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EnR : Huawei tient sa revanche en misant sur le solaire

par Etienne Henri
Huawei énergie solaire

Profitant de la diversion géopolitique offerte par l’épidémie de coronavirus et l’invasion de l’Ukraine, Huawei revient sur les marchés occidentaux. Et ce, par le biais des énergies renouvelables. Le groupe propose désormais des solutions de gestion de l’énergie issues de panneaux solaires et parvient ainsi à renouer avec la croissance. Une stratégie gagnante dans un marché amené à décupler !

Le Chinois Huawei revient sur les marchés occidentaux par le biais des énergies renouvelables

La téléphonie est morte, vive les énergies renouvelables ! En tout cas pour le Chinois Huawei. Sacrifié technologiquement et commercialement sur l’autel de la guerre sino-américaine, le groupe s’est trouvé une nouvelle vocation – et, au passage, un beau relais de croissance.

Impossible de fabriquer des téléphones portables compétitifs du fait de l’embargo sur les puces les plus performantes ? Interdit d’inclure l’écosystème Androïd, qui reste pourtant incontournable hors du pré carré d’Apple ? Envolée la perspective de surfer sur l’arrivée de la 5G en Occident pour reproduire le miracle commercial de la 4G ? Qu’à cela ne tienne !

Profitant de la diversion géopolitique offerte par l’épidémie de coronavirus et l’invasion de l’Ukraine, Huawei revient sur les marchés occidentaux. Et ce, par le biais des énergies renouvelables. Valorisant son expertise dans l’électronique et la gestion de réseaux complexes – acquise à l’époque où l’équipementier était la star des réseaux de téléphonie sans fil –, le groupe propose désormais des solutions de gestion de l’énergie issues de panneaux solaires.

Dans un secteur en pleine explosion, son positionnement savamment étudié lui permet d’éviter les sanctions et réglementations douanières contraignantes, tout en ménageant la susceptibilité des autorités locales. Il parvient ainsi à retrouver le chemin de la croissance – une prouesse après des années de contraction ininterrompue de son activité de téléphonie sur le Vieux Continent.

Un secteur très demandeur d’équipements annexes 

Il est de notoriété publique que la production d’électricité d’origine solaire ne cesse d’augmenter (je vous en ai déjà parlé ici). En 2020, 19 GW de capacité de production ont été installés en Europe. En 2021, ce nombre est monté à 25,9 GW, soit une augmentation de +34 % en pleine pandémie. La même tendance se retrouve à l’échelle planétaire. L’année passée, 168 GW de panneaux solaires ont été installés, et ils devraient être plus de 200 GW cette année.

Le cap hautement symbolique du térawatt (1 million de mégawatts) de capacité de production d’électricité solaire a été atteint, selon les estimations de SolarPower Europe, le mois dernier.

Or, si les clients et les pouvoirs publics se focalisent souvent sur les cellules photovoltaïques, qui convertissent la lumière du soleil en énergie électrique, ils oublient que les panneaux bleutés que l’on voit dans les champs et sur nos toits ne sont pas autonomes. De la même manière que le système de propulsion d’une voiture est plus complexe que son seul moteur, une unité de production d’électricité solaire nécessite des composants annexes pour réguler, stocker et injecter l’énergie qui sort des panneaux.

Electronique de régulation

Moins visible que les panneaux solaires, l’électronique de régulation est tout aussi nécessaire
(photo : Huawei)

Ces équipements mettent en jeu de l’électronique de puissance, des notions de gestion de réseau, du logiciel embarqué et des interfaces de pilotage… Tout comme les réseaux de téléphonie mobile dans lesquels Huawei avait acquis une expertise mondialement reconnue.

