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Chine : la reconnaissance faciale pour tous

par Edern Rio
reconnaissance faciale de masse chine

La Chine vient de franchir un nouveau cap dans la généralisation de la reconnaissance faciale.

L’empire du Milieu avait déjà battu un record mondial en déployant plus de 200 millions de caméra de surveillance dans ses rues (la ville de Shenzhen compte à titre d’exemple 159 caméras pour 1 000 habitants contre à peine 13 en France).

Elle va désormais intensifier la surveillance de ses citoyens grâce à un nouveau décret publié le 1er décembre. S’il était déjà impossible de ne pas être surveillé en temps réel lors de ses déplacements (trottoirs, gares, aéroports et grands axes de circulation étant truffés de caméras), l’Etat pourra désormais faire le lien avec l’identité des personnes surveillées.

Pour ce faire, Pékin a trouvé une solution redoutable de simplicité et d’efficacité qui lui permettra de se constituer en quelques années une base de données biométrique de la quasi-totalité de sa population.

reconnaissance faciale chine

Les comportements dans l’espace public ne seront bientôt plus uniquement surveillés :
ils seront aussi reliés à l’identité des citoyens.

Pourquoi le fichage intégral des visages vaut de l’or 

Comme tout dispositif de surveillance de masse, la reconnaissance faciale ne prend tout son sens que lorsqu’il est possible de lier l’identification (ici, les caractéristiques du visage) à un individu en chair et en os.

La surveillance généralisée mais anonyme permet de traquer les grandes tendances comportementales ; la surveillance individualisée permet de ficher les personnes et de tout savoir sur leurs faits et gestes (déplacements, fréquentations et mode de vie).

Il s’agit de l’arme absolue que tous les gouvernements rêveraient d’avoir…

Il s’agit de l’arme absolue que tous les gouvernements rêveraient d’avoir – et nous ne nous permettrons pas de prétendre à une quelconque supériorité morale sur le sujet lorsque l’on voit l’empilement de lois sur le fichage votées depuis quinze ans dans le “pays des droits de l’Homme”.

Constatons simplement que les gouvernements semblent tous se heurter à la réticence des citoyens lorsqu’il s’agit de récolter des marqueurs biométriques. Si la collecte d’empreintes digitales est aujourd’hui acceptée par tous (nous les offrons allègrement à nos smartphones pour avoir le confort de ne pas entrer de code de déverrouillage), le fichage génétique et par reconnaissance faciale est encore ressenti comme une intrusion.

La France tente depuis des années de se constituer une base de données génétique de ses citoyens et se heurte encore à leur réticence et à des garde-fous législatifs.

Si la constitution de cette base de données est en bonne voie, elle n’en reste pas moins incomplète et ne permettra quoi qu’il en soit jamais un suivi en temps réel des comportements individuels.

Avec les progrès de l’IA et le faible coût des caméras haute définition, la reconnaissance faciale est la technique idéale de surveillance de masse. Il faut simplement pour cela parvenir à constituer une base de données complète de la population – et le plus simple pour y parvenir est d’inciter les citoyens à se faire ficher volontairement…

Votre visage contre un accès à Internet

La solution choisie par Pékin est on ne peut plus simple : elle a obligé par décret les opérateurs téléphoniques à recueillir les données morphologiques du visage de leurs clients pour toute ouverture de ligne (mobile ou Internet).

Le téléphone portable est plus qu’un gadget en Chine, c’est un véritable sésame qui permet d’effectuer toutes les opérations de la vie quotidienne. Les deux-tiers de la population possèdent au moins un téléphone (en comptant les zones rurales). Dans les villes, le téléphone est quasi-obligatoire sous peine de ne pouvoir ni se déplacer ni se nourrir.

En quelques années, la majorité de la population rejoindra ainsi la base de données nationale des visages des citoyens.

Pékin pourra ainsi boucler son dispositif global de surveillance de l’espace public et de crédit social.

Quelles conséquences pour vos investissements ?

Quittons-nous plutôt sur une opportunité d’investissement.

Nous vous laissons vous faire votre propre opinion sur les conséquences morales et sociales de ce décret, ainsi que sur les idées qu’il pourrait faire naître dans le cerveau de nos dirigeants.

Quittons-nous plutôt sur une opportunité d’investissement. Après tout, il est possible d’investir dans le tabac, les jeux d’argent (le succès de l’IPO de la FDJ vient de prouver l’appétence des investisseurs pour l’investissement dans le vice), et la vente d’arme : vous pourrez aussi bientôt profiter, si le cœur vous en dit, de la généralisation de la surveillance de masse.

La startup chinoise Megvii, spécialisée dans les logiciels de reconnaissance faciale utilisés pour la surveillance des rues, devrait faire sous peu son IPO à la Bourse de Hong Kong.

En pleine croissance, la sulfureuse entreprise (bien évidemment bannie aux Etats-Unis) devrait dépasser à cette occasion les 10 Mds$ de valorisation.

Les amateurs d’investissements politiquement incorrects ne manqueront pas de se pencher sur le dossier !

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