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Cyborg – Joe Dekni, l’homme qui voulait “voir” comme une chauve-souris

par Vanessa Popineau

Cette greffe d’un genre nouveau a eu lieu à la Transpecies Society, à Barcelone.
Crédits : Joe Dekni

 

On le croirait tout droit sorti d’un album de Lady Gaga (The Fame Monster, au hasard). Pourtant, Joe Dekni n’est pas “né comme ça” (Born This Way). Ultra-tatoué, modérément piercé, ce jeune artiste espagnol a dernièrement fait parler de lui en repoussant un peu plus les frontières (du réel ?) de l’art des modifications corporelles.

En effet, mi-octobre, il s’est livré à une performance des plus insolites. Il a subi une intervention chirurgicale d’un genre nouveau – et en public s’il-vous-plaît. On lui a implanté au niveau des pommettes un dispositif technologique déroutant.

Joe Dekni est devenu un cyborg

Mon projet est de pouvoir expérimenter la possibilité d’avoir un autre sens, de percevoir le subtil.

L’idée ? Appréhender son environnement différemment et ces implants devraient lui permettre d’accéder à un sens nouveau, inédit chez les humains : la “vue” par écholocation. Un mode de visualisation de l’espace que l’on retrouve dans la nature chez certains animaux comme les chauves-souris et les dauphins.

Comme il le révèle dans les colonnes du média I-D Espanã, les raisons qui ont motivés ce choix sont multiples. Il y a d’abord une volonté de capter “le paranormal ou l’invisible” : “Mon projet est de pouvoir expérimenter la possibilité d’avoir un autre sens, de percevoir le subtil.” Mais ce n’est pas tout. Joe Dekni estime également que nous avons aujourd’hui des options technologiques pouvant nous offrir “une autre perception de la vie”, à nous de les tester ou non.

Pourtant, aussi singulière soit-elle, cette initiative n’est pas une première. En effet, déjà en 2014, le Britannique Neil Harbisson, qui était présent lors de la performance artistico-chirurgicale de Joe Dekni, se faisait poser un “eyeborg”. Une sorte de “troisième œil” conçu pour contourner son achromatopsie, pathologie visuelle rare réduisant sa vision au noir et blanc. Au lieu de percevoir les couleurs, ce dispositif lui permet au moins de les entendre.

Ces performances d’artistes “cyborg” sont les premiers pas d’un interfaçage toujours plus grand entre le corps et la machine. Ils font écho, sur le mode bizarre, à d’autres projets de prothèses robotiques comme celle que porte Johnny Matheny, qui est développée grâce à des fonds de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency, l’agence de R&D de l’armée américaine). Son bras robotique d’une valeur estimée à 120 M€ est contrôlé directement par la pensée. Cette année, il s’est donné pour objectif d’apprendre le piano, avec un certain succès.

Pour vous, ces greffes du futur sont-elles plutôt dérangeantes ou innovantes ? La technologie va-t-elle nous offrir de nouveaux sens ? Etes-vous pour ou contre ? Le débat est ouvert…

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