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Rire pour sortir de la dépression

par Cécile Chevré

"Etats-Unis : les inscriptions au chômage progressent. Cette publication surprend les analystes qui s’attendaient au contraire à une amélioration dans ce segment de l’économie", titre Le Figaro. "Hausse surprise aux USA des inscriptions au chômage à 576 000", nous apprend Reuters.

Ahahah ! encore une "hausse surprise" du chômage.

Non vraiment, cher lecteur, il faut bien vous avouer que par moment, à la Quotidienne, nous hésitons entre le rire nerveux et l’envie de donner un énorme coup de pied dans la fourmilière.

Comment peut-on encore parler de hausse surprise du chômage après de mois de récession, de dépression, de licenciements et de faillites ? Il faudrait vraiment être d’une naïveté sans limite pour imaginer qu’une économie dans un tel état pourrait embaucher à tour de bras.

La seule explication que nous pouvons trouver à cela est que les gouvernements se sont donné le mot pour nous faire une énorme blague. Après tout rien de plus salvateur que le rire pour nous sortir de la dépression.

Et les blagues s’enchaînent à un rythme de stakhanoviste. Hier, le gouvernement américain s’est lancé dans le comique de haut vol. Figurez-vous que le déficit budgétaire serait meilleur que prévu. Voici ce qu’en disait Françoise Garteiser dans La Chronique Agora : On attendait un ‘trou’ de 1 840 milliards de dollars – il ne sera finalement que de… 1 580 milliards. N’est-ce pas magnifique ? Pour reprendre une comparaison chère à Bill Bonner, est-il vraiment moins douloureux (sans parler de mortel !) de se faire écraser par un camion 38 tonnes que par un 36 tonnes ?"

Que de 1 580 milliards de dollars ? Ahahah !

Et l’administration Obama a remis cela dans la soirée : le président américain s’est félicité des effets positifs sur les ventes automobiles de la prime à la casse, tout en annonçant son arrêt le 28 août prochain. Que va-t-il se passer ensuite ? Il y a fort à parier que les "effets positifs" ne vont pas survivre à cet arrêt, et que le secteur automobile replonge, et ce pour un bon moment. Les primes à la casse encouragent les consommateurs qui avaient prévu d’acheter une voiture dans les mois qui viennent à avancer leur achat : conclusion, il faudra s’attendre à des mois de vaches maigres pour les ventes automobiles.

Les aides gouvernementales pour soutenir le secteur automobile ne font que brouiller la réelle mauvaise santé de ce secteur, comme l’expliquait Frédéric Laurent dans Vos Finances : "Effectivement, il y a une augmentation de 3% des ventes de voitures neuves sur un an… mais qu’en est-il du marché de l’occasion ? On en parle moins, et pour cause : il s’est effondré. Toute cette reprise est artificielle et due aux subventions. Un autre élément nous met la puce à l’oreille : cette semaine encore, le PDG de Peugeot déclarait – non sans effet de manche – que les sous-traitants du secteur automobile étaient au bord du gouffre. Mais ça, les médias et le gouvernement n’en parlent pas." Si le secteur automobile est à fuir, Frédéric déniche pour ses lecteurs de Vos Finances les secteurs qui résistent à la crise : internet, biens de consommation ou encore secteur de l’énergie, découvrez ses recommandations détaillées en poursuivant votre lecture…

Les Bourses ont d’ailleurs moyennement apprécié l’humour du président américain : le Nikkei a clôturé en baisse de 1,40% ce matin, et à Paris, Peugeot et Renault ont ouvert en forte baisse.

Bill Bonner dans La Chronique Agora nous signalait une autre plaisanterie : "Un titre vu dans la presse : "les consommateurs hésitants freinent la reprise". C’est une manière de dire les choses. Les consommateurs n’ont pas d’argent. Ils doivent réduire leurs dépenses. Selon toutes probabilités, ils les réduiront jusqu’à ce que leur taux d’épargne atteigne 10% de leurs revenus disponibles. Cela retirera 1 000 milliards de dollars des dépenses de consommation."

"L’économie ne peut pas, matériellement, se remettre dans de telles conditions. Elle ne peut revenir à son ancien état nourri par la consommation et le crédit. Elle doit plutôt vivre une période de transition – durant laquelle la production sera déprimée – jusqu’à ce qu’elle se trouve une nouvelle personnalité, mieux adaptée aux nouvelles circonstances économiques."

– France Telecom a annoncé que les abonnés à la TV d’Orange bénéficient de nouveautés sur le bouquet sport et le bouquet jeunesse. D’un point de vue boursier, depuis la crise des dot.com, France Telecom a eu un comportement bien particulier, comme l’explique Marc Dagher dans MoneyWeek : "France Telecom a été précurseur dans le retournement suite à la crise des années 2000, en touchant en effet son point bas en septembre 2002, soit six mois avant l’ensemble des marchés ; puis, est entré dans la crise en novembre 2007, soit quatre mois après la plupart de ses confrères". "Un rebond majeur devrait désormais être à portée de main", nous apprend aussi notre spécialiste de l’analyse technique. Pour découvrir la suite de sa recommandation sur France Telecom, continuez votre lecture…

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