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Comment construire une serre sur Mars

par Ray Blanco

Vendredi dernier, à 23 h 50, un lanceur Falcon 9 de SpaceX, s’est élancé pour un vol de trois jours vers la Station Spatiale Internationale (« ISS »), avec près de deux tonnes de matériel scientifique à son bord et, bien sûr, des choses essentielles telles que des friandises.

Il y dix ans, une telle nouvelle aurait été stupéfiante. Mais aujourd’hui, ce n’est qu’un évènement mineur.

Cela montre vraiment les avancées technologiques accomplies en dix ans d’innovations.

Ce vol était particulièrement important car c’était le dernier que SpaceX envoyait vers la Station Spatiale Internationale.

En 2012, SpaceX a été la première société privée, sous contrat avec la NASA, chargée de réapprovisionner l’ISS. Et au bout de 20 missions réussies, le contrat touche à sa fin.

Aujourd’hui, j’aimerais aborder comment nous sommes parvenus à ce niveau aussi rapidement et, plus important encore, ce que cela signifie pour l’avenir de la technologie spatiale…

La vie sur Mars ?

Pour comprendre comment SpaceX a livré des tonnes de fret, on doit comprendre où cela a commencé.

En 2002, après avoir revendu PayPal pour la somme de 1,5 Md$, Elon Musk s’est demandé ce qu’il allait bien pouvoir faire désormais. C’est là qu’il a eu l’idée d’aller dans l’espace.

Dans une interview parue dans le magazine Wired, en 2012, voici ce qu’il déclarait :

« Alors je suis parti sur une idée folle, afin de stimuler une volonté nationale. Je l’ai appelée mission Mars Oasis. L’idée, c’était d’envoyer une petite serre sur Mars, garnie d’engrais déshydraté et gélifié qui s’hydraterait lors de l’atterrissage. On aurait cette photo géniale de plantes vertes sur fond [de planète] rouge : ce serait la première forme de vie sur Mars, d’après ce que nous savons, et le lieu le plus reculé où la vie se serait jamais rendue. Ce serait une image mémorable, et en plus on obtiendrait plein de données techniques sur ce qu’il faut pour entretenir une petite serre et maintenir des plantes en vie sur Mars. Si je pouvais me l’offrir, j’ai trouvé que cela vaudrait la peine de dépenser cet argent, sans espérer des retombées financières. »

Mais comme tout projet de voyage sur la Lune, le parcours jusqu’à l’obtention d’une serre sur Mars s’accomplirait à tout petits pas. Et le tout premier, c’était d’envoyer une fusée dans l’espace, sans fret, chose qui n’avait jamais été accomplie auparavant par une entreprise privée. Et la tâche allait être redoutable.

Le Falcon 1 fut la première fusée développée par SpaceX, et ses trois premiers lancements furent considérés comme des échecs…

Le premier échoua au bout d’une minute en raison d’une fuite sur une charge pyrotechnique.

Au deuxième lancement, la fusée parvint à aller dans l’espace mais fut perdue cinq minutes après son lancement.

Et le troisième lancement échoua quand le premier et le deuxième étages se télescopèrent lors de la séparation.

Enfin, le 28 septembre 2008, SpaceX devint la première entreprise privée à envoyer une fusée en orbite.

Au bout de quatre tentatives, le Falcon 1 avait franchi un cap majeur pour cette société. Et peu de temps plus tard, la NASA et SpaceX ont signé un accord de 1,6 Md$ pour le réapprovisionnement de l’ISS.

L’étape suivante fut de développer une capsule de fret.

La capsule Dragon de SpaceX a rapidement été développée pour transporter près de 6 tonnes de fret pressurisé et dépressurisé. Et le 8 décembre 2010, SpaceX est devenue la première entreprise privée à lancer avec succès, placer en orbite – et récupérer – un engin spatial et sa capsule Dragon.

Depuis, les échecs ont été peu nombreux. Et la NASA a signé un autre contrat avec SpaceX, qui court jusqu’en 2024. Près de 43 tonnes de fret ont déjà été livrées sur l’ISS, et on ne dirait pas que cela va ralentir de sitôt.

Que réserve l’avenir ?

Il semblerait que SpaceX prenne plusieurs directions avec ses activités.

En 2009, par exemple, l’entreprise a envoyé pour la première fois un satellite dans l’espace. Et sa division Starlink s’est fixé l’objectif d’envoyer des milliers de satellites en orbite terrestre basse. Ce qui aurait pour conséquence immédiate de pouvoir fournir un internet haut débit au monde entier.

Les Américains sont prisonniers des monopoles régionaux des fournisseurs de câble… Musk a l’intention de résoudre ce problème via Starlink, et de passer à l’action. Malheureusement, il n’existe aucun moyen d’investir dans Starlink. Une introduction en bourse éventuelle a été annoncée le 6 février dernier.

En revanche, j’ai découvert un moyen d’investir dans l’internet de l’espace, un marché estimé à plus de 600 Mds$. Vous en entendrez bientôt parler.

 

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