Accueil Internet & CommunicationsIndustrie du jeu vidéo Google aux manettes du cloud gaming : conséquences et perspectives

Google aux manettes du cloud gaming : conséquences et perspectives

par Arthur Toce

Mardi 19 mars, Google a sorti l’artillerie lourde en annonçant Stadia. Stadia c’est quoi ? C’est une plateforme propriétaire de Google qui ne sert qu’aux jeux vidéo, contrairement à d’autres services comme celui du Français Shadow qui lui propose une instance Windows dans le cloud. Avec Stadia, Google s’attaque au segment du cloud gaming avec une toute nouvelle infrastructure.

Un choix technique clair

Première conséquence : les développeurs devront utiliser la façon de programmer de Google pour faire tourner les jeux sur son infrastructure Linux adaptée. Pour attirer les joueurs sur une plateforme, il faut un catalogue. Or, quand on commercialise un cloud PC comme Shadow, tout ce qui est compatible avec Windows le devient immédiatement. Donc, les services comme Steam, Epic Game, Windows Store, etc. tournent déjà sur Shadow. Pour Google, il faut plus ou moins tout redévelopper. Il va donc falloir investir sur du contenu et attirer les développeurs sur sa plateforme. Exactement comme Microsoft a dû le faire pour remplir son catalogue Xbox ou Sony le catalogue de la PlayStation.

Pour l’investisseur, ça veut dire quoi ?

Comme dans la musique, le passage de l’achat physique au modèle d’abonnement augmente la taille du marché adressable. Mais, dans ce cas particulier, il existe un risque que l’adoption soit longue voire très longue !

Pour que le cloud gaming (Stadia) ou le cloud PC (Shadow) soient utilisables, il faut des débits descendants et montants élevés sans perte de paquets. Pour les opérateurs Internet, cela veut dire une explosion du trafic et donc des investissements !

Vous pouvez voir ci-dessous les principaux consommateurs de bande passante sur le web. 15 % pour Netflix, 11,5 % pour YouTube, 13 % pour le streaming vidéo http… La vidéo représente déjà plus de 50 % du trafic mondial et le cloud gaming serait beaucoup plus consommateur.

Le maillage en data center est aussi une clé essentielle. Les acteurs du cloud gaming doivent optimiser leurs capacités avec les meilleurs puces et cartes graphiques. Et ils doivent rapprocher leurs data centers de l’utilisateur. Plus on est gros, plus on sera capable d’optimiser la gestion du flux de données et son calcul en direct.

Qui sortira gagnant de la bataille des plateformes de cloud gaming qui s’annonce ?

Impossible de savoir lequel des géants va gagner dans ce secteur naissant. En revanche, les studios avec des licences de qualité seront courtisés. On peut donc s’attendre à voir les revenus des grands studios augmenter tant qu’une rude concurrence régnera entre les grandes plateformes.

Une chose est sûre pour les plateformes de jeu et ceux qui vendent l’accès aux jeux (consoles, plateformes de téléchargement, etc.) : ceux qui échoueront à se positionner dans ce nouveau secteur en paieront le prix et il sera fort.

La multiplication des services internet à forte valeur ajoutée (entendez à abonnement mensuel) est également un enjeu très fort pour les opérateurs télécoms. Si vous dépensez une centaine d’euros par mois dans des services de streaming, vous attendez de votre opérateur que son tuyau soit efficace. Il va donc leur falloir relancer les investissements d’infrastructure.

Pour conclure, alors qu’encore une fois la France était pionnière sur ces technologies avec le service Shadow de Blade, cette startup révolutionnaire sombrera-t-elle dans les oubliettes de la course technologique ? Serons-nous encore une fois les dindons de la farce ? Ou parviendrons-nous à faire grandir ce champion national ? Qui le rachètera ? Scale is your friend !

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