Accueil A la une Le burger de synthèse fait son entrée en Bourse

Le burger de synthèse fait son entrée en Bourse

par Etienne Henri
burger labo

Un futur steak cultivé en laboratoire. Source Université de Maastricht.

Les délices carnés sont de plus en plus sous le feu des critiques.

Entre les dangers, désormais bien établis, de la consommation régulière de viande rouge pour la santé, l’impact écologique désastreux des élevages et la question de la souffrance animale, croquer dans un délicieux hamburger au steak fondant et savoureux est devenu un plaisir coupable.

Les citoyens inquiets sont aujourd’hui à la recherche de solutions alternatives pour conjuguer plaisir culinaire et comportement responsable.

Qui dit prise de conscience, dit changement d’habitudes… Et qui dit changement d’habitudes, dit nouveau marché !

L’industrie agro-alimentaire est ravie d’accompagner les consommateurs dans cette quête du substitut idéal à la viande – et notamment à la viande bovine qui récolte la palme des risques sanitaires et de l’impact écologique.

Pour ce faire, elle a remis au goût du jour un concept qui, objet de tous les fantasmes dans la seconde moitié du XXe siècle, était tombé dans l’oubli : la viande artificielle.

Le steak de synthèse bientôt dans nos assiettes 

Pour les consommateurs qui n’imagineraient pas se passer de la texture et du goût de la vraie viande, chercheurs et start-ups travaillent d’arrache-pied à l’élaboration de fibres musculaires de synthèse.

Le principe est simple : plutôt que d’élever et d’abattre des animaux, l’industrie agro-alimentaire propose de faire croître les cellules musculaires in vitro. Les avantages sont multiples : pas besoin de faire naître, puis d’élever et enfin de tuer des êtres vivants, l’environnement de croissance est optimisé, l’impact environnemental réduit…

Seul « petit » bémol, la viande mangée sera un produit de synthèse. Ses caractéristiques gustatives et son intérêt nutritionnel sont encore des inconnues.

Les consommateurs répondront-ils présent ?

Impossible de le dire aujourd’hui. L’image présentée ci-dessus est tout sauf appétissante, mais le succès des nuggets de poulet et autres saucisses industrielles n’est plus à démontrer : les consommateurs savent tout à fait oublier la provenance de ce qu’ils mangent si le goût et la texture sont à leur convenance.

Viande de synthèse : feu vert aux Etats-Unis

L’avenir nous dira si la viande artificielle remporte un succès commercial : son avenir législatif est en tout cas en train de s’éclaircir aux États-Unis.

La FDA (Food and Drugs Administration) et l’USDA (département de l’Agriculture des États-Unis) ont clarifié voici quelques jours leur position quant à la diffusion de la viande artificielle. Les deux entités ont accepté de se partager la supervision de ce nouveau marché sans faire planer la menace de nouvelles réglementations contraignantes.

Les startups du secteur, comme Memphis Meats et SuperMeat, se sont félicitées de cette clarification qui leur permettra de mettre rapidement leurs produits sur les étals.

burger synthèseSuperMeat est prête à proposer ses produits au grand public. Crédit : SuperMeat.

Vers des investissements juteux 

Vous n’êtes pas prêt à faire entrer les steaks artificiels dans votre assiette ?

Pour autant, peut-être ne rechignerez-vous pas à en faire profiter votre portefeuille d’actions.

Afin d’éviter les incertitudes juridiques, sanitaires et commerciales de la viande de synthèse, d’autres startups ont pris le parti de travailler les qualités nutritionnelles et gustatives de substituts conçus à base de plantes.

Le concept reste le même : remplacer la viande rouge de vos recettes préférées par des produits moins chers, meilleurs pour la santé et pour la planète, et idéalement aussi savoureux.

C’est la voie qu’a choisi Beyond Meat qui propose des steaks végétariens pour hamburgers.

yummy burger

Ceci n’est pas un steak. Crédit : Beyond Meat.

La start-up a déjà fait ses preuves et annonce avoir vendu plus de 25 millions de Beyond burgers dans de prestigieuses chaînes de restauration comme TGI Friday et White Castle, ainsi que dans des grandes surfaces comme US Whole Foods et Target.

Forte de ce succès, l’entreprise a soumis ce mois-ci un dossier préliminaire pour préparer son introduction en Bourse. Elle prévoit de lever à cette occasion 100 M$ pour financer son développement commercial.

Cette IPO pourrait aiguiser l’appétit des investisseurs qui parient sur une baisse de la consommation de viande industrielle tout en ne souhaitant pas, par principe ou par peur de l’inconnue, financer les entreprises qui proposent de la viande de synthèse.

Beyond Meat s’est déjà avérée un morceau de choix lors de ses précédents tours de tables puisqu’elle a déjà effectué pas moins de 7 levées de fonds depuis sa création en 2009 et a su convaincre de grands noms comme Tyson Foods (NYSE:TSN) et Bill Gates.

Vous laisserez-vous tenter ? L’entreprise doit être introduite au NASDAQ sous le code mémo BYND. Si jamais vous étiez tenté, n’oubliez pas de consulter ce petit mémo sur les IPO issu de celle de Snap.

Soyez le premier informé des dernières Opportunités Technos directement dans votre boîte mail

Articles similaires

Laissez un commentaire

×

Powered by WhatsApp Chat

× Comment puis-je vous aidez ?