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Quand le gourou des techs, Masayoshi Son, élabore la voiture du futur

par Cécile Chevré
Masayoshi Son voiture

Vendredi dernier, je vous ai présenté Masayoshi Son, PDG de l’entreprise japonaise SoftBank Corp., et certainement un des plus grands investisseurs dans les nouvelles technologies au monde. Une fois lancé sur sa piste, nous avons repéré les principaux dans lesquels il investit pour dénicher des idées d’investissement – intelligence artificielle, communication et satellites, voiture autonome et blockchain.
En 2016, Son s’est allié financièrement à un personnage qui fait de plus en plus parler de lui. Et cette alliance lui a permis de s’affirmer un peu plus dans le monde des nouvelles technologies.

Alliance nippo-saoudienne autour des nouvelles technologies

Ce personnage, c’est Mohammed ben Salmane Al Saoud, prince héritier et vice-premier ministre d’Arabie Saoudite. L’homme qui est derrière la purge massive qu’a connue le royaume ces derniers mois mais aussi derrière la décision d’introduire partiellement en Bourse la compagnie pétrolière saoudienne, Saudi Aramco. Une introduction en Bourse qui est annoncée comme une des plus importante sde l’histoire de l’investissement.
Outre sa vision toute personnelle du pouvoir, Mohammed ben Salmane est aussi un innovateur, du moins en matière d’économie. Conscient de la presque complète dépendance de l’Arabie saoudite au pétrole, le prince a décidé de miser sur la diversification de l’économie.
Une diversification qui doit prendre le virage non seulement des nouvelles énergies (le royaume se convertit, par exemple, au solaire) mais aussi des nouvelles technologies.
D’où la rencontre entre Masayoshi Son et Mohammed ben Salmane, de laquelle est née un fonds d’investissement dont le nom est tout un programme : Vision Fund.
Ce fonds est donc entièrement spécialisé dans l’investissement dans les nouvelles technologies et est pour cela doté d’environ 100 milliards de dollars, dont 45 ont été fournis par l’Arabie saoudite via son Fonds public d’investissement.

Le Vision Funds, nouveau bras armé de l’investissement dans les techs

En quelques mois, le Vision Fund s’est imposé comme un acteur majeur de l’investissement dans les nouvelles technologies et les start-ups, et a gagné la réputation de savoir s’imposer. La rumeur veut que Son ai présenté ainsi les choses aux fondateurs d’Uber : soit ils acceptaient son investissement, soit le Vision Fund finançait leur concurrent le plus direct. Au passage, cela n’a pas empêché Son d’investir dans d’autres sociétés très similaires à Uber, mais ceci n’est qu’un détail.
Les centres d’intérêt du Vision Fund sont variés : la réalité virtuelle, avec un investissement de 500 millions de dollars dans une start-up britannique, Improbable ; les nouvelles façons de travailler (avec Slack ou WeWork) ; l’e-commerce (avec la start-up américaine Fanatics spécialisée dans le marchandising sportif) ; la construction (avec la start-up Katerra) et même… les services de promenade de chiens (avec Wag).
Outre ces investissements dans des start-ups, le Vision Fund possède des participations dans des entreprises bien établies comme Uber, les fabricants de micro-processeurs Nvidia et ARM Holdings.
Là encore une piste à suivre pour ceux attirés par l’investissement dans les “techs” puisque c’est valeurs sont les véritables “pelles et pioches” de toutes les innovations technologiques, des nouvelles réalités, de l’intelligence artificielle ou encore de la blockchain.

