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La croissance du véhicule électrique confirmée

par Etienne Henri
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[Dans son ensemble, l’année 2020 a été plutôt médiocre pour le secteur automobile. Les ventes de véhicules thermiques se sont effondrées. En parallèle de ce cataclysme a eu lieu un véritable miracle commercial : les véhicules électriques ont enfin trouvé leur marché. Les premiers chiffres de 2021 l’attestent, la grande bascule vers la mobilité propre s’accélère…]

L’année passée a été particulière à bien des égards, et toutes les tendances commerciales qui ont été détectées depuis mars 2020 méritent d’être considérées avec une certaine circonspection.

Je m’explique. Lorsque la moitié de la population est assignée à domicile, perçoit de l’argent gratuit tous les mois et est, disons-le clairement, désœuvrée la majeure partie de la journée, les modes de consommation sont bouleversés.

C’est pour cette raison que beaucoup d’analystes restent prudents face à l’essor – qui sera peut-être temporaire – des plateformes de collaboration en ligne, des fournisseurs de vidéo à la demande ou même du e-commerce. La même prudence méritait aussi d’être appliquée à l’automobile…

La mobilité propre creuse l’écart

Vous le savez, l’année 2020 a été dans son ensemble très moyenne pour le secteur. Ce que vous ne savez peut-être pas, en revanche, c’est que les chiffres consolidés cachent en fait un grand écart. Et il est historique.

Les immatriculations de véhicules diesel ont reculé de -33 % entre 2019 et 2020. Même la motorisation essence, qui retrouve pourtant les faveurs des clients du fait des nouvelles réglementations sur les émissions de polluants, a été boudée puisque ses ventes se sont effondrées de -40 %.

La mobilité propre a enfin trouvé son marché

En parallèle de ce cataclysme a eu lieu un véritable miracle commercial : la mobilité propre a enfin trouvé son marché. Les ventes de voitures hybrides ont augmenté de +58 %, celles de véhicules purement électriques de +159 % et les hybrides rechargeables de +301 %.

Au total, le segment “véhicules électriques + hybrides rechargeables”, qui représente les véhicules à même de limiter notre consommation primaire d’hydrocarbures à court terme, s’est apprécié de +202 % en 2020, soit 11 % des immatriculations de véhicules neufs.

Dans un marché globalement attentiste, tiré par les consommateurs les plus aisés et bouleversé par l’arrêt brutal des déplacements du quotidien, la question de la pérennité de cette tendance se posait.

Le véhicule propre continuera-t-il sur sa lancée en 2021 ? La routine du quotidien revenue, les consommateurs seront-ils encore prêts à sortir le chéquier pour acheter ces véhicules qui restent chers et dont l’autonomie laisse encore à désirer ?

Les premiers chiffres de 2021 sont tombés, et nous montrent que la grande bascule vers la mobilité propre continue cette année. Mieux encore, elle s’accélère au premier trimestre…

Toujours plus de véhicules propres

Selon les chiffres communiqués par l’association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), les trois premiers mois de l’année 2021 ont été à l’image de l’année passée.

Les ventes de voitures électriques ont encore progressé de +59 % sur un an avec 146 185 unités écoulées. L’hybride rechargeable, nouvelle coqueluche des consommateurs, connaît une hausse encore plus marquée. Alors que ses ventes étaient encore inférieures en 2020 à celles des voitures électriques, il s’est vendu au premier trimestre 208 389 véhicules hybrides rechargeables. En un an, le segment a bondi de +175 % et représente désormais 8,2 % des ventes européennes.

Au total, véhicules électriques et hybrides rechargeables s’accaparent 13,9 % des immatriculations européennes au premier trimestre.

Les immatriculations de véhicules thermiques continuent de s’effondrer

En parallèle, les immatriculations de véhicules thermiques continuent de s’effondrer : -17 % sur les motorisations essence et -20,1 % pour les motorisations diesel. La preuve est faite que le marché est en train de se décaler vers la mobilité propre…

Un indicateur, bien peu repris dans la presse mais hautement significatif, vient confirmer l’ampleur de la mutation. Au premier trimestre 2020, le nombre de véhicules propres vendus (électriques, hybrides et hybrides rechargeables) représentait 53 % des équivalents diesel. En d’autres termes, il se vendait, il y a un an, près de deux voitures roulant au gazole pour une voiture propre.

Cette année, le rapport de force a basculé. Désormais, le marché des véhicules propres représente 139 % de celui du diesel, soit une augmentation relative de +260 % des parts de marché. Il s’agit du classique “effet ciseaux” qui a lieu lorsqu’un secteur en forte croissance concurrence un secteur en déclin. En quelques années, voire quelques mois, le nouveau venu prend la tête et éclipse totalement l’ancien leader.

La batterie, enjeu central de ce nouveau marché

Tous ces véhicules propres, qu’ils soient alimentés par des énergies renouvelables, des centrales nucléaires ou des carburants fossiles (dans le cas des hybrides non rechargeables) ont un point commun. Ils ont besoin de batteries. De beaucoup de batteries.

L’année dernière, le marché des batteries au lithium était évalué à 34 Mds$ (28,5 Mds€). Selon Berkshire Hathaway, il devrait atteindre les 53 Mds$ (44,45 Mds€) d’ici trois ans. Or, le marché des batteries ressemble, à bien des égards, à celui du semi-conducteur qui a fait les gros titres en ce début d’année.

D’un côté, la construction de sites de production est extrêmement chère. Prenons l’exemple de la Gigafactory de Tesla, réputée pour être un modèle d’optimisation. Elle est capable de sortir de ses chaînes 35 GWh de batteries lithium-ion, soit assez pour équiper un demi-million de véhicules électriques. Cette usine-type, qu’Elon Musk veut essaimer sur toute la planète, coûte la bagatelle de 5 Mds$.

En parallèle, on ne compte plus les laboratoires de recherche et startups qui travaillent sur des technologies de rupture. Lorsqu’elles atteignent la maturité industrielle, elles remettent en cause tous les investissements passés. Signature de licence, changement des chaînes d’approvisionnement, modification de l’outil industriel, pour profiter des dernières innovations, les gros producteurs doivent revoir de A à Z leur organisation.

Tout le marché repose sur les batteries

Ils n’ont, en fait, pas le choix. La durée de vie des batteries, leur densité énergétique et leur robustesse face aux variations de températures sont leur talon d’Achille. Améliorer un de ces facteurs, c’est rendre obsolète les technologies actuelles et s’assurer de devenir le nouveau standard des constructeurs automobiles.

C’est pour cela qu’il est intéressant d’avoir en portefeuille des petites entreprises disposant de technologies susceptibles de bouleverser le secteur des batteries. Si les constructeurs sont ceux qui devront “passer à la caisse”, ce sont elles qui en récolteront les fruits.

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