Accueil A la une Bientôt, tous les Anglais connaîtront leur ADN dès la naissance

Bientôt, tous les Anglais connaîtront leur ADN dès la naissance

par Edern Rio

La semaine dernière, nous apprenions que le Royaume-Uni envisageait d’offrir son séquençage génétique à chaque nouveau-né. Grâce à cette cartographie, les Anglais pourraient ainsi profiter toute leur vie d’une médecine personnalisée plus fiable. Ils pourraient connaître à l’avance les risques qu’ils ont de développer telle ou telle maladie. Et en France ?

De 3 000 000 000 $ à 600 $ en 16 ans

Aujourd’hui, le séquençage complet d’un génome personnel coûte environ 600 $ et ne prend pas plus d’une semaine. Et encore, selon Veritas Genetics, une entreprise américaine spécialisée dans ce secteur, il est probable que ce coût baisse encore grâce aux progrès de l’automatisation par les intelligences artificielles (IA), pour atteindre un prix compris entre 100 $ et 200 $.

Il ne s’agit pas ici de tests limités comme ceux que proposent 23andMe ou MyHeritage.

Il ne s’agit pas ici de tests limités comme ceux que proposent 23andMe ou MyHeritage. Leurs tests ne couvrent pas l’ensemble du génome, ils se contentent d’un échantillon pour déterminer vos origines. Non, nous parlons bien ici d’une cartographie complète du génome personnel.

Le premier séquençage complet du génome humain a été finalisé en 2003. Il aura duré treize ans et englouti 3 Mds$ ! Mais les coûts ont baissé à une vitesse affolante. Nous sommes face au même genre de phénomène que celui observé par la loi de Moore, avec une augmentation de la puissance et de la rapidité exponentielle. A vrai dire, cela va encore plus vite que la loi de Moore, comme le montre la courbe des coûts présentée par National Human Genome Research Institute.

A 200 $, le séquençage de son génome devient vraiment accessible et présente un rapport coût-utilité médicale largement bénéficiaire.

coût séquençage adn

Evolution du coût pour séquencer entièrement un génome.
Source : National Human Genome Research Institute.

Connaître son génome pour une médecine plus personnalisée

Il vaut mieux prévenir que guérir et la cartographie génétique de l’individu est particulièrement utile de ce point de vue.

La plupart des trois milliards de paires de base qui forment le génome de chaque individu sont identiques. Les variations ne concernent que 0,1 % du génome. Pourtant, ces très légères variations sont la source de toutes nos différences, et notamment de nombreuses maladies ou dysfonctionnements.

Par exemple, il a été prouvé que de légères variations génétiques rendent plus sensible à l’obésité ou seraient la source des troubles du spectre autistique. Surtout, le génome détermine notre réaction face à certains médicaments. Dans le traitement du cancer des poumons, les personnes présentant un certain type de mutation répondent particulièrement bien à un traitement inhibiteur.

Si l’intérêt individuel est indéniable, l’intérêt collectif l’est tout autant. Cela pourrait permettre un suivi personnalisé de chaque personne, avec une connaissance fine et évolutive de ses risques. Ce n’est pas une boule de cristal mais cela permettrait de dépister tôt les risques identifiés et améliorerait grandement les politiques de santé publique. Il vaut mieux prévenir que guérir et la cartographie génétique de l’individu est particulièrement utile de ce point de vue.

Big datas génétiques

C’est d’ailleurs l’ambition du National Health Service (NHS) anglais. Le pays est très en avance sur ce sujet et a mené à bien le 100,000 Genomes Project qui a cartographié 85 000 patients anglais atteints de maladies rares ou de cancers.

Les bénéfices pour la recherche sont évidemment immenses : le NHS indique que pour l’instant des informations thérapeutiquement utilisables ont été trouvées dans 20 % des cas pour les maladies rares et dans 50 % des cas pour les cancers !

S’il est évident que les big datas génétiques seront la source de nouvelles percées dans le domaine médical, les questions sur leur collecte et leurs usages sont multiples et importantes. Si question il y a, en aucun cas, une politique de l’autruche à la française ne fera avancer la question.

Il est possible d’encadrer juridiquement l’usage des données génétiques et d’éviter la captation de richesses au seul profit des entreprises de recherche médicale. Par exemple dans le cadre du 100,000 Genomes Project, il est entendu que les entreprises privées ont le droit d’utiliser ces données ADN. Cependant, le NHS conserve et exploite ces données dans l’intérêt du citoyen anglais et percevra des royalties sur toutes découvertes faites à partir des données génétiques fournies.

Aujourd’hui, tout cela est interdit en France. Encore un secteur de pointe, où notre recherche fondamentale est parmi les meilleures, mais où nous décidons collectivement de nous mettre un boulet au pied car cela bouscule nos habitudes.

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1 commentaire

André Rossi 16 novembre 2019 - 12 h 36 min

La France va être dernière partout ! les générations précédentes ont tellement divisées la société pour pouvoir mieux régner que maintenant le gouvernement n’a plus de pouvoir ils se confrontent au pouvoir de la rue, c’est comme ça que naissent les révolutions !

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