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Le dôme de chaleur fait pousser les microcentrales électriques

par Etienne Henri
canicule coupure électricité

[Le réchauffement climatique, que beaucoup de spécialistes prennent pour responsable du dôme de chaleur qui a causé une canicule historique en Amérique du Nord, pourrait bien accélérer le bouleversement du paysage énergétique. Aux Etats-Unis, cet épisode climatique a en effet accentué les failles d’un réseau électrique centralisé en proie à des pannes aussi massives qu’intempestives. Résultat ? Il a fait émerger de nombreuses solutions alternatives. Et, de ce point de vue, le marché de la production locale d’électricité est promis à un bel avenir…]

Vous ne le savez peut-être pas mais, aux Etats-Unis, à certains endroits, le réseau électrique est particulièrement peu résilient pour un pays développé. Dans ces zones, les coupures d’électricité se sont multipliées cet été sous l’effet des températures record dernièrement observées dans la région. Dans ce contexte particulier, la disponibilité de l’électricité est devenue une question de survie. Aussi particuliers et résidences se sont vu contraints de déployer, de leur propre chef, des solutions alternatives.

température nord-américaines début juillet 2021

Les températures nord-américaines de début juillet n’ont plus rien de normal
Crédit : Dr Robert Rohde, Berkeley

Le dôme de chaleur a accéléré la mutation du réseau électrique

Plutôt que de confier sa vie à une grille électrique intermittente de moins en moins fiable – surtout lors des moments où elle est la plus nécessaire –, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à se doter de micro-sites de production.

Paradoxalement, cet épisode climatique extrême vient ainsi accélérer une mutation du réseau électrique qu’anticipaient depuis des années les spécialistes de la transition énergétique. Le réseau centralisé, donc sujet aux pannes massives, fait progressivement place à une multitude de points de production indépendants. Si ce mode de fonctionnement limite les économies d’échelles, il augmente la résilience globale et permet de lisser à la fois la production et les investissements.

Les méga-centrales sont mortes, vive les microcentrales ! 

Pour parer au plus pressé, ce sont bien évidemment les groupes électrogènes Diesel qui ont été installés en première urgence.

Le leader nord-américain du secteur, Generac Power Systems, a ainsi fait état d’un bond sans précédent de son activité. Au premier trimestre, son chiffre d’affaires s’est envolé de 70 % par rapport à l’année précédente, à 807 M$. Rapportée à 2019, afin de lisser un éventuel impact du COVID-19, l’augmentation est tout aussi impressionnante puisqu’elle dépasse les 71 %.

La hausse a été tirée par les ventes aux particuliers qui ont plus que doublé, à 542 M$. Du fait de ce succès éclatant, l’entreprise a revu ses objectifs 2021 à la hausse et prévoit désormais une croissance de l’activité de 40 % à 45 % sur l’année. Comblés, les investisseurs ont fait exploser le titre sur un an.

generac graphe bourse

Poussée par la croissance insolente des ventes,
l’action Generac (NYSE : GNRC) pulvérise ses plus-hauts historiques
Infographie : Investing.com

Une opportunité pour l’énergie propre 

L’avenir de la production électrique serait-il passé, en quelques décennies, des centrales nucléaires dangereuses mais peu émettrices de CO2 aux groupes électrogènes à mazout au fond de chaque jardin ?

Pas nécessairement.

D’une part, les acteurs historiques comme Generac ne sont pas totalement hermétiques aux énergies nouvelles. En plus de proposer des générateurs d’électricité thermiques, la société offre des solutions clés en main pour équiper la maison en énergies renouvelables.

Forte de son expérience dans l’équipement résidentiel, donc à destination des non spécialistes, Generac a construit son catalogue renouvelable autour d’une promesse de simplicité. En proposant dans une offre unique l’installation de panneaux solaires, le stockage local d’énergie et le pilotage par application intuitive via smartphone, la société cherche à faire de ses clients des producteurs-consommateurs totalement autonomes.

Même si l’entreprise ne fournit pas de chiffres détaillés quant à la ventilation de ses ventes, elle indiquait l’année dernière, au plus fort de la crise, que sa branche “énergies renouvelables” restait en croissance malgré la contraction générale de l’activité.

La tendance se confirme dans toute l’industrie 

Generac n’est pas la seule entreprise à profiter de l’engouement pour l’autonomie énergétique. Son concurrent Enphase, qui se consacre pour sa part totalement à la micro-production photovoltaïque, a également vu ses ventes décoller au premier trimestre.

Sur le T1 2021, ses ventes ont bondi de +46 % par rapport à l’année dernière, dépassant les 300 M$ (250 M€). En parallèle, sa marge brute a augmenté pour s’établir, en moyenne, à plus de 40 % sur la période.

Les investisseurs reconnaissent, ici encore, le plein potentiel du dossier et l’action Enphase s’octroie plus de +600 % depuis le 1er janvier 2020.

enphase graphe bourse

Le contexte boursier est tout aussi favorable aux pure players du renouvelable
Infographie : Investing.com

La production locale d’électricité est promise à un bel avenir

Avec la multiplication des événements climatiques extrêmes, qu’ils soient dus aux grands froids ou aux pics de chaleur, les interruptions de fourniture d’électricité sont amenées à se multiplier.

Les citoyens-consommateurs, face à une offre pléthorique de solutions, ne resteront pas les bras ballants et s’équiperont progressivement en capacités d’autogénération.

Qu’il s’agisse de groupes électrogènes à l’ancienne ou de solutions clés en main basées sur les renouvelables, le marché de la production locale d’électricité est promis à un bel avenir.

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