Accueil Innovation et vie quotidienne Y a-t-il une bulle sur les biotech ?

Y a-t-il une bulle sur les biotech ?

par admin

2013 aura été une année boursière exceptionnelle. Peu de secteurs, toutefois, ont connu d’aussi belles performances que les biotechs. La moyenne industrielle du Dow Jones a certes connu une augmentation fantastique de 28% pour 2013, et l’indice Nasdaq composite une augmentation de 41%, mais l’indice Nasdaq des biotechnologies a explosé, avec une augmentation de 68%.

On constate un intérêt croissant pour l’investissement dans ce secteur, qui est allé de pair avec une augmentation du nombre d’entrées en Bourse de biotechs — avec des chiffres que l’on n’avait pas vus depuis bien des années.

Cela soulève bien sûr une grande question : existe-t-il une bulle des biotechs ? Pour aider à y répondre, j’aimerais laisser la place à mon ami Stephen Petranek. Les entreprises biotechnologiques font partie du domaine d’expertise de Stephen ; il en a déjà identifié plusieurs qui continueront d’obtenir de bonnes performances même en cas de baisse sur le marché cette année :

« Vendredi dernier, Dave Gonigam, collaborateur des Publications Agora, a prévenu de la possibilité d’une bulle des biotechnologies. Tout comme lui, mon collègue Ray Blanco et moi-même sommes inquiets de la surévaluation d’un grand nombre d’actions biotechnologiques, notamment de certaines des entreprises entrées en Bourse cette année. Gonigam a raison : beaucoup d’actions biotechnologiques semblent connaître des augmentations injustifiées. Malgré des ensembles de projets très légers et des médicaments encore bloqués en Phase 2 des essais cliniques, le prix de beaucoup de biotechs augmente simplement parce que les investisseurs croient en elles. Mais, selon mon expérience, il n’est pas forcément avisé de considérer les entreprises biotechnologiques comme un tout. Comme toujours ou presque, pour obtenir de bonnes informations, il faut se montrer spécifique et éviter les généralisations.

Donc oui, nous avons vu une année excellente pour les IPO d’entreprises biotechnologiques — on en dénombre au moins 34 aux dernières nouvelles. Mais, pour être honnête, j’aurais préféré que l’explosion soit encore plus impressionnante et qu’elle ait commencé il y a 5 ans. Cela fait 10 ans que les biotechs sont déprimées. En vérité, il existe des centaines de petites startups qui ont d’excellentes idées, d’excellents produits et d’excellentes perspectives d’avenir mais elles ne sont pas encore entrées en Bourse. Dans bien des cas, c’est tout à fait réfléchi, elles n’ont nulle envie de se faire avaler par un géant pharmaceutique avant d’avoir eu une chance de faire leurs preuves.

Beaucoup de chercheurs et de scientifiques qui développent de nouveaux médicaments, de nouvelles procédures et de nouveaux instruments sont extrêmement fiers de leur réussite et souhaitent passionnément prouver que leurs idées sont justes. Ils ne veulent pas perdre le contrôle de leur orientation ou de leur travail.

Nombreuses sont les entreprises avec d’excellents médicaments qui sont entrées en Bourse trop tôt et se sont fait manger par un grand nom de la pharmacie. Les personnes à l’origine de l’idée ont ensuite dû observer, sans pouvoir rien y faire, la mise en boîte de leur produit — qui fonctionnait vraiment et obtenait sans problème les autorisations de la part de l’Administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments — par des professionnels du marketing et des gratte-papiers qui ont décidé que le retour sur investissement n’était tout simplement pas assez bon. Les grandes entreprises réfléchissent d’une manière toute différente des startups.

Dans le brouhaha qui entoure le succès de toutes ces nouvelles entrées en Bourse, on oublie deux choses. D’une part, beaucoup d’entre elles ont perdu de la valeur au lieu d’en gagner. Ensuite, et c’est plus important encore, l’explosion du nombre d’entrées en Bourse aujourd’hui ne fait que refléter le manque d’entrées en Bourse d’entreprises biotechnologiques au cours des 10 dernières années. Les investisseurs dans ce domaine crucial ont connu une vraie traversée du désert. Environ 35 IPO d’entreprises biotechnologiques en 1 an semble être un chiffre impressionnant, mais si l’on établit une moyenne sur les 10 dernières années, ce n’est rien du tout. On attend à nouveau entre 35 et 40 nouvelles entrées en Bourse en 2014, d’ailleurs.

Cela étant dit, je m’inquiète aussi d’une liquidation en janvier-avril 2014 sur le marché dans son ensemble. Et nous savons tous que les actions qui fonctionnent simplement parce qu »on y croit’ sont souvent les plus durement touchées en cas de baisse.

S’il y a effectivement une baisse, le prix de la quasi-totalité des actions biotechnologiques diminuera à court terme. Mais cela pourrait également représenter une autre occasion d’acheter, ce qui me rappelle l’un des discours les plus célèbres de Warren Buffett, donné (a priori) pendant une conférence à l’université de Columbia lorsqu’il avait 21 ans :

‘Une règle simple s’applique à mes achats : sois craintif lorsque les autres sont avides, et sois avide lorsque les autres sont craintifs… soyons clairs sur un point : je ne peux pas prédire les mouvements à court terme du marché des actions. Les prix seront-ils plus élevés ou plus bas dans un mois ou dans un an — je n’en ai aucune idée. Ce qui est probable, par contre, c’est que le marché va augmenter, peut-être même beaucoup, longtemps avant que le sentiment des investisseurs ou l’économie ne reparte à la hausse. A trop attendre l’hirondelle, le printemps sera passé.’

Même lors d’une baisse sérieuse, certaines actions biotechnologiques peuvent progresser rapidement, parce que le succès dans ce domaine dépend du succès des essais, et des décisions de la FDA. »

Une bulle des biotechnologies ou un rattrapage des biotechnologies ?
Pour compléter ce que Stephen essaie de dire, l’environnement dans lequel évoluent les petites entreprises biotechnologiques a aussi beaucoup changé au cours des dernières années : ce que nous voyons aujourd’hui n’est pas vraiment une bulle biotechnologique mais plutôt une libération du marché biotechnologique.

Par exemple, nous avons vu les réglementations allégées par Washington en 2012, ce qui a fait baisser la pression exercée sur les entreprises qui travaillent sur des traitements innovants pour de petites indications dont les besoins ne sont pas satisfaits. Nous avons aussi vu arriver de nouvelles classifications de la FDA pour les traitements et les antibiotiques de pointe. Nous avons vraiment commencé à ressentir les effets de ces changements en 2013.

De plus, de nouvelles réglementations facilitent l’entrée en Bourse de petites entreprises biotechnologiques, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles nous en voyons tellement plus en ce moment.

Particulièrement important, les petites entreprises récemment entrées en Bourse seraient exemptées pendant 5 ans de leur obligation de conformité à la très contraignante loi Sabranes-Oxley de 2002 — l’une des raisons pour lesquelles nous avons vu aussi peu d’entreprises biotechnologiques enthousiasmantes entrer en Bourse depuis cette date.

Mais les marchés suivent rarement une ligne droite, et une correction nous attend tôt ou tard. Pour ce qui est des biotechs, je pense qu’elle ne saurait tarder. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai recommandé à mes lecteurs de NewTech Insider de solder ce jour une position biotech… histoire de verrouiller le gain de plus de 175% qu’elle nous a rapporté à ce jour.

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