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Google cherche l’énergie qui éclipsera toutes les autres

par Etienne Henri
google énergie nucléaire

Google ne s’intéresse pas qu’à vos photos de vacances, vos données personnelles et vos déplacements. Fidèle à son ambition d’intervenir dans toutes les facettes importantes de nos vies, la firme de Mountain View se penche désormais sur la base de notre civilisation industrielle : l’énergie.

Faire une première incursion dans le secteur énergétique par ce biais revient à se lancer dans le domaine médical en commençant par travailler sur l’homéopathie.

Ses chercheurs ont publié le mois dernier un article des plus étonnants dans le très sérieux journal Nature. Ils y relatent les résultats de quatre ans de travaux sur un sujet bien éloigné de l’activité de moteur de recherche : la fusion nucléaire.

Que Google cherche à faire avancer la science et moderniser le monde de l’énergie n’est qu’une demi-surprise : le géant regorge de cash, a un besoin pressant de diversification, et recrute les meilleurs cerveaux de la planète. Quelques brevets bien placés dans les énergies du futur lui assureraient une belle rentabilité sur l’ensemble du XXIe siècle.

Le choix de la fusion nucléaire n’est pas non plus surprenant : la maîtrise de cette énergie propre rendrait obsolètes nos centrales à fission, panneaux solaires et autres éoliennes.

La stupeur est venue du type de fusion nucléaire étudié : la fusion à froid. Faire une première incursion dans le secteur énergétique par ce biais revient à se lancer dans le domaine médical en commençant par travailler sur l’homéopathie.

Google serait-il en train d’abandonner l’approche cartésienne qui a fait sa fortune ?

L’énergie qui éclipsera toutes les alternatives 

Pour produire de l’électricité, nos centrales nucléaires actuelles utilisent le mécanisme de la fission. Il est basé sur la séparation d’atomes massifs, comme l’uranium, qui dégage une grande quantité d’énergie.

La fusion nucléaire est basée sur le principe physique opposé : la fusion de deux atomes légers crée un nouvel élément dont la masse est inférieure à celle des deux atomes qui le composent. La masse manquante de l’opération est convertie en énergie (selon le fameux e=mc2 d’Einstein). C’est ce mécanisme qui a lieu en permanence au cœur des étoiles ; notre Soleil tire son énergie de la fusion d’hydrogène en hélium.

La fusion est supérieure à la fission sur bien des points : utilisation de matières premières non radioactives comme l’hydrogène, facilité à interrompre le processus en cas d’accident, moindre génération de déchets contaminés, capacité à couvrir les besoins en énergie de l’humanité…

Si nous pouvions maîtriser la fusion, nous n’aurions plus besoin de construire de dangereux EPR (réacteurs européens à eau pressurisée), de polluants panneaux solaires ou d’encombrantes éoliennes.

Pourquoi n’avons-nous toujours pas de centrales à fusion ? 

Nous savons depuis les années 1950 déclencher des fusions nucléaires sur Terre dans des bombes atomiques. En introduisant une étape de fusion dans ces armes, leur puissance a été multipliée par 1 000 par rapport à leurs équivalents à fission.

Castle Bravo

Castle Bravo dégage 15 mégatonnes (soit 1 000 fois la puissance de la bombe atomique larguée sur Hiroshima), trop rapidement pour être utile comme source d’énergie.
Photo : Wikicommons.

Le problème n’est pas de déclencher une fusion nucléaire, mais de la faire durer dans le temps et de moduler sa puissance pour qu’elle puisse être utilisée pour produire de l’énergie en continu.

Les pays développés travaillent depuis des décennies sur différentes manières d’y parvenir. Confinement magnétique, fusion contrôlée par laser, par rayons X : toutes les pistes sont étudiées. Leur point commun : pour déclencher une fusion, elles reproduisent les conditions dantesques qui ont lieu au cœur du Soleil à échelle humaine. Ces installations nécessitent des techniques à la limite du savoir-faire industriel et tombent fréquemment en panne.

A la fin des années 1980, des chercheurs ont indiqué avoir trouvé une méthode révolutionnaire pour provoquer une fusion nucléaire “à froid”. Selon eux, la fusion nucléaire pourrait être déclenchée en laboratoire dans des conditions habituelles de température et de pression.

Cette publication a suscité de gros espoirs jusqu’à ce que toutes les équipes tentant de reproduire les expériences échouent successivement.

En 2015, les scientifiques de Google se sont emparé du sujet pour répondre une fois pour toute à la question : la fusion à froid est-elle un canular ou une réalité ?

Quatre ans et 10 M$ plus tard, leurs conclusions sont enfin tombées. Rendez-vous dès demain pour les découvrir !

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