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De l’intérêt des cryptomonnaies pour les grosses transactions

par Florian Darras

L’un des aspects les plus captivants des cryptomonnaies, c’est la transparence qu’apporte leur blockchain.

Si, dans la finance traditionnelle, la plupart des opérations financières – des entités bancaires, multinationales ou autres –, restent généralement invisibles pour le grand public, avec les cryptomonnaies, c’est différent.

transaction en bitcoins

Sur l’image ci-dessus, vous pouvez voir une transaction en bitcoins (BTC) réalisée par Bitfinex, célèbre plateforme hongkongaise d’échanges de cryptomonnaies, le 10 avril dernier.

Si vous regardez le détail de la transaction sur la blockchain (qui, je vous le rappelle, est visible de tous), vous constaterez qu’à l’occasion de cette transaction, 161 500 BTC ont été déplacés d’un wallet à l’autre de la société. Soit l’équivalent de 1,14 Md$, pour un total de frais de seulement… 0,71 $ !

A cette transaction – qui n’a rien d’extraordinaire pour une plateforme de trading dans le secteur –, plusieurs constats apparaissent…

Des frais de transaction microscopiques

Pour un montant d’une telle envergure, les frais de transaction sont tout simplement microscopiques !

En l’espèce, Bitfinex a effectué un transfert d’un hot wallet vers un de ses propres cold wallet (solution de stockage dit “à froid”, c’est-à-dire hors ligne, au contraire du hot wallet, plus facilement “piratable”), ce qui est une opération en soit assez classique pour une plateforme afin de sécuriser au maximum les avoirs de ses clients. Mais l’important est que le prix aurait été le même qu’importe le destinataire et sa localisation à la surface du globe.

Les virements internationaux, de surcroît lorsqu’ils atteignent de tels montants, sont systématiquement plus chers.

1,14 Md$ transféré en 10 minutes

Pour un particulier, un transfert d’un compte de dépôt vers un autre qui lui appartient dans la même banque est en principe automatique. Mais lorsqu’il effectue un transfert à l’étranger, son virement pourra prendre jusqu’à quatre jours.

Avec le bitcoin, qu’importe où s’effectue le transfert, la validation de la transaction par les mineurs ne prendra que 10 minutes sur la chaîne de blocs principale (et elle sera instantanée sur d’autres réseaux comme celui d’EOS par exemple).

Mieux encore, avec le lightning network (LN), il n’y aucune limite dans le nombre de transactions que peut organiser le “réseau”, et ce, quasi-instantanément.

“Pour faire simple, le LN permet de réaliser des transactions de Bitcoin via un réseau secondaire par rapport à la blockchain principale – permettant une rapidité de transaction impressionnante par rapport à ce qui peut se fait à l’heure actuelle dans l’industrie financière.”

Pas de restrictions, pas de censure

Les devises virtuelles sont partout et nulle part à la fois, pourrait-on dire. La transaction ci-dessus est une bonne occasion de rappeler les atouts que revêtent les actifs numériques.

Imaginez dans notre exemple que ce soit un particulier qui fasse un virement de 1,14 Md$ (1,05 Md€), vous pouvez être certain que le Tracfin (pour Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins, soit l’organisme public chargé de la lutte contre la fraude, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme) lui collera au train, ce qui est par certains égards contestable ou non, selon où l’on place le curseur entre propriété privé, liberté et contrôle des capitaux… Un tel virement sera contrôlé, et pourra être bloqué, intercepté par les intermédiaires en présence. Avec le Bitcoin, la transparence est de mise, mais la censure impossible

A long terme, les cryptomonnaies feront certainement partie intégrante de notre monde, à court/moyen terme, il est malheureusement facile de perdre de vue cela.

Un exemple récent nous rappelle l’utilité de ces cryptomonnaies, dès qu’on fait face à des manipulations des systèmes monétaires par les autorités, mais cette fois pour les grosses comme les petites transactions. Il nous a notamment été signalé par l’essayiste et statisticien Nassim Nicholas Taleb (qui est libano-américain) dans un tweet :

Nassim Nicholas Taleb tweet crypto

“Utilisez les cryptomonnaies !”

“La Banque du Liban confisque intégralement la valeur des dépôts de devises étrangères via ses guichets. La confiance vis-à-vis des banques du Liban s’étant envolée depuis longtemps, la BDL force ses guichets à rembourser les bénéficiaires (déposants) en livres ne valant plus rien, et à lui vendre les devises fortes.”

Pour un Etat au bord du gouffre comme le Liban, le COVID-19 n’arrange pas les choses. Dans une circulaire, la BDL, banque centrale du Liban, a instauré un contrôle des changes inquiétant. Sont concernées “toutes les institutions non bancaires – comme Western Union ou OMT – qui effectuent des transferts de fonds par voie électronique d’espèces en devises étrangères en provenance de l’étranger. Ainsi, ces devises devront être désormais être versées en contrepartie en livres libanaises selon le prix du marché“, précise le journal Libanews.

Un rappel utile que la confiance dans le système bancaire, particulièrement en cas de crise, doit rester mesurée. En réponse au tweet cité plus haut, nombreux sont les gens – au rang desquels figure donc le célèbre Nassim Nicholas Taleb – qui vantent les mérites des cryptomonnaies soit en parallèle, soit comme alternative…

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