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Après les élections italiennes, le retour du politique ?

par Cécile Chevré
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Assistons-nous à un retour du politique sur la scène financière internationale ?
Tout pourrait avoir commencé avec l’élection de Donald Trump. Le candidat républicain a fait, entre autres, campagne contre l’establishment politique et financier et prenant la Fed de Janet Yellen pour cible. Certes, sitôt élu, Trump a notablement infléchi son discours, se découvrant de nombreux points d’accord avec Yellen et saluant son travail.
Malgré tout, au cours des derniers mois, ce sont plus souvent les déclarations/promesses/victoires/échecs de Trump qui ont fait l’humeur des marchés que les déclarations de la Fed.
Après des années de domination sans partage sur Wall Street, la banque centrale américaine doit partager sa couronne.
Dernier exemple en date : la décision de Trump d’imposer des taxes sur l’importation d’acier et d’aluminium qui a fait sérieusement décrocher les marchés la semaine dernière.
Le nouveau président de la Fed, Jerome Powell, semble lui aussi revoir le périmètre d’action de son institution. Jusqu’à présent, dans ses déclarations, il a clairement privilégié le rôle de la banque centrale comme soutien de l’économie américaine à celui d’ange-gardien des marchés financiers.
Lors de sa récente audition par le Congrès, Powell a souligné la bonne reprise de l’économie américaine, reprise qui justifiait une poursuite de la politique de resserrement monétaire. Et qu’importe, si les marchés financiers n’ont aucune envie de voir le flot de liquidité se réduire.
Les corrections de ces dernières semaines n’ont donc pas décidé le président de la Fed à déclencher son “Put Powell”.
Cette position n’est surement pas tenable sur le long terme ou en cas de krach plus violent des marchés mais, en attendant, la Fed fait très manifestement un pas en arrière.
Du côté européen, le résultat des dernières élections italiennes sont venues rappeler que la rhétorique anti-finance, anti-banque centrale et anti-européenne avait encore de beaux jours devant elle. Quel que soit le résultat des tractations entre les différents partis pour former une majorité, celle-ci devra prendre en compte les revendications peu favorables à l’euro et à la BCE, et compter sur un peu plus de dissensions entre membres historiques du projet européen. Une nouvelle démonstration du retour du politique sur le devant de la scène.
[NDLR : Votre banque peut-elle résister à une nouvelle crise dans la zone euro ? La réponse est ici…]
Après Yellen, cela sera autour de Mario Draghi de quitter son poste de président de la BCE l’année prochaine. Cela sent la fin d’une époque, celle où les banquiers centraux faisaient la pluie et le beau temps sur les marchés. Faut-il s’en réjouir ? Nous verrons…
En attendant, et alors que Draghi n’a pas encore tiré sa révérence, le résultat de la réunion de la BCE de jeudi prochain sera à surveiller de près. Du côté des marchés, Wall Street a fait hier le pari que Trump reviendrait sur l’annonce d’une instauration de taxes sur l’aluminium et l’acier face à l’opposition internationale mais aussi en interne, jusque dans son propre parti.

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