Accueil Nouvelles technologies LigoMed veut révolutionner l'e-santé

LigoMed veut révolutionner l'e-santé

par redaction

Célia Garcia-Montero
Avec son application mobile LigoMed, Mathieu Dellenbach espère améliorer la prise en charge des patients dans le cadre de l’urgence ou de la visite à domicile en numérisant les données indispensables aux professionnels de santé.

LigoMed a été conçue par un étudiant

Mathieu Dellenbach, étudiant en 8e année de médecine, a créé LigoMed, une application mobile réunissant l’ensemble des données médicales des patients. Le projet est né aux urgences de Strasbourg où il fait son internat.

Je me suis aperçu que lorsque les patients arrivent, en particulier la nuit, nous manquons d’informations à leur sujet alors que les données existent, note-t-il.

Médecins, gynécologues, allergologues… chaque praticien dispose d’informations sans nécessairement les partager. C’est pour les regrouper et les transmettre afin de garantir un suivi personnalisé lors des interventions d’urgence ou des visites à domicile que Mathieu Dellenbach a imaginé LigoMed.

LIGOMED

Crédit photo : Hacking Health Camp


En entrant sur LigoMed le nom et l’adresse du patient, le professionnel de la santé pourra accéder au carnet de santé numérique de ce dernier.

Il faut que les patients sachent qu’il y a un médecin à l’autre bout, insiste Mathieu Dellenbach.

Le jeune urgentiste a présenté son projet lors du hackathon de l’Hacking Health Camp 2015, une manifestation sur le futur de la santé, avec son confrère Etienne Quoirin et les développeurs Xavier Hurst et Raphaël Antoine. L’équipe avait 48h pour présenter une idée novatrice.

L’événement regroupait les acteurs nécessaires à l’élaboration du projet : les agence des systèmes d’informations partagés de santé, la Cnil, les médecins… Tous ont pu nous orienter, se rappelle-t-il.

L’application lui a valu le Samsung Award et le titre honorifique Best Solution for Healthcare Collaboration. LigoMed a également été récompensé par le concours L’Etudiant entrepreneur innovant 2015 organisé par l’incubateur Semia.

Retard dans l’e-santé

Depuis, Mathieu Dellenbach poursuit le développement de son application en recueillant régulièrement l’avis des professionnels.

Il faut un écosystème favorable pour innover. A Strasbourg, on a la chance d’en profiter : la Ville a été labellisée MedTech et a été choisie pour expérimenter le dossier médical partagé. C’est le moment idéal pour accompagner ces évolutions.

La loi Santé du 26 janvier 2016 prévoit en effet de relancer le dossier médical partagé car seuls 600 000 dossiers ont pour l’heure été créés via le site de l’assurance maladie Ameli.
Une étude Santé du cabinet Deloitte réalisée en avril 2015 révèle qu’un Français sur deux accuse un retard en matière d’e-santé et que 87% des sondés sont intéressés par la transmission électronique de données avec les professionnels.

Notre monde relationnel est régi par les réseaux sociaux. Pourquoi le monde de la santé ne le serait-il pas aussi ?, souligne Mathieu Dellenbach.

Soucieux de répondre à tous les besoins, Mathieu Dellenbach planche sur diverses fonctionnalités :

L’application serait comme un carnet de santé numérique. Dans la fiche du patient, on pourrait indiquer s’il est donneur d’organes ou pas, quel est son groupe sanguin et l’état de ses vaccins. De même, elle pourrait permettre un suivi de grossesse.

Le jeune homme souhaiterait rendre accessible LigoMed aux premiers utilisateurs dans quelques mois.

Cela m’a pris un an pour mettre tout le monde autour de la table. Je compte arriver à un prototype fonctionnel pour le Samu présentant les dossiers médicaux sur tablettes avant la fin de l’année.

“Le patient prendra le pouvoir sur sa santé”

A l’heure actuelle aucun leader du marché ne propose une telle offre.

Il existe de nombreuses applications pour contrôler sa santé mais aucune n’est en lien avec des médecins. Et ces offres ne s’intègrent pas au parcours de soins, elles sont davantage orientées sur le bien-être que sur la santé, constate Mathieu Dellenbach, conscient des opportunités qui s’offrent à lui.

Pour le médecin, LigoMed pourrait aussi donner au patient un rôle plus actif dans son parcours de soins.

Le patient prendra le pouvoir sur sa santé. Ouvrir la santé au numérique est une révolution dont on ne mesure pas encore l’impact : cela va complètement changer la façon de pratiquer, de faire des études et de la recherche. On ne fera pas que de la médecine prévention mais aussi de la médecine prédictive”, estime Mathieu Dellenbach, qui se réjouit du futur de la médecine mais reste conscient des défis à relever en matière de respect de la vie privée et de protection des données. “Pour le modèle économique, je voudrais que cela soit gratuit pour les particuliers. On est dans un système où la santé est un bien accessible à tous, il faut que l’application garde cet esprit.

Soyez le premier informé des dernières Opportunités Technos directement dans votre boîte mail

Articles similaires

Laissez un commentaire