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Facebook face au régulateur : une amende de 5 Mds$ ?

par Ray Blanco

À un moment donné, toute entreprise évoluant dans un secteur en plein essor s’expose à rencontrer le régulateur. Parfois, les sociétés prises dans ce tourbillon survivent et prospèrent. Parfois, elles s’écroulent net et disparaissent.

Aux États-Unis, le secteur de la viande demeure colossal et prospère, malgré les réglementations draconiennes intervenues suite aux révélations sidérantes d’Upton Sinclair sur la corruption présente dans ce secteur. Le livre est paru en… 1905 ! Comme quoi l’intérêt pour les problèmes sanitaires ne date pas d’aujourd’hui.

En revanche, le secteur du charbon ne survivra probablement pas. En l’espèce, je ne prends pas position sur le plan politique. C’est un fait, tout simplement. Les réglementations nécessaires à la mise en œuvre d’un « charbon propre » sont trop coûteuses, et le secteur est en perte de vitesse. Qu’on le veuille ou non.

Mais venons-en à ce qui nous intéresse aujourd’hui. Les régulateurs ont un nouvel ennemi public n°1. Il s’agit des réseaux sociaux, et plus particulièrement de Facebook (US30303M1027 – FB), le plus grand d’entre eux. Les requins rôdent autour de l’entreprise en brandissant une amende de 5 Mds$.

Les régulateurs : amis ou ennemis ?

En général, la réglementation a pour vocation de nous protéger, vous et moi. En général, elle garantit la santé et la sécurité de la population.

La ceinture de sécurité est l’exemple le plus simple qui me vienne à l’esprit : elle sauve réellement des vies. Et elle ne revient pas cher lorsque les constructeurs l’intègrent dans leurs voitures. C’est une bonne réglementation.

Dans le même temps, les réglementations peuvent étouffer l’innovation. Prenons l’exemple de la bataille qui oppose Uber aux syndicats de taxis. Ces combats juridiques ne sont pas rentables. C’est une énorme dépense qui empêche Uber de réaliser des bénéfices.

Bien entendu, ce n’est pas la première fois que les régulateurs tentent de tuer le co-voiturage. Vous souvenez-vous du système de co-voiturage JitneyBus ? Probablement pas, car ces « taxis partagés » ont été lancés au début des années 1900. Mais ce fut l’un des premiers « Uber » (sans smartphone certes)…

Source : Shareablenet, Ridester.com

… Du moins jusqu’à ce que les exploitants de tramway fassent du lobbying contre ce système de co-voiturage et qu’il disparaisse.

Curieusement, quelques dizaines d’années plus tard, les régulateurs (soutenus par les lobbyistes du secteur pétrolier) ont décidé que le fait d’être seul dans sa voiture s’apparentait au nazisme des années 1940 :

Source : Shareablenet, Ridester.com

 

En tant que fervent libéral, il serait négligent de ma part de ne pas dire qu’un excès de réglementations fait plus de mal que de bien.

Personnellement, je préfère de loin Uber aux vieux taxis jaunes. Et je ne suis pas le seul… D’ailleurs, ce service innovant que les gens privilégient ne devrait pas être étouffé sous prétexte qu’un concurrent n’arrive pas à se prendre en main.

Mais quid de Facebook ? Comme nous le savons tous, ce n’est pas la société irréprochable que nous imaginions. Et pourtant, malgré une déferlante d’informations néfastes, Facebook continue d’accroître sa popularité auprès des consommateurs.

Évolution des utilisateurs actifs chaque mois. La croissance continue tranquillement. Source : Facebook.

Nul ne peut arrêter ou dompter Facebook

Les problèmes de vie privée que pose Facebook ainsi que les dispositions réclamées par les régulateurs sont une affaire compliquée. Il est clair que Facebook n’a pas considéré les questions de vie privée comme une priorité. Il est clair que la société a utilisé les données des utilisateurs de façon illégale ou peu éthique.

Cela ne me pose aucun problème que Facebook ou ses dirigeants soient tenus pour responsables de leurs erreurs. Mais une amende de 5 Mds$ infligée par la FTC [NDR : Federal Trade Commission, agence gouvernementale américaine veillant à l’application du droit de la consommation, entre autres] ne représente rien pour ce géant des réseaux sociaux.

Si vous faites partie de ses actionnaires, vous pouvez respirer. Facebook est une force que rien ne peut arrêter, en tout cas pas une amende de ce montant.

Lorsque j’ai parlé à mon collègue Greg Guenthner de l’amende infligée par la FTC, il a souligné que la somme n’était pas assez importante :

« 5 Mds$, c’est une bouchée de pain, pour le roi Zuckerberg. Il a certainement beaucoup plus que ça, sous son matelas. »

Bien sûr, aujourd’hui, les dirigeants de Facebook prononcent tous des paroles appropriées en soulignant qu’ils ont l’intention de faire des questions de vie privée une priorité, voire même en nourrissant l’idée de créer un nouveau poste de Superviseur au sein de l’entreprise.

Lors de leur dernière Journée des Développeurs, Marc Zuckerberg a fait date en déclarant : « L’avenir, c’est la vie privée. » Nous verrons s’il se conforme à ces paroles…

En ce qui concerne l’action, elle n’évolue que très légèrement en dessous de ses plus hauts historiques, en ce moment, chose incroyable si l’on considère toutes les foudres qui se sont abattues sur elle cette année.

La seule leçon à retenir est la suivante : ne pariez pas contre Facebook. Contrairement à JitneyBus et aux grands groupes charbonniers, les réseaux sociaux ne vont pas disparaitre.

Et Facebook fera encore la course en tête pendant des années. Alors, n’ayez pas peur de détenir quelques actions sur le long terme. Si vous avez investi en début d’année, quand nous l’avons recommandé, vous avez déjà fait une plus-value de 40 % .

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