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Chine : les nouveaux Américains créent de nouvelles bulles

par Cécile Chevré

"La Chine s’est exposée aux risques d’une bulle immobilière", nous apprend Le Monde. L’immobilier flambe. Entre juin et juillet, le mètre carré a grimpé de 7%. Oui, vous avez bien compris 7% en un seul mois. A ce rythme-là, le mètre carré en Chine vaudra bientôt plus que dans les grandes mégalopoles occidentales.

Et en Occident, nous commençons à sérieusement nous inquiéter. Il faut dire qu’il y a de quoi, nous ne sommes toujours pas remis de la déflagration provoquée par l’explosion de la bulle des subprime.

Et devinez ce qui cause le gonflement de cette bulle : le crédit, bien sûr. La Chine, pourtant réputée pour son taux d’épargne particulièrement élevé, est en train de se convertir lentement mais sûrement aux joies du capitalisme à crédit.

A MoneyWeek, cela nous fait doucement rire. A croire que la légendaire sagesse asiatique pouvait les empêcher de commettre les mêmes erreurs que nous. Manifestement non. Les Chinois sont simplement en train de devenir les nouveaux Américains.

Non seulement, ils consomment, mais on les somme de consommer encore plus. La consommation chinoise est devenue un acte de salut public. Le gouvernement chinois compte sur son marché intérieur pour s’affranchir de sa dépendance aux exportations vers les Etats-Unis – le consommateur obèse américain, s’entêtant toujours à s’inquiéter pour son emploi, sa maison, son niveau de vie, semble s’être affranchi, en partie du moins, de son addiction aux écrans plats et autres gadgets technologiques.

Et le reste du monde scrute la reprise chinoise en croisant très fort les doigts qu’elle entraîne dans son sillage les autres économies. Nul doute que Ben Bernanke doit allumer tous les jours un cierge en espérant que les Chinois vont continuer à consommer encore et encore.

Les Chinois sont donc de plus en plus nombreux à goûter aux joies du crédit, comme le disait il y a plus plusieurs semaines déjà Bill Bonner dans La Chronique Agora : "Durant la première partie de 2009, les prêts représentaient le triple de ceux de la même période une année auparavant. Naturellement, ces liquidités ont fait effet. L’économie est en plein boom. On achète tout ce qu’on peut acheter à crédit."

Et dans Défis & Profits, Ingrid Labuzan, notre spécialiste de l’investissement géostratégique, insistait sur cette montée en puissance du crédit : "Alors que le gouvernement avait fixé comme objectif aux banques de délivrer pour 5 000 milliards de yuans de prêts, ce sont 7 400 milliards de yuans qui sont passés des caisses des banques aux poches des Chinois. Un flux qui n’est pas prêt de se tarir, puisque les banques pourraient débloquer 10 000 milliards de yuans supplémentaires d’ici à la fin de l’année".

Spéculation, crédit facile, et une bonne dose d’inconscience : les ferments d’une nouvelle bulle sont réunis. Que se passera-t-il quand elle explosera ? Pouvons-nous vraiment penser que le souffle de l’explosion ne nous touchera pas ? Il faudra certainement attendre que ces bulles secondaires explosent avant qu’une vraie reprise de l’économie ne soit possible.

– Les Chinois ne se laissent pas seulement tenter par la consommation à crédit à l’américaine, ils sont aussi de plus en plus nombreux à s’aligner sur leurs habitudes alimentaires. Voici ce qu’en dit Ingrid Labuzan, dans Défis & Profits : "Combien sont-ils, en ce moment les Chinois ? Plus d’un milliard ? Il n’y pas de raison pour que ce changement d’alimentation ne les touche pas tous, petit à petit. Moins de riz, plus de viande et de céréales. Ma pensée s’accélère, et je me souviens qu’il faut en moyenne 7 kilogrammes de grains pour fournir un kilogramme de viande… Sans compter que cette évolution de l’alimentation s’étend à tous les pays émergents, Inde et Brésil en tête."

"Ces prochaines années, l’enjeu de l’approvisionnement en nourriture du monde va devenir crucial. Car aujourd’hui, ça y est, les organisations internationales commencent à tirer la sonnette d’alarme : nous ne serons pas capables de donner à manger à la planète entière. Ou plutôt si : nous pourrons nourrir les générations futures à condition de procéder à des changements, et ce de manière urgente. Rendez-vous compte, selon le G8, pour être capable d’alimenter tout le monde en 2050, il faudrait que la production agricole mondiale double ! Cela va demander de spectaculaires efforts, et certaines entreprises vont être les acteurs majeurs de cette transformation". Découvrez les conseils d’Ingrid en poursuivant votre lecture…

– Aujourd’hui, Marc Dagher s’est intéressé à Alcatel-Lucent "Certes, le titre signe l’une des moins bonnes performances du CAC 4040 en clôture hier. Pourtant, l’avenir immédiat ne semble pas véritablement compromis pour le groupe." Pour lire la suite de sa recommandation…

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