID-19 a donné quelques sueurs froides au secteur automobile, l’innovation – qu’elle soit technologique ou commerciale – lui offre de belles perspectives. En France comme à l’étranger, constructeurs et équipementiers ont toutes les cartes en main pour afficher une belle croissance dès l’année prochaine.]

Les temps sont durs pour notre économie, elle aussi largement touchée par la pandémie de COVID-19 qui sévit sur notre planète depuis près d’un an maintenant.

Dans ce contexte, les trajectoires sont variables…

Il y a les secteurs qui, malmenés par les changements d’habitudes des citoyens-consommateurs, voient leurs entreprises se rapprocher dangereusement de la faillite. Ceux qui, du fait des restrictions sanitaires mises en place par les gouvernements, ont vu leur activité se volatiliser du jour au lendemain, sans espoir de retour rapide à la normale.

Et puis, il y a ceux qui résistent. L’automobile en fait partie…

Au printemps dernier, alors que la moitié de l’Europe s’était confinée dans un mouvement de sidération généralisée, et alors que l’économie subissait une contraction sans précédent historique, le secteur automobile a tenu bon. Mieux encore, alors que le “rebond” se faisait attendre cet été, il s’est même offert le luxe de reprendre des couleurs avant le reste de l’économie.

En cette fin d’année, les indicateurs repassent au vert – et de nouvelles innovations viennent encore améliorer les perspectives de cette industrie irremplaçable.

Sachons écouter le marché

Cette année, les Bourses ont parfaitement joué leur rôle de baromètre de l’état de notre économie. Si elles peuvent parfois paraître déconnectées de la situation réelle, c’est en fait leur capacité d’anticipation qui prend souvent le grand public par surprise.

La dégringolade des indices a débuté dès le 20 février, alors que l’épidémie de COVID-19 n’était encore considérée que comme une petite “gripette” chinoise. Leur pessimisme pouvait sembler excessif.

Le CAC 40 a ensuite touché son point le plus bas le 18 mars. L’Europe cédait alors à la panique et la France entamait son premier confinement. Durant les huit semaines qui suivirent, notre indice s’est adjugé +19 %… Pourtant, l’activité était à l’arrêt et l’économie française connaissait une récession sans précédent (-31 %). Les risques de faillites se multipliaient de toutes parts.

L’optimisme est de mise et que les valeurs cycliques sont promises à un beau rebond

Les Bourses évoluent-elles dans un monde à part pour baisser lorsque tout va bien et monter lorsque tout va mal ?

Pas du tout.

Les “grosses mains” – comprendre les investisseurs institutionnels – regardent simplement le futur plutôt que le présent, et savent globalement mieux considérer le temps long que nos journalistes et autres hommes politiques.

Elles ont su flairer l’imminence de la pandémie cet hiver, ont compris que le premier confinement n’était pas la fin du monde, mais le début d’autre chose, elles ont su rester prudentes cet été (seulement 3,7 % d’augmentation entre le 1er juin et le 1er septembre) et ont même anticipé la seconde vague (-9 % entre la rentrée et le 30 octobre). Leur clairvoyance mérite d’être soulignée.

Depuis, que nous disent-elles ? Que l’optimisme est de mise et que les valeurs cycliques sont promises à un beau rebond, automobile en tête. Sur le premier semestre, la production automobile mondiale s’est contractée de 35 %, globalement en ligne avec le reste de l’économie. C’est, en soi, une bonne nouvelle : entre les confinements et la généralisation du télétravail, les achats de véhicules auraient pu cesser du jour au lendemain. Il n’en a rien été. Le monde a continué de s’équiper en véhicules neufs et le parc automobile continue de se renouveler.

Au troisième trimestre, la contraction n’est plus que de -5 % à l’échelle mondiale, et le secteur a même retrouvé la croissance en Amérique du Nord (+1 % par rapport à 2019) et en Chine (+7 %).

La chute est moins importante que prévu. Et les espoirs de vaccin, qui permettent d’espérer d’ici quelques mois un rebond de l’économie globale, viennent encore offrir du potentiel au secteur.

Mais, il y a mieux. Les mutations technologiques à venir à très court terme vont offrir de nouveaux relais de croissance aux constructeurs et équipementiers du secteur.

