Accueil Energies et transports De 200 000 ans à 16 secondes : les scientifiques veulent éliminer la radioactivité grâce à des lasers de haute puissance

De 200 000 ans à 16 secondes : les scientifiques veulent éliminer la radioactivité grâce à des lasers de haute puissance

par Edern Rio
laboratoire ELI-NP

Le laboratoire ELI-NP et le dispositif du laser haute puissance.
Crédit : Thalès.

La semaine dernière, Thalès (FR0000121329 – TCFP) a rendu public son HPLS (High Power Laser System). Pour la première fois, un faisceau de lumière concentrée a atteint les 10 pétawatts. S’il est difficile de comprendre ce que cela représente, intéressons-nous plutôt au but poursuivi.

L’expérience a eu lieu dans le cadre du projet Extreme Light Infrastructure for Nuclear Physics (ELI-NP) dont le but est de faire progresser la compréhension de la structure de la matière et dont l’application concrète est rien de moins que le contrôle de la radioactivité.

C’est un pas de plus dans les recherches de Gérard Mourou, prix Nobel de Physique 2018, pour éliminer la radioactivité des déchets nucléaires et ainsi mettre d’accord les écologistes qui défendent l’atome et ceux qui le condamnent.

Comme Bill Gates, le physicien est persuadé que le nucléaire est la meilleure piste d’énergie renouvelable. Lors d’une allocution, en décembre, il avait déclaré : “L’énergie nucléaire est sans doute notre candidat pour le futur, si nous parvenons à réduire la dangerosité de ses déchets […] Le principe serait de modifier la structure nucléaire des atomes.”

Pour y parvenir, sa piste principale est de bombarder les déchets avec une lumière extrêmement concentrée. De bons résultats ont été obtenus avec le technétium, un élément atomique artificiel. La durée de radioactivité est ainsi passée de 200 000 ans à 16 secondes !

Au final, Gérard Mourou et l’industrie du nucléaire française rêvent de transmutation. S’il ne s’agit pas de transformer le plomb en or, le principe est bien le même : changer la structure même de la matière.

“Nous travaillons sur des déchets qui ont 200 000 ans de durée de vie, alors si on met 30 ans pour y parvenir, ce n’est pas très grave” déclarait son ami Benoît Deveaud à La Tribune en décembre dernier.

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