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Le Halo-Fi à l’heure des grandes manœuvres

par Etienne Henri
halo-fi rachat marlink

[Plus que jamais, l’Internet par satellite attire toutes les convoitises. Totalement déconnecté des inquiétudes liées à la croissance des économies occidentales, le secteur poursuit sa marche folle. SpaceX, Starlink, Marlink… Les grands acteurs de la connectivité se rient de la conjoncture. Les grosses mains, elles, achètent à tour de bras. Le Halo-Fi n’est pas un gadget, il vaut déjà des milliards…]

L’indice manufacturier subit une contraction inattendue aux Etats-Unis au printemps ? Les plans de relance américains sont de plus en plus contestés, voire menacés dans certains Etats ? Confiante dans son calendrier commercial, l’entreprise d’Elon Musk, SpaceX, elle maintient son programme. Elle vient de procéder, pour sa constellation Starlink, à de nouvelles mises en orbite. Un chiffre record !

Les besoins en haut débit ne feront qu’augmenter dans les prochaines années

L’Europe reste suspendue au succès des campagnes de vaccinations avant d’envisager la réouverture de ses frontières ? Le trafic aérien et maritime reste au point mort ? L’opérateur de connectivité dédié au transport, Marlink, vient d’être mis en vente pour un montant record.

Comme toute infrastructure, l’Internet par satellite se planifie sur le temps long, et se met parfois en place en décalage avec le reste de l’économie. Peu importent l’ampleur exacte de la reprise, les chiffres mensuels sur le pouvoir d’achat des ménages, et même la fin imminente du recours massif au télétravail grand consommateur de bande passante : les opérateurs savent que la connectivité à Internet sera de plus en plus demandée.

Les besoins en haut débit, en faible latence et en disponibilité géographique ne feront qu’augmenter dans les prochaines années. C’est pour cette raison que les grosses mains ont, ce mois-ci, mis les bouchées doubles pour asseoir leur position dans ce secteur au potentiel explosif… 

Le Halo-Fi n’est pas un gadget 

Dans l’imaginaire collectif, l’Internet par satellite à haut débit est vu comme un produit de niche. Pour ses détracteurs, il s’agit d’une débauche de moyens qui permet essentiellement de télécharger un film en quelques secondes au lieu de quelques minutes (un exploit inutile à l’heure du streaming), ou qui permet aux gamers de jouer avec une latence réduite à leur jeux vidéo préférés partout sur la planète. Des usages jugés par certains comme futiles au vu des investissements mis en œuvre pour les rendre possibles.

C’est oublier un peu vite qu’une connectivité mondiale a bien d’autres avantages. Si SpaceX a tiré quatre nouvelles grappes de 60 satellites les 4, 9, 15 et 26 mai, dépassant ainsi les 1 600 satellites en orbite, ce n’est pas (uniquement) pour faire un pied de nez à Jeff Bezos et au retard de son projet concurrent Kuiper. C’est aussi parce qu’il reste près de trois milliards de personnes qui n’ont encore pas accès, ni à domicile ni sur leur lieu de travail, à Internet.

 

SpaceX poursuit la construction de sa constellation Halo-FiEt de quatre (tirs) ! Ce mois-ci, SpaceX a envoyé plus de 200 satellites Starlink en orbite
Images :
SpaceX

 

Qu’il s’agisse de très haut débit n’est donc qu’une conséquence secondaire de l’état de l’art technologique. Le pari de SpaceX est de proposer sous peu une connexion 300 Mbps à la totalité de l’humanité. Que les occidentaux déjà fibrés n’en aient pas l’usage ne rend pas le projet illégitime. Ils ne sont tout simplement pas la cible principale.

En parallèle, la connectivité en situation de mobilité est de plus en plus utilisée. Vous avez peut-être pu profiter, ces derniers temps, du Wi-Fi ou de la 4G dans le TGV ou le métro. Cette petite prouesse, déjà remarquable, n’est rien par rapport à l’isolement d’un avion en plein ciel ou d’un navire perdu à des milliers de kilomètres des côtes.

Trois milliards de personnes n’ont pas encore accès à Internet

Pourtant, connecter ces véhicules isolés recèle un potentiel commercial fabuleux. Un Airbus A350 entre Paris et New York, ce sont 320 passagers désœuvrés et coincés durant 8 heures sur un siège inconfortable. Les compagnies aériennes ont bien vite flairé le filon et commencé à proposer des packs de connectivité permettant aux passagers d’agrémenter leur vol pour quelques dizaines d’euros. De l’homme d’affaires pour qui chaque heure de travail vaut une petite fortune aux adolescents paniqués à l’idée de devoir abandonner WhatsApp et Facebook pour une demi-journée, les clients potentiels ne manquent pas.

Pas étonnant, donc, que les compagnies dotent quasi-systématiquement leurs nouveaux appareils d’une connexion internet – et ce, bien avant le COVID-19. Certaines vont même jusqu’à “rétrofitter” leur flotte pour connecter des avions dont l’âge est parfois très respectable : le retour sur investissement ne fait aucun doute.

 

Wifi par connexion satellite avionMême sur des vols courts intra-européens,
le Wi-Fi par connexion satellite sera la norme dès 2022 chez KLM
Photo :
Aero Icarus via Flickr

 

En parallèle, il est devenu inimaginable de faire partir des navires marchands pour des voyages au long cours sans connexion Internet. Suivi du déplacement, optimisation du trajet en fonction de l’encombrement des routes ou de la météo, prévention de la piraterie et gestion des urgences à bord sont autant de raisons très valables de disposer d’une connexion de qualité.

Le point commun entre tous ces usages ? Ils ne peuvent être assurés que par l’Internet satellitaire… Le Halo-Fi.

 

Le Halo-Fi vaut déjà des milliards (la preuve avec Marlink) 

Il y a quelques jours, nous apprenions que l’opérateur Marlink allait de nouveau changer de mains. Le spécialiste de la connectivité des navires et plateformes en mer est, en fait, un habitué des changements de propriétaire. Il avait été racheté par Airbus en 2011 avant d’être cédé à Apax Partners en 2016.

Depuis, Marlink a triplé son activité. Il est de nouveau mis en vente par Apax et pourrait valoir, selon des informations relayées par Les Echos, près de 1,5 Md€. C’est trois fois son chiffre d’affaires annuel !

Marlink vaut trois fois son chiffre d’affaires annuel

Selon des rumeurs qui datent déjà de la fin d’année dernière, c’est son concurrent-partenaire Inmarsat qui serait pressenti pour le racheter. Un tel rapprochement ne manquerait pas de sel puisque Inmarsat avait lui-même été racheté il y a deux ans par un consortium de fonds qui comptait parmi ses membres… un certain Apax Partners.

A l’époque, les actionnaires d’Inmarsat avaient pu se frotter les mains. Lors de l’offre publique d’achat, la prime proposée par le consortium par rapport au dernier cours de Bourse se montait à +44 % – signe que ces entreprises, lorsqu’elles mettent en place les bonnes offres commerciales et les bons partenariats industriels, valent de l’or.

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4 commentaires

PAUL THIBAULT 1 juin 2021 - 16 h 58 min

je suis tres intersse

Reply
PAUL THIBAULT 1 juin 2021 - 16 h 59 min

je suis passione

Reply
JACQUES GOTIN 3 juin 2021 - 1 h 39 min

Très intéressant le sujet, comment se positionner ?

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JACQUES GOTIN 3 juin 2021 - 1 h 41 min

Passionnant, comment se positionner ?

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