Ils ont en outre l’avantage d’être relativement épargnés par les barrières règlementaires et douanières. Les panneaux solaires, du fait de l’hégémonie bien visible de la Chine dans le domaine, sont soumis à des droits d’importation importants. L’Europe applique, par exemple, des taxes douanières allant de 3,2 % à 75,4 % aux panneaux produits par certaines entreprises chinoises lorsqu’ils passent les frontières du Vieux Continent. Les Etats-Unis, qui restaient un des leaders mondiaux jusqu’aux années 2010, ont également imposé des barrières douanières à partir de 2012 pour contrer l’essor de la Chine. Elles ont débuté à 30 %. Et, si elles ont été progressivement réduites, elles restent actuellement de l’ordre de 15 %.

Du côté des équipements de régulation, les choses sont plus simples. Ils n’entrent pas dans le champ des taxes à l’importation qui visent les modules solaires. Mieux encore pour Huawei, leur certification aux normes européennes et américaines, coûteuse et compliquée, fournit une barrière à l’entrée supplémentaire qui avantage le groupe par rapport aux startups qui pourraient être tentées de s’engouffrer dans la brèche.

Les onduleurs : déjà un marché de masse 

Les investisseurs ne doivent pas négliger le potentiel commercial de ces équipements intermédiaires.

Le premier indice de l’importance du marché est qu’il est déjà occupé par des grands noms de l’électronique. Outre Huawei, le Chinois Sungrow s’est lui aussi positionné sur le créneau. En Europe, Schneider Electric, ABB ou encore l’Allemand SMA Solar Technology sont bien implantés et bénéficient d’une image de proximité et de sérieux.

Face au nationalisme économique et industriel, Huawei applique la recette qui lui avait porté chance dans les équipements de télécommunication. Le groupe offre à ses clients une qualité irréprochable, un service et un accompagnement incomparables, le tout à un prix défiant toute concurrence.

Une stratégie gagnante dans un marché amené à décupler


Les résultats se font déjà sentir. Après avoir fait ses preuves en Chine en équipant une méga-centrale photovoltaïque de 7 millions de panneaux solaires sur 56 km² dans la province du Qinghai, Huawei s’est progressivement rapproché de nos frontières en remportant des contrats de prestige.

En Arabie saoudite, le groupe va fournir le projet Red Sea, un complexe de luxe de 8 000 chambres qui sera alimenté à 100 % en énergies renouvelables. En Turquie, il équipera la plus grande centrale photovoltaïque sur toiture au monde construite par le sidérurgiste Tosyali Holding (140 MW sur 632 m² ).

En parallèle, Huawei mise sur le résidentiel pour se positionner sur le segment B2C (business to consumer, la vente aux particuliers). Ce marché représente des installations de plus petite ampleur (quelques kW), mais infiniment plus nombreuses. Déjà, les installateurs européens sont de plus en plus nombreux à opter pour les onduleurs et batteries « prêts à l’emploi » de Huawei.

 

Electricité solaire domicile

En Europe, Huawei mise sur la production d’électricité solaire à domicile (photo : Huawei)

La stratégie est gagnante. Les ventes hexagonales ont doublé l’année passée, et la division « électricité photovoltaïque » représente déjà près de 10 % du chiffre d’affaires de la marque. D’ici l’année prochaine, la croissance devrait être de 20 % à 30 %… et les prochaines années devraient être encore plus lucratives.

En 2021, l’Hexagone comptait 13 GW de capacité de production reliés au réseau, à l’origine de 3 % de l’électricité produite sur le territoire. En fin d’année prochaine, la puissance devrait atteindre 20 GW. D’ici 2050, elle devrait dépasser les 100 GW selon la feuille de route dévoilée par le gouvernement au mois de novembre.

Dans ce marché amené à décupler, même les niches d’activité seront capables de créer des fortunes industrielles. De quoi faire oublier à Huawei sa déroute occidentale dans la téléphonie…

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2 commentaires

averous 16 juin 2022 - 17 h 37 min

Bonjour,cette initiative est tres, tres interessante,surtout pour les riches et les connaisseurs,qui ont les moyens pecunieres de s’abonner!il n’en demeure pas moins qu’a ma connaissance c’est AGORA qui est le plus complet et le plus precis quant a ses recommandations.Bravo !!!

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averous 16 juin 2022 - 17 h 39 min

mon commantaire n’est pas parti !!!!

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