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Demain, votre carte d’identité sera sécurisée sur la blockchain

par Edern Rio
Biométrie blockchain

Hier, je vous le disais, Bibop Gresta a piqué ma curiosité avec son projet de blockchain de la mobilité, poétiquement appelé The Naked Passenger.

Et il m’a fait repenser à un projet qui m’avait fasciné il y a quelques mois.

L’action avait lieu dans la petite ville de Zoug, dans les alpages de la Suisse alémanique… Une ville que les technophiles surnomment la “Crypto Valley suisse”.

La blockchain est envisagée comme un moyen décentralisé de contrôler son identité numérique

Fidèle à son surnom, la ville s’est lancé dans une expérimentation unique au monde mais qui pourrait faire des émules : la carte d’identité digitale et cryptée.

Basé sur le protocole uPort, l’application Ethereum Zug ID permet aux résidents de Zoug de participer à la vie citoyenne de manière plus rapide en simplifiant les processus d’authentification.

Il serait par exemple possible d’assister à des votes en ligne, de payer ses taxes, de gérer son recensement, etc.

Le principe a justement été expérimenté le 2 juillet lors d’une votation locale.

Les Zougois étaient appelés à se prononcer sur des décisions municipales mineures et à indiquer comment ils pensaient utiliser leur “eID”.

Je ne connais pas la réponse aux premières questions mais je peux vous dire que :

plus de 30% des votants ont indiqué vouloir s’en servir pour payer leurs taxes ou voter ;

  • 26% pour payer leurs amendes ;
  • 4% pour emprunter des livres à la bibliothèque…
  • 4% estimant qu’il était quand même un peu compliqué d’utiliser le dispositif…

Ah j’allais oublier de vous dire que sur les 240 personnes disposant de cette carte d’identité digitale, seules 72 avaient participé à la votation !

Ces chiffres ridiculement faibles ne doivent pas vous faire penser que le principe ne prendra pas.

Je pourrais également vous parler de l’application CIVIC basée sur le même principe que mon collègue Florian Darras utilise dans le cadre de ses investissements en crypto-actifs.

En effet, les entreprises sont tenues de connaître leurs clients (KYC – Know your customer) et ce genre d’application permet de répondre à cette obligation légale. [Florian a d’ailleurs une ICO en vue très prochainement dont il espère beaucoup. Elle a lieu le 23 juillet. Vous pouvez encore le rejoindre pour en profiter…]

A vrai dire, les applications qui fonctionnent sur ce principe connaissent un véritable boom : Civic, SelfKey, uPort, BlockID, Linnia, ERC725, The Sovrin Foundation, Gravity… prochainement Naked Passenger…

Malgré un taux d’adoption très faible, la compétition est désormais très rude dans le secteur de l’identité auto-souveraine. Il paraîtrait même que Microsoft et Accenture y travaillent dans le cadre d’un projet des Nations unies qui vise à donner une identité à l’ensemble de l’humanité pour 2030.

Microsoft et Accenture travaillent sur un projet des Nations unies qui vise à donner une identité à l’ensemble de l’humanité pour 2030

Le concept d’identité auto-souveraine

On touche ici à un concept qui fait beaucoup parler de lui dans les milieux de l’innovation cryptophile, celui de “l’identité auto-souveraine”.

L’identité auto-souveraine est finalement l’équivalent digital d’une carte d’identité que vous conserveriez dans votre portefeuille. Sauf que :

  • elle n’est pas émise par un Etat, mais peut être reconnue par celui-ci tout comme par n’importe quel autre organisme ;
  • elle n’est pas stockée dans votre poche, mais stockée dans une chaîne de blocs (blockchain) et vous pouvez y accéder par le biais d’une appli (qui stocke votre clé pour décrypter les données).

Cette carte d’identité peut stocker de très nombreuses informations (permis de conduire, numéro de sécurité sociale, compte bancaire, e-mail, numéro de téléphone, etc.) et vous choisissez les informations que vous communiquez quand on vous le demande, que ce soit pour un contrôle d’identité ou pour régler un service.

Ces informations sont sécurisées, infalsifiables et seul vous et ceux à qui vous accordez une clé peuvent y accéder.

La carte d’identité blockchain, une réponse à la collecte massive de données ?

Le business model de Google et Facebook (entre autres) repose sur la récolte massive de données utilisateurs. C’est la raison pour laquelle leurs services sont gratuits. Mais du coup, ces deux acteurs en savent plus long sur vous que votre meilleur ami.

Et les récents scandales qui secouent l’entreprise Facebook (de Cambridge Analytica aux problèmes des fake news et de bulles de filtre) érodent la confiance des internautes envers les géants du web.

De même, on ne compte plus les failles de sécurité qui révèlent aux pirates des sommes astronomiques de données confidentielles.

C’est ce qu’explique Danny Zuckerman de uPort : il devient de plus en plus nécessaire de créer ce qu’il appelle “une couche d’identité” (identity layer) sur Internet.

A la différence du monde physique où les identités sont émises par les Etats et leurs organismes régulateurs, Internet a une infinité de systèmes pour vous identifier généralement basés sur un couple identifiant/mot de passe.

Outre le fait qu’il devient tellement compliqué de retenir tous ces mots de passe que nous déléguons cette tâche à des logiciels, les données stockées chez les divers acteurs d’Internet sont entièrement hors de contrôle.

Il n’y a pas de gouvernement d’Internet et il ne devrait pas y avoir de monopole comme c’est le cas actuellement. Les géants du net concentrent trop de pouvoir sur nos vies.

La réglementation RGPD est la première pierre d’un mouvement qui semble mondial et vise à rendre ce contrôle aux internautes.

Ce qui me laisse penser que le temps pourrait être venu pour ce genre de technologies.

Vous conviendrez avec moi que la carte d’identité est historiquement un moyen créé par les Etats pour contrôler leurs citoyens et leurs mouvements. Autant vous dire que même si je veux croire à cette idée d’identité numérique contrôlée par l’utilisateur car elle est belle, j’ai du mal à imaginer les Etats abandonner cette souveraineté à un dispositif technique décentralisé.

Ce n’est cependant pas si simple et nous y reviendrons. Qui sait ce que l’avenir nous réserve…

Si vous ne deviez retenir qu’une chose de cet article, c’est que la blockchain est envisagée comme un moyen décentralisé de contrôler son identité numérique. Et que même si les obstacles sont nombreux, beaucoup d’entrepreneurs du numérique travaillent sur ce concept.

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