L’assurance, la nouvelle cible de cet amateur des nouvelles technos

Récemment, Son semble s’intéresser à un secteur pourtant d’apparence très traditionnel : l’assurance.
En décembre 2017, SoftBank a ainsi investi dans la Fintech Lemonade, ce qu’a repéré Ray dans NewTech Insider :
SoftBank a investi près de 120 millions de dollars dans Lemonade, une startup américaine du domaine de l’assurance.
Lemonade se décrit comme étant la première entreprise d’assurance habitation peer-to-peer au monde.
Bien sûr, l’intelligence artificielle y joue un rôle. L’entreprise utilise l’IA pour la souscription aux polices et pour chatter avec ses assurés, mais elle repose sur la blockchain pour créer des algorithmes, déterminer les conditions de versements et créer des contrats intelligents (smartcontracts).
L’assurance est un secteur majeur. En réduisant les coûts et en améliorant le service, Lemonade pourrait s’avérer vraiment révolutionnaire.
L’assurance est un secteur si manifestement central que Son aurait décidé d’investir dans une autre entreprise du secteur, le suisse Swiss Re. Selon le Wall Street Journal, SoftBank s’apprêterait à mettre 10 milliards de dollars sur la table pour acquérir un tiers de Swiss Re.
Pourquoi cet intérêt – qui a surpris tout le monde – ? Le plus probable est que la réflexion de Son soit globale. Il est absolument persuadé que l’avenir de la conduite passera par les voitures autonomes. En 2016, il créait une division, SoftBank Drive, dédiée aux voitures intelligentes et au autonomes. Parmi ses objectifs, la mise en place d’un service d’autobus autonomes destinés, par exemple, à desservir les campagnes japonaises.
Son pense aussi que les services de partage de voitures remplaceront les véhicules individuels au fur et à mesure que les voitures gagneront en autonomie. D’où sa participation dans Uber, mais aussi dans les services concurrents, Didi Chuxing en Chine, Ola en Inde ou Grab à Singapour.
Ces entreprises sont certes des services de VTC mais Uber n’a jamais caché ses ambitions : supprimer, à terme, ses chauffeurs, pour proposer des taxis autonomes. En novembre 2017, Uber annonçait ainsi l’acquisition de 24 000 voitures produites par Volvo et équipées d’un système d’aide à la conduite – un premier pas vers l’autonomie. Et en janvier dernier, Uber s’associait avec Nvidia pour avancer dans son projet de mettre des taxis complètement autonomes sur les routes.
Il est fort possible que la participation dans Swiss Re soit une pièce de ce puzzle. Son pourrait ainsi proposer des services d’assurance dédiés aux professionnels, des chauffeurs d’Uber aux travailleurs indépendants de WeWork.
Mais il pourrait aussi être intéressé par le développement de la collecte d’informations par les assureurs. Plusieurs d’entre eux proposent en effet l’installation d’une “boîte noire” dans les véhicules, permettant de suivre au plus près le comportement du conducteur, et ce en échange d’une réduction significative du coût de leur assurance.
Uber a déjà mis en place une forme de suivi de conduite à ses chauffeurs. Depuis 2016, dans certaines villes, l’entreprise peut en effet repérer les comportements à risque, comme les freinages trop brusques ou le dépassement des limites de vitesse. Un premier pas dans une collecte de données amenée à se généraliser, à la fois dans les voitures des professionnels que dans celles des “simples” conducteurs.
Des données qui intéressent tous ceux qui veulent développer la voiture autonome. Début février, SoftBank annonçait un partenariat avec le service chinois de VTC, Didi Chuxing, pour le développement d’une plateforme de taxi destinée au marché japonais. Le communiqué mettait en avant les compétences de Didi en matière de prévision – via l’intelligence artificielle et le deep learning – de l’évolution de la demande mais aussi la connaissance de terrain de SoftBank. Une connaissance qui pourrait se nourrir des données fournies par les conducteurs eux-mêmes via leur voiture connectée.
A suivre… et nous n’allons pas quitter de vue les investissements de Masayoshi Son.

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1 commentaire

Vignando Luigi 19 février 2018 - 14 h 39 min

Bonjour Madame,
Nous vivons une excitation générale ; de nouvelles monnaies, de concepts de gains tous azimuts…
de Génies… visionnaires !
C’est excitant de lires tous ces… possibles et probables gains !
Je m’y perds… je l’avoue.
Merci beaucoup pour vos informations et j’espère que je ne vais pas me perdre…
Bien à vous ,
Luigi Vignando

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