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CAC 40 ESG : l’indice de la transition énergétique ?

par Etienne Henri
euronext cac40 esg

[Nouvellement créé par Euronext, le CAC 40 ESG entend réunir les 40 entreprises tricolores les plus “responsables” de la cote. Si les émetteurs d’ETF ont d’ores et déjà confirmé leur intérêt pour ce nouveau bouquet d’actions, investir en l’état dans ce nouvel indice ne permet pas encore de s’exposer comme il se doit à cette mégatendance qu’est la transition énergétique…]

Le 22 mars, la Bourse de Paris a vu naître un nouvel indice. Le CAC 40 ESG, lancé par Euronext, a pour mission de regrouper les 40 entreprises françaises témoignant des meilleures pratiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG).

Le CAC 40 ESG vise clairement le public qui cherche à placer ses liquidités dans les investissements dits “responsables”

Sous le symbole CESGP, les investisseurs peuvent y retrouver des noms biens connus figurant dans son grand frère le CAC 40 : Valeo, Air Liquide, Engie ou encore STMicroelectronics.

Cette nouvelle déclinaison de l’indice phare parisien, qui vient s’ajouter aux dizaines déjà existantes, vise clairement le public qui cherche à placer ses liquidités dans les investissements dits “responsables”.

Déjà, des émetteurs d’ETF tels qu’Amundi, BNP Paribas AM et Lyxor ont confirmé leur intérêt pour ce nouveau bouquet d’actions. L’émission de trackers répliquant les variations du CAC 40 ESG n’est plus qu’une question de temps, et les Français pourront bientôt se créer un panier diversifié et liquide d’actions responsables en un clic.

Est-ce que cela signifie qu’il sera plus facile, plus sûr et moins cher d’investir dans la transition énergétique ? Pas nécessairement…

Risques et vertus des ETF indiciels

Vous savez peut-être que je suis un fervent défenseur des ETF indiciels. Ils permettent, pour les particuliers, de mettre en place une stratégie digne des meilleurs hedge funds à moindre coût.

Sous leurs airs banals, voire un peu ennuyeux, les ETF indiciels sont de vraies machines de guerre financières.

Ils permettent :

  • de se diversifier même en investissant de petites sommes ;
  • de mettre en place une stratégie de “dollar cost averaging” (lissage du prix d’achat) en plaçant tous les mois une somme fixe ;
  • de limiter les frais de transaction et autres droits de garde ;
  • de profiter de leur liquidité pour ouvrir et clore facilement sa position quelle que soit sa taille.

J’ai tendance à conseiller, aux débutants comme aux investisseurs aguerris, de placer une proportion significative de leurs actifs boursiers dans des ETF indiciels. Toutes les études prouvent qu’ils permettent d’obtenir, sur le long terme, des performances supérieures à 90 % des fonds administrés.

L’émission d’ETF répliquant le CAC 40 ESG n’est plus qu’une question de temps

Pour autant, ils restent limités par la composition de l’indice sous-jacent.

Investir dans le CAC 40, le Russel 2000 ou le MSCI World a du sens car cela permet de gagner de l’argent à coup quasi-sûr à mesure que l’économie se développe.

Les indices thématiques, en revanche, sont des instruments boursiers dont la philosophie doit être prise au pied de la lettre et dont l’importance ne doit pas être sous-estimée.

En l’occurrence, le CAC 40 ESG n’est pas qu’environnemental : il se focalise tout autant sur les aspects sociétaux que de gouvernance. C’est parfait si vous voulez un investissement “responsable”, mais ça ne l’est pas si vous souhaitez profiter de la transition énergétique et dégager des bénéfices.

En attendant le CAC Energie du futur…

Je vous ai volontairement cité, en guise de préambule, quelques grands noms de la transition énergétique présents au CAC 40 ESG. Ils mériteraient tout à fait d’être inclus dans une ligne passive de votre portefeuille vert.

Pour autant, d’autres valeurs n’auraient rien à y faire. Je pense notamment à Klépierre, Axa, Kering et autres Pernod Ricard.

Certaines valeurs n’ont rien à y faire

Quelles que soient leurs qualités, elles sont bien loin de la problématique de la transition énergétique. Investir, en l’état, dans le CAC 40 ESG n’est donc pas un moyen efficace d’être exposé à ce mégacycle. A l’inverse, d’autres belles valeurs comme Airbus, Alstom et Thales jouent un rôle industriel important dans la décarbonation de l’industrie et sont pourtant absentes du CAC 40 ESG.

Il faut bien comprendre qu’une partie importante de l’indice est occupée par les bons élèves de l’engagement social et de gouvernance. D’une part, cela signifie que ces entreprises n’ont aucune raison de bénéficier économiquement de la transition énergétique ; d’autre part, ces bonnes pratiques, si vertueuses qu’elles soient, n’ont aucune raison d’offrir une surperformance économique aux sociétés qui les mettent en place.

Bref, en attendant qu’une Bourse émette un indice qui permette de gagner de façon quasi-certaine de l’argent avec la transition énergétique, le stock-picking reste un passage obligé…

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1 commentaire

Teo VIDAL i SOL 10 avril 2021 - 14 h 32 min

On ne peut pas dire que votre PREMIER titre (celui du corrier electronique) ‘Quels ETF pour jouer les renouvelables ?’ ait reçu une répinse posityive et claire…
… à par trois action claireùment nommées… d’ETF neni… wait and see

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