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Cancer : l’électrothérapie supplantera-t-elle les chimiothérapies ?

par Ray Blanco
electrotherapie cancer

Les effets de l’électricité sur le corps humain nous fascinent depuis des siècles…

Cette obsession scientifique aussi vieille que l’espèce humaine refait aujourd’hui parler d’elle car elle pourrait nous aider à traiter certaines des maladies les plus mortelles.

En effet, aujourd’hui, bon nombre de traitements, parmi les plus classiques de notre pharmacopée, n’existeraient pas sans ces chercheurs qui ont planché sur les applications biologiques du courant électrique…

Nikola Tesla, père de l’électrothérapie

Tout le monde connaît les précieuses contributions de Nikola Tesla en matière d’électricité. Notamment sa technologie de réseau électrique basée sur du courant alternatif qui a fini par dépasser le courant continu de Thomas Edison dans la “guerre des courants”, à la fin du XIXe siècle. Aujourd’hui encore, c’est le courant alternatif qui est utilisé pour transmettre de l’électricité sur de longues distances.

Ce que l’on connaît moins, en revanche, c’est qu’il fut le premier à effectuer des expériences et à breveter un équipement électro-thérapeutique qu’il utilisait souvent sur lui-même. Il inventa, entre autres applications médicales, un générateur d’ozone électrique capable de tuer des bactéries, et publia des articles sur l’utilisation d’électricité dans des buts thérapeutiques.

Aujourd’hui, certaines de ses inventions, comme la bobine Tesla et la télécommande, sont utilisées dans les équipements médicaux.

Plus généralement, si beaucoup des traitements électriques se sont révélés être de pures arnaques, voire des tortures profondément inutiles, certaines électrothérapies ont prouvé leur utilité au fil des années…

Une nouvelle méthode au service de l’oncologie

L’électroconvulsivothérapie (ECT), plus connue sous le nom de thérapie par électrochocs, est par exemple toujours utilisée bien qu’elle ait été mise au point il y a plus d’un siècle. Elle est toujours en usage dans le traitement de troubles mentaux comme la schizophrénie ou de troubles cérébraux comme l’épilepsie.

Dans le traitement d’autres maladies cérébrales comme la maladie de Parkinson, des impulsions électriques sont utilisées pour cibler certaines parties du cerveau responsables de symptômes comme les tremblements et la rigidité, lesquels ne peuvent pas être contrôlés par des traitements pharmaceutiques.

De plus, divers équipements médicaux utilisant des impulsions électriques pour modifier le comportement du système nerveux ont été autorisés, et peuvent aider à contrôler une gamme de pathologies de plus en plus large. Les pacemakers, par exemple, utilisent des impulsions électriques pour rétablir un rythme cardiaque normal. La stimulation du nerf vague (SNV) peut traiter l’épilepsie et la dépression – certaines preuves indiquent même qu’elle peut être utilisée pour modifier l’appétit et aider à traiter l’obésité.

Aujourd’hui, un nouveau monde s’ouvre pour les électrothérapies dans le domaine de l’oncologie, et c’est une excellente nouvelle. Le cancer est la deuxième cause de mortalité aux Etats-Unis, juste après les maladies cardiaques. Il est responsable de près de 600 000 décès par an. Il n’existe, pour l’instant, que trois manières de lutter contre le cancer : la chirurgie, les radiations ou les médicaments (chimiothérapie).

Mais il existe désormais une nouvelle méthode prouvée pour aider les patients à survivre. Vous l’aurez compris, il s’agit de l’électricité.

Des données convaincantes approuvées par la FDA

Ces essais ont montré que la technique fonctionne aussi bien qu’une chimiothérapie, mais avec des effets secondaires minimes…

Le glioblastome (cancer cérébral) compte parmi les pires formes de cancer. L’arsenal thérapeutique est limité et l’utilisation de traitements médicamenteux est compliquée par le fait que beaucoup d’entre eux ne sont pas capables de passer la barrière hémato-encéphalique pour s’attaquer au cancer.

Cette barrière bloque le passage de nombreuses molécules, et même de certains nutriments. Le fer et le glucose, par exemple, doivent être activement transportés de l’autre côté de cette barrière car ils ne peuvent pas la franchir tous seuls.

Les médicaments possédant des molécules de grande taille, comme les anticorps thérapeutiques (ou “monoclonaux”), ont vraiment beaucoup de mal à atteindre le cerveau tous seuls. Difficilement traitable, le taux de survie à cinq ans du glioblastome est donc de 5 % à peine… un chiffre épouvantable.

Dans mon dernier NewTech Insider, j’ai présenté à mes abonnés une petite société en passe de révolutionner le secteur des thérapies contre cancer. Si je ne peux pas vous en révéler le nom [je réserve cela aux abonnés de NewTech Insider], je peux au moins vous dire qu’en 2006 sa technologie était déjà passée du stade des études pilotes à celui des essais cliniques pivots, et avait initié des essais de Phase III chez les patients atteints de glioblastomes récurrents, avant une nouvelle Phase III, trois ans plus tard. 

Elle permet donc d’éviter les nausées, les infections, les vomissements, les diarrhées et la toxicité sanguine associés aux chimiothérapies.

En 2011, l’entreprise avait accumulé suffisamment de données cliniques pour prouver que ses champs électriques pouvaient améliorer le taux de survie des patients atteints de glioblastomes récurrents. Les données étaient suffisamment convaincantes pour que la FDA autorise l’utilisation de cette nouvelle méthode dans le traitement du glioblastome chez ces patients.

L’électricité pour bloquer la division cellulaire

La technologie anti-tumeur dont je vous parle utilise une alternance de charge. Le courant alternatif qui alimente les prises de nos maisons change de polarité soixante fois par seconde – les champs électriques utilisés par cette technologie, quant à eux, changent de polarité entre 100 000 et 300 000 fois par seconde.

glioblastome cerveau

Un simple champ électrique pour stopper la prolifération cellulaire du glioblastome.

Ce champ électrique interfère avec l’alignement des structures cellulaires pendant le processus de division. Cette perturbation tue la cellule pendant qu’elle tente de donner naissance à son jumeau maléfique, ce que les cellules cancéreuses ont tendance à faire très rapidement.

En biologie, on appelle cela un effet “antimitotique” : les champs électriques empêchent des protéines cellulaires chargées, comme les tubulines et les septines, de s’aligner pendant les divisions.

Les champs électriques exercent des forces sur les cellules, ce qui les empêche de former les structures nécessaires à la division cellulaire. Il est ainsi possible non seulement de prévenir la division des cellules cancéreuses – ce qui ralentit la croissance des tumeurs – mais aussi de tuer les cellules malades.

Depuis les premiers essais cliniques et l’autorisation accordée par la FDA en 2011, les succès s’accumulent. En 2015, la FDA a autorisé cette électrothérapie chez les patients atteints de glioblastomes nouvellement diagnostiqués en plus des patients atteints de formes récurrentes.

Lors de son introduction en Bourse l’entreprise était valorisée à 165 M$. Il faut dire que son potentiel de croissance est exceptionnel… Près de 15 000 nouveaux glioblastomes sont diagnostiqués chaque année aux Etats-Unis. Rien que pour cette pathologie, l’entreprise pourrait multiplier la taille de son marché par 5,5. En poursuivant sa croissance, elle pourrait dégager un chiffre d’affaires de plus de 1,5 Md$ par an, uniquement pour le glioblastome. Mais, bien sûr d’autres projets sont dans le pipe… [Pour savoir de quelle société il s’agit, c’est par ici…]

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