Voiture autonome : Honda devant Tesla

Le 11 novembre, le constructeur Honda (TYO : 7267) a obtenu du gouvernement japonais l’autorisation de mise sur le marché de la nouvelle version de son modèle Legend. Dans cette nouvelle mouture, la voiture haut de gamme possèdera un système de navigation encore jamais commercialisé puisqu’il atteindra le niveau 3 d’autonomie.

voiture autonome Honda Legend

La future Honda Legend sera la première voiture que l’on peut qualifier d’autonome. Crédit : Honda.

Il faut savoir que la classification communément admise des véhicules autonomes se base sur une échelle de 0 à 5 :

  • au niveau 1 se trouvent les véhicules embarquant des fonctions basiques comme le régulateur de vitesse ou l’ABS ;
  • le niveau 2 regroupe les modèles capables, à l’instar des Tesla dotées de la fonction Autopilot, de respecter par eux-mêmes les distances de sécurité avec le véhicule précédent, de rester sur une voie de circulation ou d’éviter les accidents en urgence. Leur automatisation reste modérée et nécessite que le conducteur humain conserve en permanence un œil sur la route ;
  • le niveau 3 n’a aucun représentant commercialisé, à ce jour. A ce stade, la voiture devient capable de gérer elle-même sa navigation. Si un conducteur humain alerte est encore nécessaire en cas d’urgence, il n’est plus nécessaire de maintenir son attention focalisée sur la conduite dans les environnements simples (par exemple, lors d’un ralentissement). Le conducteur peut en toute légalité se concentrer sur d’autres activités durant ces moments de répit.

C’est ce niveau d’autonomie qu’atteindra la future Honda Legend. Ce point de bascule signifie que, pour son propriétaire, conduire ne sera plus une activité à plein temps. La différence avec les Tesla (NASDAQ : TSLA) est significative, et elle arrivera plus tôt que prévu : Honda prévoit de commercialiser ce nouveau modèle dès le mois de mars 2021.

Honda inflige deux deux camouflets à Tesla

Cette autorisation accordée par le gouvernement japonais et le fait que la chaîne de production de Honda soit déjà prête sont deux camouflets pour Tesla.

L’entreprise californienne, qui restait jusqu’ici une référence en la matière de véhicules pseudo-autonomes avec son Autopilot, a toujours le plus grand mal à dépasser le niveau 2… Nul doute que cet affront venu de l’étranger incitera Elon Musk à redoubler d’efforts pour faire progresser son offre.

Que les progrès soient portés par Honda, Tesla ou les constructeurs européens (qui ne ménagent pas leurs investissements en la matière), les consommateurs et le secteur dans son ensemble seront gagnants de cette course à l’innovation.

Les innovations commerciales en complément

La course à la technicité des modèles n’est pas le seul relais de croissance de l’industrie automobile. En parallèle du renouvellement des gammes motivé par de nouvelles fonctions, les constructeurs misent également sur les nouvelles technologies pour faciliter l’acte d’achat.

Les confinements à répétition donnent des sueurs froides aux constructeurs français. Même si les consommateurs sont autorisés, cet automne, à se rendre chez leur concessionnaire pour retirer un véhicule commandé, changer de voiture reste une expérience plus compliquée qu’auparavant.

Pour fluidifier le processus et rassurer les clients, le groupe PSA a mis en place une plateforme de commande 100 % dématérialisée. Les clients peuvent désormais, depuis leur smartphone ou leur ordinateur, commander en ligne un véhicule neuf. Une fois celui-ci prêt, il est livré à domicile comme n’importe quel article de e-commerce.

Les ventes en ligne se multiplient

Mis en place durant le premier confinement, ce système a progressivement pris de l’ampleur et représente désormais plus de 4 000 véhicules par mois. Selon Thierry Koskas, directeur ventes et marketing du groupe, la vente en ligne devrait représenter “assez rapidement” 10 % des volumes totaux.

Faciliter les achats quelle que soient l’évolution de l’épidémie et des mesures sanitaires est une excellente idée dans cette période d’incertitude. En France comme à l’étranger, le secteur de l’automobile a toutes les cartes en main pour être en croissance sensible dès l’année prochaine.

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