Accueil Innovation et vie quotidienne Bernanke, l'euro et l'esprit de Noël !

Bernanke, l'euro et l'esprit de Noël !

par admin

La semaine dernière, Ben Bernanke nous a servi une conférence de presse sur-mesure. Il ne lui manquait que le bonnet et la hotte pour faire des photos avec les enfants.

Dur sur-mesure je vous dis.

Tout d’abord 45 milliards de dollars de plus par mois pour les rachats d’actifs ont été mis sur la table, histoire de faire oublier la fin des opérations Twist.

Mais où le génie est grand, c’est quand il s’est installé en sauveur de la transparence et de la visibilité des marchés financiers.

La Fed se fixe des objectifs… ridicules
L’idée était bonne et souhaitée par de nombreux économistes arguant qu’en fixant des seuils précis pour sa politique monétaire, la spéculation sur la date de la remontée des taux (historiquement bas depuis décembre 2008) serait freinée et ramènerait un peu de stabilité sur les marchés.

Sauf que là… c’est presque drôle.

Donc sachez-le, Ben Bernanke remontera les taux « peut-être » mais certainement pas « immédiatement » dès que le taux de chômage sera revenu sous 6,5%. Vague, vous trouvez ?

Le message implicite est pourtant clair : nous ferons tout pour faire monter les marchés ! Et tant pis pour le reste !

Même conte de fées en Zone euro
Ah il ferait presque plaisir à voir notre président, malmené par une cote de popularité au plus bas et des mauvaises nouvelles qui s’accumulent. Mais il a trouvé l’issue de secours, oui : la crise de la Zone euro est derrière nous !

OUF !

C’est d’ailleurs un climat mêlant auto-satisfaction et art de la communication politique qui régnait à l’issue du sommet européen de jeudi dernier. La tranche d’aide à la Grèce a été débloquée et surtout un accord sur la supervision bancaire a été adopté. Cette réussite a été vite remise en cause par les Allemands et leur Bundesbank, qui dès ce week-end émettaient des doutes sur les contours juridiques d’une telle supervision ! Pas gagné !

La Grèce sauvée… jusqu’aux élections allemandes
C’est surtout sur l’aide à la Grèce que je voudrais m’attarder. Soyons sérieux.
Les 50 milliards d’aides vont permettre :
– de terminer le rachat de la dette ;
– une recapitalisation des banques ;
– couvrir les frais de fonctionnements des services publics.

Et sinon ? On fait quoi pour soigner le malade ? Rien.

La Grèce plonge, sa dette est de toute façon intenable mais son effacement n’est pas à l’ordre du jour. Etrange non ?

Pas tant que ça en fait si on considère la proximité des élections allemandes.

Impossible pour Merkel d’espérer une réélection si l’Allemagne efface l’ardoise.

Pendant ce temps l’euro et les indices grimpent !
Sur les marchés, du coup, tout va bien.

Les indices caracolent proche des plus hauts et l’euro profite de l’appétit pour le risque, tout comme le dollar australien que j’évoquais il y a peu.

Concernant l’eurodollar, nous sommes aujourd’hui sur une résistance forte.

Il n’y a toutefois aucune raison de voir faiblir la hausse, soutenue par les perspectives de résolution du fiscal cliff qui devrait être le dernier catalyseur de l’année à l’euphorie.

 

Graphique de l'euro/dollar

Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Dans ces conditions, et même si la valeur de l’euro devient aussi grotesque que le statut de refuge du dollar américain, il n’y a aucune raison de vouloir lutter. En trading rien ne sert d’avoir raison, ça ne rapporte pas toujours.

Nous devrions donc assister à un mouvement de repli vers 1,3080/1,305 avant une nouvelle vague de hausse (la dernière ?) vers 1,3250 et même 1,33. A long terme la tendance reste toujours baissière tant que nous ne franchissons pas les 1,34/1,3420$.

La rentrée de janvier pourrait sonner le dur retour à la réalité des marchés…

Bons trades.

Première parution dans l’Edito Matières Premières & Devises le 20/12/2012.

Soyez le premier informé des dernières Opportunités Technos directement dans votre boîte mail

Articles similaires

Laissez un commentaire