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Biotechs 2019 : des gains à trois chiffres en un clin d’œil

par Ray Blanco

2019 sera la plus belle année de l’Histoire en matière de rachat d’entreprises biotechnologiques.

Imaginez un peu : vous vous réveillez un matin et vous vous rendez compte que la valeur de vos actions a doublé ou triplé dans la nuit ! Vous vous pincez pour vérifier que vous ne rêvez pas… Mais non c’est la stricte réalité. Il y a pire comme nouvelle au réveil.

Eh bien, laissez-moi vous dire que 2019 est l’année idéale pour que les investisseurs du compartiment biotechs aient ce genre de bonnes surprises à leur réveil le matin.

Biotechs 2019 : des rachats comme s’il en pleuvait

En effet, les entreprises biotechnologiques et pharmaceutiques américaines ont investi plus d’argent dans des acquisitions au cours des deux premiers mois de 2019 que pendant la totalité de l’année 2018.

Le montant – près de 150 Mds$ – est aussi plus élevé que le total des investissements de 2017 et de 2016.

graphique valeur rachats biotechs

A ce rythme, 2019 sera la plus belle année de l’Histoire en matière de rachat d’entreprises biotechnologiques.

Et ces rachats font le bonheur de des investisseurs. La prime moyenne – c’est-à-dire la différence entre le prix de l’acquisition et la valeur boursière de l’entreprise avant l’annonce de l’accord de rachat – est plus élevée que jamais, à 120%.

Des big pharmas en retard dans la R&D

Un facteur que j’observe dans le domaine de la biopharmaceutique depuis des années déjà motive en partie ces rachats…

Les big pharmas sont toutes atteintes du même mal : les brevets de leurs traitements arrivent à échéance.

Les projets pour de nouveaux traitements sont de plus en plus rares et les grandes entreprises n’ont donc plus suffisamment de nouveaux produits pour compenser les pertes dues à l’arrivée de traitements génériques.

Tout cela est lié dans une large mesure à la baisse des dépenses de recherche et de développement (R&D) ces dernières années et à une réallocation des montants ainsi “économisés” aux budgets vente et marketing.

Cela ne peut pas fonctionner éternellement. Inutile de vous dire qu’effectuer des coupes claires dans les budgets de R&D n’est pas une bonne manière de faire progresser une entreprise dont le fonds de commerce est la découverte de nouveaux médicaments.

Certes, les budgets R&D ont recommencé à grimper ces dernières années… mais comme il faut des années pour commercialiser un traitement une fois découvert, il va falloir attendre un peu pour que ces investissements se transforment en revenus. Pour compenser, les géants du secteur ont donc décidé d’acheter de plus petites entreprises biopharmaceutiques.

Mais ce n’est pas la seule raison de la multiplication des acquisitions.

Une hausse des génériques

Les entreprises n’ont donc plus le choix : il faut découvrir et développer de nouveaux traitements pour maintenir un flux de revenus constant.

Le président Trump a chargé la FDA de faire baisser le prix des traitements : elle a donc mis une pression importante sur les géants pharmaceutiques.

Le secteur tente depuis des années de masquer son déclin en augmentant les prix de traitements déjà anciens. Certains cas ont fait scandale, comme l’augmentation de 5 000 % du prix d’un traitement très ancien par Turing Pharmaceuticals.

Martin Shkreli, l’ancien PDG de l’entreprise, détesté de l’opinion publique, profite aujourd’hui de vacances à l’ombre dans un centre pénitentiaire américain pour d’autres malversations.

La FDA, sous la direction de Scott Gottlieb (récemment parti à la retraite) a agi rapidement pour rendre le marché plus compétitif. Elle a annulé certaines lignes directrices afin de permettre à la concurrence de jouer un plus grand rôle et de lutter contre des manipulateurs comme Shkreli, qui utilisent la réglementation à leur avantage.

La FDA a également beaucoup œuvré pour l’autorisation de nouveaux traitements.

En 2017, pendant la première année du mandat de Trump, l’agence fédérale a autorisé ou donné un feu vert provisoire (“tentative approval“) à près de 1 000 traitements génériques.

Les entreprises n’ont donc plus le choix : il faut découvrir et développer de nouveaux traitements pour maintenir un flux de revenus constant.

S’ils ne peuvent pas être développés en interne, il faut les acheter à des entreprises plus petites et plus agiles… Et justement…

Qui sont les candidats au rachat ?

A l’heure actuelle, aucun groupe d’entreprises ne fait l’objet d’autant de rumeurs de rachats que celles utilisant des plateformes d’édition génomique et de thérapies géniques. En s’attaquant aux maladies à un niveau tout à fait fondamental – le code génétique – ces entreprises pourraient traiter ou même guérir des maladies jusque-là “insoignables” en une seule dose.

C’est ce qui s’est passé en 2017 lorsque Gilead Sciences (US3755581036 – GILD) a déboursé près de 12 Mds$ pour s’offrir Kite Pharma.

Kite Pharma avait développé un traitement capable de guérir les patients atteints de cancers sur lesquels les autres traitements n’avaient pas fonctionné. L’idée était d’utiliser les lymphocytes T d’un patient et de les transformer en super-tueurs de cancers grâce à l’insertion d’un gène.

Gilead Sciences s’est rendu compte que ses traitements contre l’hépatite C, sa principale source de revenus, étaient en train de décliner, étant donné qu’une grande quantité de patients atteints depuis longtemps peuvent aujourd’hui être guéris. Elle a donc décidé d’acheter cette petite biotechnologie et d’utiliser sa plateforme. La première autorisation de la FDA a été obtenue cette même année, et la plateforme utilisée sert de base à beaucoup d’autres traitements expérimentaux contre le cancer.

A l’époque, les actionnaires de Kite ont pu engranger une prime de 30 % par rapport au cours du marché.

L’an dernier, même scénario avec le rachat par Novartis (CH0012005267 – NOVNz) d’AveXis, une entreprise de thérapie génique pour 8,7 Mds$, soit 90 % de plus que la valorisation boursière de l’entreprise.

AveXis utilise la thérapie génique pour traiter les patients atteints d’un trouble neurologique grave : l’amyotrophie spinale (AS). L’un des gènes de ces patients est endommagé, ce qui affecte leurs neurones moteurs. Les cellules ne produisent pas une protéine cruciale à leur survie. Le traitement d’AveXis livre ce gène aux cellules concernées, et le tour est joué : leurs muscles cessent alors de se déliter.

Enfin, à la fin du mois de février, Roche (CH0012032113 – RO) a dépensé 4,8 Mds$ pour le rachat de Spark Therapeutics, soit une prime de 138 % par rapport à la valorisation boursière de Spark.

Cette dernière a déjà développé des thérapies géniques efficaces, notamment pour une maladie héréditaire ophtalmologique.

Vous le voyez, les entreprises de thérapies géniques et d’édition génomique ont des capacités de création de valeur uniques en leur genre. Leurs plateformes émergentes offrent des solutions là où le reste de l’arsenal thérapeutique a déjà échoué.

Une excellente nouvelle pour les patients… et pour le bilan comptable de leurs investisseurs.

La fièvre acheteuse qui s’est emparée des big pharmas a permis aux actionnaires des biotechs rachetées de constater ces derniers mois des gains instantanés de plus de 100 % du jour au lendemain !

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2 commentaires

PIERRE OGER 20 avril 2019 - 16 h 40 min

intéressé au plus haut point par les candidats concernés par OPA

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Talbot 20 avril 2019 - 17 h 47 min

La France n est pas en retard avec une entreprise qui imprime de la peau à partir de cellules vivantes…

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