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Cannabis légal : bear market est confirmé

par Ray Blanco
bear market cannabis

Il est temps de tomber les masques. Les Etats-Unis (et particulièrement les autorités fédérales) ont fait n’importe quoi avec le cannabis légal.

Voici un jugement tranché et impopulaire. Mais c’est désormais ma conviction profonde.

Sur la place financière, beaucoup de personnes me reconnaissent aujourd’hui comme l’un des meilleurs spécialistes des actions du cannabis légal. Je fus, dès 2016, l’un des premiers à me plonger dans l’univers des petites entreprises du cannabis, les penny pot stocks comme je les appelle.

Mes recherches et les contacts que j’ai établis dans l’industrie m’ont amené à conseiller des entreprises sur leur stratégie et à aider des labos aux quatre coins du monde.

La crème de l’industrie du cannabis légal m’appelle avant de publier des communiqués de presse importants. Je les conseille sur leur communication financière.

Voilà à quel point je suis mouillé dans ce business.

Pour tout vous dire, je suis rentré de New York hier, où j’ai passé du temps à discuter avec des PDG de certains des noms les plus connus de l’industrie de la marijuana.

Je vous en dirai plus sur ce que ces discussions m’ont apprises, mais pour commencer il est temps de regarder la réalité actuelle en face.

Le premier bear market du cannabis légal

Une des conditions pour définir un bear market est la suivante : « Les prix chutent de 20 % ou plus depuis des plus-hauts récents alors qu’un sentiment général de pessimisme domine chez les investisseurs. »

Mon indice propriétaire, le Penny Pot Index, indique un recul de 22 % depuis le début de l’année.

penny pot index

Si vous nous lisez régulièrement, vous connaissez le cycle de la hype. C’est une représentation graphique d’un motif récurrent dans l’innovation. Il peut s’appliquer à n’importe quelle nouvelle technologie ou industrie. Voici où nous en sommes pour le cannabis.

hype cannabis

Dans le cycle de la hype du cannabis, nous nous dirigeons actuellement vers le gouffre des désillusions.

Des espérances folles ont entraîné une croissance météorique des actions. Mais les investisseurs ont trop attendu du secteur (dans notre cas, ils espéraient une arrivée des profits au deuxième trimestre) et ils se sentent trompés.

Les actions cannabis plongent actuellement vers le gouffre des désillusions.

Et même si je demeure confiant sur la tendance à long terme, qui se révèlera très profitable. Il faut désormais ouvrir les yeux et faire face aux problèmes auxquels nous faisons face actuellement.

Ce n’est pas la faute de l’industrie du cannabis, mais celle des Feds

Le gouvernement fédéral des Etats-Unis a préféré regarder ailleurs et renoncer à soutenir l’une des industries les plus florissantes d’Amérique.

Ce désintérêt a créé un secteur digne du Far West où les entrepreneurs doivent se plier à des règles locales absurdes, parce que personne n’a pris le temps de faire un plan d’ensemble clair, comme l’ont fait nos voisins du nord au Canada.

Je ne suis pas le seul à le dire. Tout le monde est de mon avis dans le business du cannabis.

En l’absence d’un cadre légal standard et reconnu, édicté par le gouvernement fédéral qui aurait jeté les fondations de l’édifice, chaque Etat est parti de son côté et mène ses affaires à sa guise. Désormais, ils voudraient tous que leur cadre juridique relatif à la consommation et la production de cannabis serve de base au modèle fédéral.

Aujourd’hui, rien ne pousse les Etats à travailler de concert.

Et les conséquences sont finalement désastreuses pour le cannabis légal aux Etats-Unis.

Voici quelques exemples relevés en Californie :

  • l’Apothecarium à San Francisco : le dispensaire a attaqué la ville, dénonçant la corruption des édiles locaux. La raison ? Ils se sont vus refuser leur licence alors qu’un concurrent – qui avait le bon réseau et avait mis au pot des campagnes électorales – s’en est vu attribué une. [SF Weekly] ;
  • The Daily Californian rapportait en juin 2017 que Dan Rush, ancien dirigeant de la commission du cannabis médical de Berkeley, était reconnu coupable de fraude et de blanchiment d’argent en lien avec l’attribution des licences ;
  • dans des documents que j’ai moi-même pu examiner, à Huntington Park, des entrepreneurs souhaitant ouvrir des dispensaires ont attaqué la ville devant une cour fédérale, accusant les responsables de la ville d’accorder les licences à leurs copains.

Il serait naïf de penser que ces problèmes de corruption ne touchent que la Californie.

D’ailleurs, la semaine dernière, nous apprenions que Jasiel Correia, 27 ans, maire de Fall River dans le Massachussetts, était accusé de trafic d’influence dans une affaire d’extorsion de fonds auprès de plusieurs acteurs du cannabis légal. Les sommes s’élèvent à plusieurs centaines de milliers de dollars.

Ce genre d’informations, les craintes pour la santé liées aux vapes (cigarettes électroniques – le Massachussetts et l’Etat de New York ont interdit leur usage cette semaine) et l’absence de projet politique pour résoudre ces problèmes au niveau fédéral nous amènent au résultat actuel : le sentiment des investisseurs est au plus bas.

A court terme, il est probable que le marché continue à prendre des coups. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas faire de gains sur des actions bien choisies. J’ajouterais aussi que l’heure la plus sombre est celle qui précède l’aube. J’y reviendrai.

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