Accueil Innovation et vie quotidienne Coton : 190% de hausse. Et maintenant ?

Coton : 190% de hausse. Et maintenant ?

par Isabelle Mouilleseaux

+190% depuis l’été dernier ; +50%, rien que depuis début 2011
Hier, le coton, qui a enregistré un nouveau pic historique à 212 dollars américains cents à New York. Du jamais vu, depuis que le coton cote aux Etats-Unis (XIXe siècle tout de même).

Le coton va-t-il continuer de grimper ? Consolider ?

Faut-il se positionner ? Prendre ses bénéfices ?

Petit tour d’horizon…

J’irai à l’essentiel, car Sylvain Mathon vous présentera demain un panorama détaillé des fondamentaux très porteurs du marché du coton, qu’il suit de très près.

Cours du coton en US cents la livre à New York

Cours du coton en US cents la livre à New York

L’ogre chinois détraque les équilibres
Ce pays est le plus gros consommateur de la planète. Et bien sûr, sa production ne suffit pas à le satisfaire. Il est donc obligé de « ponctionner » sévèrement le marché international.

Or cette année, ces ponctions sont en hausse et pesantes :
En hausse, parce que la production chinoise de coton a chuté de 6,3% (à 6 millions de tonnes) pour cause de destruction climatique. La Chine doit donc importer davantage.

Pour vous donner un ordre de grandeur, les importations chinoises de coton (2,84 Mt) étaient en hausse de 86% sur 2010 par rapport à 2009. Et sur janvier 2011, ses importations étaient en hausse de 31% par rapport à la même période l’an dernier.

▪ Et pesantes, parce que ces ponctions arrivent à un moment où l’offre est en berne pour cause notamment d’inondations en Asie des principaux pays producteurs. Or les stocks sont très étroits.

C’est très simple : il faut quasiment rationner la demande tant l’offre est étroite et les stocks serrés :

– les stocks américains ont chuté de 68% sur les 12 derniers mois tant ils ont été ponctionnés !

– le marché est déficitaire depuis déjà quatre ans. Cela veut dire que depuis quatre ans on « tape dans le stock » pour satisfaire la demande, faute d’offre suffisante.

Aucun répit pour le coton
En décembre dernier, je m’attendais à ce que le cours du coton reste certes élevé, mais se calme dans sa hausse. Il n’en a rien été. Pourquoi ?

▪ La météo américaine en a décidé autrement.

▪ Et l’assouplissement des quotas d’exportations indiens que j’anticipais n’a pas eu lieu.

▪ Par-dessus le marché, l’Australie, grand exportateur de coton, a été début 2011 totalement inondée.

Et maintenant ?
▪ A très court terme d’abord
: je m’attends à des prises de bénéfices et une légère consolidation. Nous sommes montés très haut, trop vite.

En outre, le RSI chatouille la zone de surachat fatidique et les positions longues (acheteuses) détenues par les opérateurs sur les marchés futures sont en repli de 15%.

▪ Au-delà : les fondamentaux restent porteurs, parce que :

– nous sommes confrontés à une situation de quasi-pénurie

– la saison en cours sera, pour la cinquième année consécutive, déficitaire

– les stocks sont vides

Ce qu’il nous faut absolument suivre :
▪ Il nous faudra surveiller de très près la production mondiale pour la saison nouvelle qui s’ouvre au 1er août.

La production mondiale est attendue en forte hausse de 11% et devrait atteindre un niveau record de 27,6 Mt. En effet, la flambée des cours motive les agriculteurs à planter plus de coton !

La Chine a annoncé une hausse de 14% (à 6,8 Mt) de sa production.

Ces « arrivages à venir » de coton l’an prochain aideront à reconstituer un peu les stocks et feront certainement baisser les cours du coton.

Suivez La Niña. A priori, ses effets devraient diminuer dès l’été et disparaître (espérons-le ! Car ils ont mis à feu et à sang la planète soft depuis l’été dernier) à l’automne.

▪ Suivez l’évolution des plantations qui commencent dans un mois dans les régions sud des Etats-Unis (plus gros exportateur mondial). Au jour d’aujourd’hui, les sols sont desséchés et le climat sec n’arrange rien. La terre manque d’humidité. Ce qui n’est pas de bon augure…

Last but not least… Le rapport mensuel du département américain de l’Agriculture (USDA) sur l’offre et la demande de coton sort jeudi. Il devrait confirmer la situation. Mais surtout apporter un éclairage sur les perspectives. Il est très attendu.

[NDLR : Et si vous souhaitez que notre expert des matières premières – Sylvain Mathon – surveille pour vous les fondamentaux du coton, il suffit de découvrir son service maintenant et de profiter du titre qu’il a sélectionné pour en faire profiter ses lecteurs : pour en savoir plus…]

Première parution dans l’Edito Matières Premières & Devises le 08/03/2011.


Photo : >>>WonderMike<<< – Flickr

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