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[Cryptos] Le naufrage du Ripple doit servir de leçon

par Arthur Toce
ripple chute bourse

[Le Ripple (XRP) boit la tasse depuis la semaine dernière. La cause ? La SEC, le gendarme financier américain, va intenter une action en justice contre Ripple Labs. Selon elle, son ICO n’a pas été conforme aux règles en vigueur – la société ayant émis et vendu ses XPR sous une mauvaise appellation et donc sans les autorisations requises… Explications.]

Coup de tabac dans le secteur des cryptommonaies, la semaine dernière, le Ripple (XRP) s’est effondré de 50 %… quand le gendarme financier américain, la SEC (Securities and Exchange Commission), a attaqué en justice Ripple Labs, l’entité derrière cette cryptomonnaie du top 5 mondial.

Ripple graphe bourse

Que reproche la SEC à l’entreprise ?

Tout simplement d’avoir enfreint la loi des marchés financiers US en vendant aux investisseurs des ripples sans suivre les règles en vigueur pour les valeurs mobilières (“securities”).

Suite à cette annonce, de nombreuses plateformes d’échanges de cryptomonnaies ont suspendu les cotations du Ripple.

Ripple Labs a répondu à la SEC en la critiquant ouvertement :

 “Aujourd’hui, la SEC a voté pour attaquer la crypto. Le président Jay Clayton […] choisit les gagnants et essaie de limiter l’innovation américaine dans le secteur des crypto-actifs pour favoriser BTC et ETH.” 

Une histoire de classification

Voilà, nous y sommes. Voici donc le cœur du problème : la SEC classe le Ripple dans la catégorie “securities” – ce qui n’est pas le cas du Bitcoin et de l’Ethereum. Et, lors de leur ICO, les créateurs du Ripple ne l’ont pas pris en compte.

Posséder du XPR revient à détenir une part de Ripple Labs

C’est vrai, pour les cryptomonnaies, être classées dans la catégorie des valeurs mobilières est un gros problème. Décentralisées à l’extrême, et considérées par le régulateur américain comme des produits ayant un comportement proche de l’or ou du pétrole, les cryptos telles que le Bitcoin et l’Ethereum, pour leur part, ont beaucoup moins de contraintes.

Mais, vous l’aurez compris, ce n’est pas le cas du Ripple qui est une crypto semi-décentralisée. Et, de ce point de vue, son comportement boursier est toujours étroitement lié à Ripple Labs qui exerce donc un contrôle quasi-total sur l’avenir du XRP. Conclusion posséder du XPR revient à détenir une part de Ripple Labs, d’où sa classification en valeur mobilière.

Et cela va même plus loin : la SEC reproche aussi aux fondateurs de Ripple Labs de posséder une vaste majorité des XRP…

Quel avenir pour les cryptos ?

Cette décision pourrait créer un précédent dans l’univers crypto-économique. Cela signifie que toutes les cryptos ne se valent pas, le degré de décentralisation compte. De fait, si on élargit la focale, certaines entreprises pourraient se voir interdire d’émettre une cryptomonnaie et de la vendre aux particuliers…

Mais, nous n’en sommes pas encore là et la planète crypto se montre résiliente. Même si le Ripple s’effondre, les autres cryptos sont toutes à la hausse, à commencer par le Bitcoin.

Je pense que nous sommes aujourd’hui au moment du “gouffre” de la courbe classique de Rogers, qui donne un modèle théorique de l’adoption des innovations.

courbe Rogers

La Courbe de Rogers théorise la diffusion de l’innovation sur un marché. Le passage des premiers adoptants à la majorité précoce signe le passage à un marché de masse. Le gouffre (the chasm) est le stade le plus difficile à passer.

Un marché qui est proche du gouffre est dans son pire moment :

  • multiplication des arnaques ;
  • trop complexe pour le besoin des consommateurs ;
  • mauvaise régulation.

On peut penser que la bulle étant passée (2018-2019), le monde des cryptos avance doucement dans la majorité précoce et se solidifie. La réaction du marché à la nouvelle de la semaine dernière nous le prouve. En février, je titrais le Bitcoin à 55 000 $. Bien que trop optimiste, ceux qui ont acheté à ce moment-là sont face à une plus-value de 250 % !

Il faut toujours se diversifier

Ce qu’il faut retenir également de cette histoire, c’est que dans un univers complexe à appréhender, il faut toujours se diversifier. C’est encore plus vrai quand on investit au début d’un cycle. Il est facile de s’enferrer dans un seul actif et de penser qu’il sera à coup sûr l’actif du siècle. La vérité est bien différente : on se plante souvent. D’où la nécessité de na pas mettre tous ses œufs dans le même panier !

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