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Baisse des techs : une bonne nouvelle pour les investisseurs

par Etienne Henri
nasdaq krach tech investissement

Avec des portefeuilles de valeurs technologiques qui perdent de plus en plus en valeur depuis quelques mois, il serait assez facile de jeter l’éponge, tout vendre, et adopter une autre philosophie d’investissement. Mais c’est aussi une occasion de profiter de nouvelles opportunités qui se présentent, en retenant les leçons de la baisse.

« Honnêtement, je ne regarde même plus mon portefeuille d’actions technos. Tout est dans le rouge, j’ai perdu la moitié de la mise même sur les Blue Chips. Ça me déprime, je ne veux plus en entendre parler. »

C’est avec ces mots crus, mais bien compréhensibles, qu’un chef d’entreprise dépité me confiait il y a quelques jours ses déboires boursiers. Comment ne pas comprendre sa déception ?

Depuis quelques années, il tentait de diversifier prudemment l’épargne d’une vie en achetant des actions à dominante technologique. Afin de limiter son risque, il avait même diversifié ses lignes en achetant des valeurs dites sûres (Apple, Facebook, Alibaba), panachées de quelques valeurs de croissance moins installées.

Las, toutes ont plongé dans un même mouvement baissier.

5 000 Mds$ partis en fumée

Pourtant, ceux qui voient leur portefeuille sombrer dans le rouge avec des moins-values à deux chiffres n’ont aucune raison de s’en vouloir. Les pertes subies par les investisseurs particuliers ne sont pas le signe de mauvais choix stratégiques, mais la conséquence d’une contraction généralisée du marché.

Même le NASDAQ 100, indice-phare qui regroupe les plus belles et les plus prometteuses sociétés technologiques américaines, essuie des pertes historiques. Depuis ses plus-hauts historiques de fin 2021, il a vu sa valeur fondre de -27%. Ce sont ainsi plus de 5 000 Mds$ de capitalisation boursière qui sont partis en fumée – l’équivalent de 2 fois le PIB de la France.

Les permabulls qui avaient oublié l’épisode du krach des dot.com dans les années 2000 doivent désormais faire face aux limites de la pensée magique. Le fait que la technologie prenne une place toujours plus grande dans notre monde ne signifie pas que la valeur des actions Tech soit obligatoirement en croissance permanente.

A contrario, les permabears, qui anticipent depuis toujours une baisse imminente des marchés et qui jubilent, ne sont pas nécessairement de bon conseil. S’ils peuvent se targuer de nous avoir avertis à l’avance de la baisse des marchés, et plus particulièrement des valeurs de croissance, leur leçon ne mérite pas forcément d’être écoutée. Tels des horloges arrêtées qui donnent l’heure juste deux fois par jour, ils ont correctement anticipé la baisse de ces six derniers mois… en occultant la hausse de ces dix dernières années !

Nasdaq actions technologiques

Evolution long terme du NASDAQ 100 : les oiseaux de mauvais augure qui trouvent les valeurs technologiques trop chères depuis 2010 jubilent depuis trois mois, mais ont manqué 12 ans de hausse !

Comme souvent, les discours extrémistes sont de mauvais conseillers. Pour maximiser ses plus-values et protéger son patrimoine, mieux vaut suivre une voie médiane et pragmatique – et ne pas se laisser distraire par l’actualité boursière.

Les raisons d’une baisse inquiétante

Si la situation actuelle est particulièrement perturbante, c’est parce qu’elle surprend même les plus avisés des investisseurs.

Chacun sait, plus ou moins consciemment, que miser sur les valeurs du moment présente un risque de perte élevée.

Lorsqu’une startup qui n’existe que depuis cinq à dix ans est déjà valorisée plus que certaines entreprises centenaires du CAC 40, tous les investisseurs ont conscience qu’il s’agit d’une trajectoire de croissance exceptionnelle.

Acheter les actions de ces divas boursières revient à parier sur une croissance exponentielle de leur activité et de leurs bénéfices. Il est facile de prendre conscience qu’il s’agit d’un scénario idéal qui ne réalisera peut-être pas, et que tout échec conduira à une chute brutale des actions concernées.

