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Comment résoudre la crise alimentaire qui s’annonce ?

par Ray Blanco
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Nous sommes dans une période de pénurie multiforme. Les semi-conducteurs d’abord – et nous en avons déjà beaucoup parlé ici. Mais ce n’est pas la seule chose qui devient rare ces derniers temps. Il y a aussi les produits agricoles… sous bien des formes – des intrants, du pétrole et du gaz. Ce qui pousse les prix alimentaires sur des sommets incroyables. Avec le COVID-19, les choses étaient déjà « mal parties » mais, avec la guerre en Ukraine, tout s’est aggravé. Quelles solutions pour faire face à cette crise alimentaire qui se profile ?

Nous vivons une période où les denrées alimentaires se raréfient. Le coupable n’est pas la stagnation technologique. Non. Le coupable est à chercher du côté de la stupidité politique qui, contrairement à la nourriture, ne vient jamais à manquer.

J’ai beaucoup parlé dans ces colonnes des pénuries de puces et de la façon dont il fallait investir en conséquence, mais les semi-conducteurs ne sont pas la seule chose qui devient rare ces derniers temps…

Les prix alimentaires sur des sommets

Les confinements liés au COVID-19 ont perturbé la production – mais aussi le transport – de toutes sortes de produits, les produits agricoles en tête. Les pénuries frappent les cultures, ce qui pousse les prix alimentaires sur des sommets incroyables.

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Nous sommes dans une période de pénurie multiforme. Si les produits agricoles sont bien évidemment concernés, il faut avoir conscience que le grand nombre d’intrants permettant de les produire et de les transporter aussi.

De manière générale, les gens ne réfléchissent pas trop à tout ce qu’il faut mettre en œuvre pour produire la baguette de pain qui arrive sur les rayons d’un magasin d’alimentation. Et pourtant, cela relève presque du miracle car cela implique que des gens coopèrent dans le monde entier, tout au long d’une chaîne de relations assez complexe.

Nous sommes dans une période de pénurie multiforme

Ces chaînes d’approvisionnement comptent par exemple le pétrole et le gaz, nécessaires pour cultiver et expédier les produits agricoles. Le gaz naturel n’est pas seulement une source d’énergie, c’est aussi la matière première permettant de produire les fertilisants à base de nitrates grâce auxquels on peut maximiser les rendements des cultures. Cette même matière première est à la base de la production des insecticides et des herbicides.

Plus généralement, le pétrole et le gaz, dont les prix étaient déjà historiquement élevés, ont fait grimper les prix de ces intrants agricoles de base, ainsi que ceux des carburants nécessaires au travail de la terre et au transport des récoltes.

Les choses étaient déjà « mal parties » mais, avec la guerre en Ukraine, tout s’est aggravé…

Les sanctions contre la Russie accélèrent le phénomène

L’Ukraine est parfois qualifiée de « grenier à blé » de l’Europe, en raison de ses riches terres agricoles. La guerre y faisant rage, il est probable que les semailles du printemps seront affectées.

La Russie est, elle aussi, un énorme producteur agricole. A elles deux, la Russie et l’Ukraine fournissent plus d’un quart du blé exporté dans le monde et près d’un cinquième du maïs.

De plus, la Russie est un grand exportateur d’intrants agricoles importants, en raison de son statut de grand producteur de pétrole et de gaz. Le pays est un énorme fournisseur de fertilisants employés pour cultiver des produits agricoles dans d’autres régions du monde.

On estime que plus de 13 millions de personnes pourraient être affamées à la saison prochaine

Les sanctions ont été infligées à la Russie en espérant que cela la dissuaderait d’envahir l’Ukraine, mais elles ne sont pas efficaces – et cela devrait rester ainsi. Mais, au bout du compte, ce sont les autres qui seront les plus touchés par cette guerre économique.

Même le président Biden l’admet : « En ce qui concerne la pénurie de denrées alimentaires, oui, nous parlons bien de pénuries alimentaires, et oui elles vont être bien réelles… le prix des sanctions n’est pas infligé qu’à la Russie, il est infligé à un très grand nombre de pays, également. »

Avec nos politiques énergétiques, nous avons fait grimper les coûts du combustible et de l’alimentation. La guerre économique et financière contre la Russie va aggraver encore la situation. Même si la souffrance à la pompe et au supermarché est réelle pour nous, d’autres vont être confrontés à un problème bien plus important.

Les principales victimes du conflit entre l’OTAN et la Russie seront des « spectateurs » qui n’ont rien à voir avec cette guerre, surtout certaines populations qui dépendent énormément des exportations russes et ukrainiennes. Il s’agit des pays du Moyen-Orient et de l’Afrique.

On estime que plus de 13 millions de personnes pourraient être affamées à la saison prochaine, si la production provenant d’Europe de l’Est s’effondre en raison de la guerre. De plus, cela pourrait entraîner un grand nombre d’effets secondaires chaotiques.

Crise alimentaire : quelles solutions ?

La pénurie de céréales vitales signifie que les cultivateurs doivent trouver ailleurs de meilleurs moyens de faire pousser leurs cultures. Il est plus urgent que jamais d’augmenter les rendements et de réduire les besoins en intrants de plus en plus coûteux.

Il est plus urgent que jamais d’augmenter les rendements

Pour ce faire, l’un des moyens à notre disposition consiste à améliorer la génétique des produits que nous cultivons. Par le passé, nous l’avons fait en sélectionnant des techniques de semence afin de produire des cultures présentant de meilleures caractéristiques. Aujourd’hui, nous pouvons lire le génome des plantes, et l’écrire, en utilisant directement de nouvelles technologies comme le séquençage d’ADN pour lire les données génétiques, et CRISPR – un mécanisme biologique initialement découvert dans une bactérie – dont nous pouvons nous servir pour « éditer » les gènes afin d’en améliorer les traits.

De plus, nous pouvons également utiliser ce que révèlent les génomes, afin de développer de meilleurs produits chimiques permettant de contrôler les insectes et les mauvaises herbes.

Si vous avez pensé aux OGM, vous avez raison. D’ailleurs, l’an dernier, l’Union européenne a lancé un appel visant à revoir la réglementation liée aux OGM et à réduire potentiellement les restrictions… Nous aurons l’occasion d’en reparler.

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