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Energie : l’investissement contrarien de 2020

par Etienne Henri
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Que les pétroliers s’accordent à dire que la fin de l’utilisation du pétrole est inéluctable et que les écologistes la souhaitent la plus rapide possible ne fait pas du secteur un investissement perdant sur le long terme.

A l’heure où les enjeux sanitaires paralysent l’économie mondiale et où la lutte contre le réchauffement climatique est sur toutes les lèvres, qui se soucie encore de l’énergie ?

Plus grand-monde, à vrai dire.

La question de la durabilité de l’accès à l’énergie, qui inquiétait tant les professionnels du secteur avant la crise des subprime, a été reléguée au second plan des discussions politiques et économiques.

L’arrivée de nouvelles techniques de forage a donné un coup de fouet à la production de pétrole et de gaz naturel, retardant d’autant le tant redouté peak oil, date à laquelle les pétroliers prévoient une baisse irréversible de leur production.

L’amélioration du rendement des panneaux solaires et la baisse du coût des batteries, de leur côté, ont contribué à donner confiance dans le potentiel des énergies renouvelables.

Enfin, les hoquets de la croissance mondiale ont envoyé à plusieurs reprises le prix du baril de pétrole au tapis. Avec 77 % de baisse en 2008, 74 % de baisse entre 2014 et 2016, 43 % de baisse fin 2018 et 50 % de baisse depuis le début d’année, le baril de brut a donné des sueurs froides aux investisseurs.

prix du baril de WTI

L’évolution du prix du baril de WTI depuis 2007 a donné des sueurs froides à bien des investisseurs. 

En période de stagnation du cycle économique, et plus particulièrement cette année où certaines préoccupations urgentes monopolisent l’attention des investisseurs, le secteur de l’énergie est totalement oublié.

Pour quiconque souhaite investir sur le long terme, le moment est donc venu de faire ses emplettes et d’envisager de se renforcer sur les actions des producteurs d’énergie tant qu’ils sont hors du radar des investisseurs.

Pourquoi l’énergie ne sera jamais ringarde 

Comme l’oxygène de l’air que nous respirons, nous oublions volontiers le rôle central de l’énergie dans l’économie mondiale. Production, transport, et mêmes services : tous ces secteurs sont dépendants de la disponibilité d’une énergie fiable et peu chère.

Le discours actuel vante volontiers la décorrélation entre création de richesse et consommation d’énergie. Sans nier l’impact de l’amélioration de l’efficacité énergétique (il est toujours possible de faire la chasse au gaspillage), il est illusoire de croire qu’il sera un jour possible de créer des biens et des services sans consommer d’énergie.

Lorsque la production de métaux et de verre, tout recyclables qu’ils soient, aura été relocalisée près des consommateurs, bonne chance pour faire fonctionner les hauts-fourneaux et fonderies sans énergie ! Même l’économie immatérielle n’échappe pas aux lois de la thermodynamique. Prendre le métro pour aller travailler sur un ordinateur toute la journée dans un bureau climatisé est bien moins pratique sans électricité…

Quelles que soient les sources primaires que nous utilisons, fossiles ou renouvelables, nous n’avons pas fini de consommer de l’énergie.

Que les pétroliers s’accordent à dire que la fin de l’utilisation du pétrole est inéluctable et que les écologistes la souhaitent la plus rapide possible ne fait pas du secteur un investissement perdant sur le long terme. Cela signifie simplement que les producteurs d’énergie devront s’adapter de gré ou de force.

Malgré tout, ils auront toujours des clients pour acheter leurs produits – et c’est bien là tout ce qui compte dans un investissement.

Les majors en pleine mutation

Les grands pétroliers sont dans une situation inédite.

Ils disposent d’une activité historique, l’exploitation de pétrole et de gaz naturel, en voie d’extinction. Ce n’est, pour l’instant, pas la baisse de la demande qui l’explique (les pays émergents sont toujours plus gourmands en énergie et les fossiles restent l’énergie la plus propre, la plus pratique, et la moins chère à exploiter), mais la baisse des capacités de production (hors USA) et un environnement législatif toujours plus contraignant visant à limiter les émissions de CO2.

Face à cette situation, ils ne restent pas les bras ballants. Les investissements dans les énergies renouvelables des “big six” (BP, Shell, Chevron, Total, Eni et Exxon) se comptent désormais en milliards de dollars par an pour chacune des compagnies.

Dans la plus grande discrétion, ils sont en train de passer du statut d’extracteurs d’énergies fossiles à celui de producteurs d’énergies renouvelables. La pérennité de leur activité semble donc assurée, tant au niveau de la demande que de leur capacité à y répondre.

L’énergie : opportunité de la décennie

Le désamour des investisseurs pour le secteur de l’énergie et la baisse récente des marchés mondiaux offrent un point d’entrée rare pour les investisseurs contrariens.

Le prix des majors est au plus bas, comme le montre l’évolution de l’ETF dédié de Vanguard (NYSE:VDE).

évolution ETF Vanguard (oil)

L’ETF est revenu, à la faveur de la correction de ces derniers jours, sur ses niveaux de 2010. Son évolution reflète celle de la quasi-totalité des grands producteurs d’énergie dont le rendement moyen dépasse désormais les 5 %.

Si vous souhaitez vous assurer de généreux dividendes et une croissance de votre capital sur le long terme, le moment est venu de remettre les producteurs d’énergie dans votre portefeuille. En cette période d’incertitude et fuite vers la sécurité, les grosses mains ne resteront pas longtemps insensibles à leurs charmes !

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