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Prêt à vous faire taper ?

par Cécile Chevré

Signes de panique sur les marchés. Le CAC 40 perd plus de 4% en un mois, et Wall Street enchaîne les séances de baisse. La raison ? Mais voyons, cher lecteur, vous ne savez pas (je suis sûre que si) ? La Fed bien sûr !!!

Vous le savez, depuis septembre, j’en ai ras la casquette de la Fed et de son indécision. Après avoir fait trembler les marchés depuis mai dernier en annonçant une réduction de son quantitative easing (dit aussi taper), la banque centrale américaine s’est rétractée en septembre dernier.

Depuis, elle joue avec nos nerfs en laissant entendre que le taper ne serait pas envisageable avant mars prochain ou en l’annonçant pour bien plus tôt que cela. Il y a quelques jours, c’est James Bullard, le président de la Fed de Saint-Louis qui donnait de nouveau du grain à moudre aux marchés en déclarant que lors de la prochaine réunion de son comité monétaire, la Fed pourrait adopter un premier tapering. Or cette réunion est prévue les 17 et 18 décembre prochains. Cette possibilité, je l’avais évoquée dès octobre dernier. Reste que, comme l’expérience récente nous l’a prouvée, la Fed est plus qu’imprévisible et qu’il me semble difficile de prendre des paris sur ses choix.

L’économie américaine va mieux, Wall Street fait grise mine
Et cependant l’hypothèse d’un tapering dès les jours qui viennent gagne de la crédibilité, alors que les derniers chiffres américains montrent une amélioration de la conjoncture économique.

Le PIB américain a en effet progressé de 3,6% au troisième trimestre, contre 2,8% en première estimation. Soit la plus forte croissance trimestrielle depuis 1998.

Ensuite, le marché de l’emploi américain montre d’évidents signes d’amélioration. Le taux de chômage est tombé à 7% en novembre dernier, son plus bas niveau depuis 2008. Mais surtout, les créations d’emplois dépassent les 215 000 en novembre dans le secteur privé — soit le meilleur mois depuis le début de l’année — et celles d’octobre ont été revues à la hausse de 130 000 à 184 000…

Enfin, le marché de l’immobilier montre lui aussi des signes d’amélioration. Les ventes de logements neufs ont augmenté de 25,4% octobre.

Evidemment, ces chiffres cachent comme toujours une réalité plus en demi-teinte. L’activité non manufacturière a ainsi reculé en novembre dernier, avec un indice ISM en baisse de 1,5 point à 53,9. Soit son plus bas niveau depuis juin dernier.

Les stocks des entreprises atteignent quant à eux des niveaux préoccupants. A 16,5 milliards de dollars au troisième trimestre, ils ont doublé par rapport au trimestre précédent. Or ils ont largement contribué à la forte progression du PIB américain (représentant 1,7 point sur les 3,6% de croissance enregistré par le PIB).

Le problème, c’est que ces stocks risquent de peser fortement sur les résultats des entreprises et donc la croissance au prochain trimestre si la consommation ne suit pas. Or, lors des jours qui ont suivi Thanksgiving et traditionnellement dévolus aux achats (Black Friday et Cyber Monday), les ventes les magasins traditionnels ont été bien en dessous des attentes. Heureusement que les ventes sur sites de commerce électroniques sont venus sauver la consommation américaine…

Quand le Congrès s’en mêle…
Malgré tout, les marchés, qui restent souvent à la surface des chiffres, sentent approcher le moment où la Fed voudra réduire ses achats de bons du Trésor. Et ce d’autant plus que le Congrès américain est à deux doigts de lever une des incertitudes qui pesait sur l’économie américaine : un nouveau shutdown, après celui de 16 jours qui a bloqué une partie de l’administration américaine en octobre dernier.

Les négociateurs républicains et démocrates sont en effet parvenus à un accord sur le budget 2014. Ce n’est qu’une première étape mais si cet accord était adopté par le Congrès, celui-ci retirerait une énorme épine du pied non seulement du président Obama, de la Fed et surtout de l’économie américaine.

Que peut-il se passer ?
Dans sa Stratégie du jour, Simone Wapler émet l’hypothèse que la Fed serait en train de préparer une nouvelle entourloupe monétaire :

“Pour pouvoir réduire l’injection de fausse monnaie, il faut trouver un autre artifice. Il semblerait que ce soit le dégonflement imposé de la ‘monnaie centrale’ selon The Wall Street Journal. C’est bien évidemment de la création monétaire, mais sous une autre forme.

La base monétaire ou monnaie centrale désigne les pièces et billets en circulation et les avoirs monétaires déposés par les banques commerciales auprès de leur banque centrale. Il y en a actuellement pour 2 500 milliards de dollars. La Fed verse aux banques 0,25% d’intérêt annuel sur ces sommes. L’idée serait de ‘punir’ les banques en leur imposant un taux d’intérêt négatif. Les banques seraient ainsi forcées de prêter (ou de spéculer) pour éviter de perdre de l’argent.

2 500 milliards de dollars = 2,5 années de QE. Et hop, on pourra faire du taper d’un côté en ouvrant un autre robinet de l’autre côté…”

De mon côté, je rappellerai quelques principes de base :

1. La Fed ne peut pas arrêter complètement son soutien à l’économie américaine — juste le réduire ;
2. A aucun moment jusqu’à présent, elle n’a envisagé de remonter ses taux directeurs, qui devraient donc rester à zéro pour un bon moment encore ;
3. Comme je vous l’expliquais dans une précédente Quotidienne, des analyses de Goldman Sachs ont suggéré que la Fed pourrait revoir à la baisse son objectif de taux de chômage maximum. Actuellement, il est à 7%. Mais il pourrait être abaissé à 6%. Ce qui donnerait à la banque centrale américaine une bonne excuse pour poursuivre sa politique accommodante ;
4. Relisez le point 1. C’est le principal.

Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
De nouvelles perturbations boursières à court terme.
[Turbulences boursières, volatilité, retournements inattendus, krachs… PERTES INCONTROLABLES : PLUS JAMAIS ÇA ! Vous pouvez maîtriser les marchés — et votre portefeuille… et cela en seulement 20 minutes par semaine. Continuez votre lecture pour tout savoir]

Et à long terme, des risques maintenus d’inflation et de dégringolade des monnaies fiduciaires.

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