Ce qui est plus surprenant, c’est que la baisse touche désormais des valeurs « de bon père de famille »

Les investisseurs comprennent et acceptent le fait que derrière chaque potentiel de croissance exponentiel se cache un risque équivalent.

Ce qui est plus surprenant, c’est que la baisse touche désormais des valeurs « de bon père de famille » comme Google, Netflix ou Facebook. La croissance de ces entreprises paraissait inexorable et leur business model bien établi. Elles semblaient idéales pour sécuriser les portefeuilles… et accusent pourtant, comme les autres, des pertes à deux chiffres.

Après les actions spéculatives, voici que même les valeurs réputées sûres voient leur cours de Bourse s’effondrer. Plus inquiétant encore, les entreprises non-cotées subissent depuis le printemps à leur tour des baisses de valorisation.

Le signal inquiétant du non-coté

Terrain de jeu favori des insiders et des fonds les plus dynamiques, le monde des actions non-cotées donne souvent le la de la tendance boursière des mois à venir. Pourquoi ?

Parce que les actions qui s’échangent hors des Bourses sont plus difficiles d’accès, elles sont moins soumises au mouvement de foule et aux aberrations de marché. Leur prix s’établit ainsi moins en fonction des modes du moment, et plus en fonction des fondamentaux de l’activité.

Or, les nouvelles de ce secteur ne sont pas des plus rassurantes.

Preuve en est le nombre de tours de table « late stage » de plus de 100 M$, ceux qui sont censés préparer le terrain à une introduction en Bourse. Ils se raréfient depuis le mois de janvier, et les fonds préfèrent faire le gros dos. Laissant passer le cycle baissier, ils favorisent actuellement les entreprises en phase d’amorçage.

Ce revirement stratégique leur permet d’une part de protéger leur trésorerie (les premiers tours de table étant par définition moins ambitieux), mais aussi de laisser le temps jouer en leur faveur (les pépites ayant encore plusieurs années devant elles avant de se frotter à la Bourse).

Résultat des courses : le segment des startups en amorçage est le seul à connaître encore la croissance au printemps. D’après Pitchbook, la valorisation moyenne de ces dernières est passée de 8,5 M$ en 2021 à plus de 11 M$ en ce début d’année.

Place aux nouveaux portefeuilles !

Pour les investisseurs particuliers qui désirent protéger et faire fructifier leur capital à horizon 5/10 ans, la situation est moins grave qu’il n’y paraît.

Bien sûr, les valeurs technologiques dont la capitalisation boursière était devenue stratosphérique durant la phase aigüe de la pandémie risquent de ne jamais retrouver cet état de grâce. Revenir sur ces dossiers bancals (dont certains vont tout droit vers la faillite) n’est pas une bonne idée.

Se précipiter sur les startups en phase d’amorçage est une stratégie particulièrement risquée

De même, se précipiter sur les startups en phase d’amorçage sous prétexte que ce segment de marché résiste mieux que le reste, en particulier en optant pour le financement participatif, est une stratégie particulièrement risquée. Sa bonne santé est principalement due à la concentration des capitaux des grosses mains et à l’embouteillage qui en résulte. Nous voyons revenir des dossiers qui lèvent des millions sur la base de simples présentations PowerPoint, sans le moindre produit ni chiffre d’affaires significatif, dans une euphorie digne de la fin des années 1990.

S’il s’agit, du fait des montants en jeu, d’une mini-bulle par rapport aux variations de cours du NASDAQ, la perte sur chaque dossier peut bien plus facilement atteindre les -100%.  Pour les investisseurs particuliers, il faut donc éviter de suivre les fonds dans cette période où leurs milliards se concentrent à un seul endroit.

A l’opposée, entamer la construction (ou le renforcement) d’un portefeuille centré sur les valeurs technologiques présente un potentiel plus intéressant que jamais.

Toutes choses égales par ailleurs, les actions de la Tech n’ont jamais été aussi peu chères depuis six mois. Contrairement aux grosses mains, les investisseurs particuliers ne peuvent « faire le marché » en propulsant artificiellement les cours à la hausse… mais ils peuvent mettre à profit leur agilité pour investir dans les secteurs décotés.

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