Accueil Energies et transports Embargo sur la Russie : une France sans gaz et sans pétrole

Embargo sur la Russie : une France sans gaz et sans pétrole

par Etienne Henri
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Après le gaz, c’est désormais l’or noir russe qui est dans le collimateur des instances européennes. Nous entrons ainsi de plain-pied dans l’économie de guerre. Sans jugement de valeur quant à la pertinence de la politique menée par l’Europe face à la Russie, force est de constater que certains seront les payeurs et d’autres les bénéficiaires de la réorganisation qui s’opère…

Nous entrons ainsi de plain-pied dans l’économie de guerre

Dernièrement, l’actualité énergétique a été dominée par les annonces de la Commission européenne. Cette dernière, par la voix de sa présidente Ursula von der Leyen, a annoncé le 4 mai dernier une interdiction progressive des importations de pétrole en provenance de Russie.

Après le gaz, c’est désormais l’or noir russe qui est dans le collimateur des instances européennes. Nous entrons ainsi de plain-pied dans l’économie de guerre. En privant les importateurs de cette possibilité d’acheter du brut et des produits pétroliers, l’Europe imposera aux agents économiques une inflation importée massive.

Vers un nouveau choc économique

Prenons le cas de la France : le pétrole et ses dérivés proviennent à plus de 13 % de la Russie. Si cela n’a l’air de rien, cela fait de la Fédération notre partenaire privilégié. Nous importons plus de produits pétroliers de Russie que des Etats-Unis – et, en réalité, que de n’importe quelle autre zone géographique au monde.

 

Répartition des importations de pétrole

Répartition des importations de pétrole (et dérivés) français (source : Eurostats)

Aucune économie ne peut se priver de commercer avec son principal fournisseur sans dégâts colossaux. Et, contrairement au gaz, pour lequel les solutions de repli sont tellement complexes à mettre en œuvre que le spectre d’une interdiction pure et simple s’éloigne de jour en jour, la multiplicité des partenaires commerciaux pour l’importation de pétrole rend la mise en place de ces nouvelles sanctions contre la Russie beaucoup plus crédible.

Aucune économie ne peut se priver de commercer avec son principal fournisseur

Si la Commission européenne est prête à nous infliger un nouveau choc économique et une nouvelle poussée inflationniste, elle pourra le faire de manière bien plus insidieuse qu’en interdisant les importations de gaz.

Lorsque les acheteurs européens ne pourront plus acheter de pétrole russe, ils devront se tourner vers d’autres fournisseurs. Ils seront probablement livrés mais, n’ayant plus accès au pétrole abondant et peu cher de Moscou, ils verront leur facture énergétique augmenter.

Les usines ne seront pas du jour au lendemain à l’arrêt : tout au plus fermeront-elles discrètement quelques mois plus tard lorsqu’elles auront déposé le bilan.

Les citoyens-consommateurs français et européens assumeront, bon gré mal gré, ce geste politique. De leur côté, les Etats-Unis et les producteurs du Moyen-Orient se frotteront les mains.

Certains paieront l’addition, d’autres en profiteront

L’avenir énergétique de l’Europe s’annonce de plus en plus compliqué pour la fin d’année.

Si les consommateurs verront leur pouvoir d’achat laminé par l’inflation, les investisseurs dans les énergies renouvelables profiteront du besoin croissant en indépendance énergétique.

Sans jugement de valeur quant à la pertinence de la politique menée par l’Europe face à la Russie, force est de constater que certains seront les payeurs et d’autres les bénéficiaires de la réorganisation qui s’opère.

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2 commentaires

Flamme 23 mai 2022 - 17 h 03 min

Encore un site pour faire peur à la rue.
Des guerres il y en a eu et il y en aura encore.
Tout va de ça de là mais une chose est certaine le cycle humain comme nous le voyons touche à sa fin

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Philippe ERHART 18 juin 2022 - 18 h 34 min

Bien vu, depuis un siècle les Etats Unis sont à la manoeuvre pour faire ou mieux faire faire des guerres loin de leur territoire, et être ainsi, dans tous les cas, le vainqueur économique de ces conflits.
Ici, une nouvelle demonstration, avec un soutien total à l’Ukraine, assorti de sanctions contre la Russie qui au pire n’ont aucune incidence sur l’économie américaine (autosuffisants en énergie et produits alimentaires) mais qui en réalité leur ouvrent de nouveaux marchés. Et cerise sur le gateau, ils entrainent les européens dans la même politique, sauf que pour l’Europe cette politique est suicidaire…

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