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Le docteur cuivre a-t-il perdu son bistouri ?

par admin

Le cuivre fait son grand retour !

Les traders vont pouvoir jeter leur Tranxène, le marché du cuivre est en train de redémarrer. Lors de la LME week — le grand rassemblement des acteurs du marché des métaux organisés par la Bourse des métaux de Londres — les responsables étaient clairs : ils voient la lumière au bout du tunnel.

Cela fait maintenant deux ans que les traders attendaient cette éclaircie. Frappés de plein fouet par le ralentissement de l’économie chinoise en 2012, ces derniers ont accueilli avec le sourire le passage de l’indice manufacturier PMI chinois au-dessus des 50, signe d’expansion, depuis cet été.

Le cuivre a longtemps été surnommé le « docteur cuivre », pour sa capacité à refléter l’état de santé de l’économie mondiale. Avec le retour de la demande, le métal rouge devrait donc logiquement repartir à la hausse. Pourtant, le marché du cuivre a considérablement évolué depuis que les tours poussaient comme des bambous après la pluie dans les banlieues de Pékin. Les années 2010 risquent d’être sensiblement différentes.

Si le marché des métaux est cyclique, il ne se répète jamais.

La Chine rallume l’espoir
La demande chinoise est repartie sur des bons rythmes. Selon Thomas Keller, chief executive de Codelco, le géant du cuivre chilien, « nous avons vu une demande robuste en provenance de Chine, qui a dépassé les attentes. Nous observons une reprise modeste sur le marché américain. Et dans le cas de l’Europe, nous estimons qu’il y a des signes indiquant que nous avons touché le point bas du marché ».

Toujours pour Codelco, la progression de la demande annuelle de cuivre pourrait atteindre cette année les 7 à 8%, soit plus qu’attendu initialement. Selon la banque HSBC, la demande chinoise en métaux est aujourd’hui aussi forte qu’en 2008, alors que la croissance est passée de 10% à 7,5%. La Chine a d’ailleurs repris le chemin de la mine à l’étranger. Le groupe minier chinois Minmetals s’est ainsi déclaré intéressé pour racheter le projet péruvien de Las Bambas à Glencore Xstrata. Ce retour de la demande était déjà attendu l’année dernière.

Pourtant le temps est loin où le marché avait été en déficit sept années sur les 10 dernières. Les traders sont en train de se rappeler les fondamentaux : un marché est d’abord la rencontre d’une demande… avec une offre.

La tonne vers les 6 540$ ?
Attirés par ce marché qui ne semblait ne jamais devoir redescendre, les mineurs ont multiplié les investissements ces dernières années dans le cuivre. Le développement des gisements est sur le point de s’achever, et la production devrait arriver sur les marchés dès l’année prochaine. Ainsi la banque Macquarie a annoncé que la production mondiale pourrait augmenter d’un million de tonnes en 2014. Pour vous donner une idée, le marché pèse à peu près 16 millions de tonnes. C’est le plus fort taux d’augmentation depuis 10 ans.

Pire, la banque Barclay’s et l’International Copper Study Group ont prévu que le surplus sur le marché allait tripler en 2014, contribuant à faire baisser les prix de manière plus forte que prévu. Le marché devrait être en surproduction de 272 000 tonnes.

Codelco fait partie des principaux responsables de cette hausse. Sa mine de Mina Ministro Hales devrait par exemple ouvrir en fin d’année, et apporter 183 000 tonnes de plus au marché. Le géant public chilien a prévu d’investir de quatre à cinq milliards de dollars annuellement sur les cinq prochaines années, ce qui prolongera le surplus.

La banque Macquarie résume, « nous avons constaté que les participants de marché, dans leur ensemble, acceptaient de plus en plus l’idée que le marché du concentré de cuivre sera plus sévèrement excédentaire en 2014, même de la part des groupes miniers ».

Contre toute attente, la tendance baissière depuis 2011 pourrait bien continuer en 2014.

Selon un sondage Bloomberg réalisé parmi 22 analystes, les prix de la tonne pourraient tourner autour des 6 540$. Ils sont autour de 7 200$ aujourd’hui.

Shortez le cuivre, misez sur l’étain
Le cuivre apparaît comme une exception, car la majorité des sondages ont laissé voir une hausse des prix des métaux l’année prochaine. Selon les sondages de Macquarie, ce sont le plomb et l’étain qui mèneront la danse l’année prochaine.

L’étain sera en particulier victime de la multiplication des freins posés par l’Indonésie aux exportations d’étain cet été. Résultat, les minières juniors comme Metal X (MLX : ASX), Kasbah Resources (KASBF : OTC) ou Consolidated Tin Mines (CSD : ASX) ont décollé, de respectivement 40%, 36% t 36% depuis trois mois.

Vous l’avez compris, le plomb et l’étain sont en pôle position pour profiter de la reprise de la demande en métaux. Dans Matières à Profits, j’ai repéré une autre matière en danger, le zinc. Délaissé dans les pays occidentaux, l’arrivée à expiration de mines majeures va créer un déficit de production sur 400 000 tonnes d’ici 2016. Une minière bien implantée en Amérique du Sud sera en première ligne pour profiter de ce déficit. Actuellement au plus bas, c’est le moment de s’intéresser à cette valeur.

Bon investissement

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