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Halo-Fi : OneWeb menace les velléités de leadership de Starlink

par Etienne Henri
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[Quel milliardaire gagnera la course à l’espace ? Jeff Bezos (Blue Origin), Richard Branson (Virgin Galactic) ou Elon Musk (SpaceX) ? Si, pour l’instant, nous n’en savons rien, l’heure est à la surenchère. Il faut dire que l’espace recèle bon nombre d’enjeux majeurs. Le tourisme spatial en est un. Le Halo-Fi, l’Internet par satellite, en est un autre. Et, sur ce segment, la concurrence est particulièrement rude… Au point de voir OneWeb revenir dans la course et faire plus que jamais de l’ombre à Starlink…]

La “course à l’espace” n’a jamais aussi bien mérité son nom ! Il y a quelques semaines seulement, Jeff Bezos annonçait son intention d’embarquer, courant juillet, dans une fusée Blue Origin pour une première balade dans l’espace.

Accompagné de son frère Mark, de Wally Funk (pionnière octogénaire du programme Gemini de la NASA n’ayant jamais rejoint l’espace malgré sa formation) et d’un généreux passager ayant payé pas moins de 28 M$ pour son siège, le fondateur d’Amazon comptait bien inaugurer en fanfare l’ère du tourisme spatial.

Le milliardaire, dont les ambitions spatiales semblent aujourd’hui bien timides par rapport aux réalisations d’Elon Musk, revenait ainsi sur le devant de la scène médiatique en confiant sa vie à un vaisseau qui reste, il faut le dire, encore expérimental.

 

intérieur vaisseau blue origin bezos

Intérieur du Blue Origin, un vaisseau futuriste mais encore peu éprouvé.
Crédit : Blue Origin

 

Ce coup de poker médiatique a de quoi donner des sueurs froides aux actionnaires d’Amazon – dont Bezos quitte la direction ce 5 juillet – et aux assureurs qui, selon Reuters, ont purement et simplement refusé de couvrir les risques de ce voyage. Il aurait pu rester unique en son genre, voire ne jamais avoir lieu pour un prétexte quelconque… mais c’était compter sans l’esprit de compétition incessant entre milliardaires.

Début juillet, Richard Branson, le fantasque P-DG de Virgin Galactic, annonçait à son tour son intention de rejoindre l’espace dès le 11 juillet. Damant ainsi le pion à Jeff Bezos, Branson devrait s’envoler neuf jours plus tôt à bord du SpaceShip Two.

Lorsque vous lirez ces lignes, peut-être qu’Elon Musk aura annoncé son intention de s’envoler dans une fusée Falcon dès le 10 juillet…

Mais, finalement, quelle que soit l’issue de ces querelles d’égos, les industriels de l’espace réalisent, quant à eux, des progrès considérables.

La course au Halo-Fi continue 

L’espace n’est pas là que pour servir de terrain de jeu aux milliardaires en mal de sensations fortes. L’enjeu principal du moment reste la couverture internet par satellite. Selon Gwynne Shotwell, présidente de SpaceX, l’entreprise pourrait atteindre dès le mois de septembre la couverture mondiale d’Internet.

SpaceX considère que sa flotte est désormais suffisante pour couvrir la totalité de la planète

Ce jalon est important non seulement pour des aspects commerciaux évidents, mais aussi pour des raisons techniques. Chaque satellite est placé sur une orbite bien particulière, et les réseaux spatiaux nécessitent un nombre minimal d’appareils en orbite pour pouvoir atteindre le cap fatidique de la couverture intégrale.

A ce jour, SpaceX a déployé plus de 1 800 satellites et considère que sa flotte est désormais suffisante pour couvrir la totalité de la planète. Il ne resterait plus qu’à déplacer chaque satellite jusqu’à son orbite-cible pour y parvenir. Ceci fait, le dernier obstacle sera d’obtenir, au cas par cas, l’aval des autorités locales pour pouvoir commercialiser Starlink.

Un concurrent sérieux pour SpaceX

Il ne sera pourtant pas dit que SpaceX fera en solitaire la course vers la domination de l’Internet par satellite.

OneWeb, qui était donné pour morte lors de son dépôt de bilan en mars 2020, a retrouvé preneur et compte bien devenir un acteur de poids du secteur. Son nouveau P-DG Neil Masterson, ancien codirecteur de Thomson Reuters, a annoncé lever pour 500 M$ de fonds pour étoffer sa constellation.

Après un nouveau tir réussi fin juin à bord d’une fusée Soyouz, la flotte OneWeb compte désormais 254 satellites opérationnels qui lui permettront de lancer dès l’automne ses premières offres commerciales. D’ici à l’hiver prochain, ce sont près de 650 satellites qui devraient tourner au-dessus de nos têtes, permettant à l’opérateur d’atteindre à son tour la fameuse couverture intégrale de la planète.

OneWeb ne compte pas offrir directement ses services

Contrairement à SpaceX, OneWeb ne compte pas offrir directement aux clients finaux ses services. Ne vous attendez donc pas à pouvoir commander une box OneWeb pour votre domicile. La connectivité sera offerte aux opérateurs locaux à qui reviendra la charge de la commercialisation en B2C.

Cette simplification de l’offre permet à OneWeb, qui a déjà englouti plus de 3 Mds$, de limiter ses efforts commerciaux en les concentrant sur le B2B. Que l’opérateur qui revient de loin parvienne ou non à fournir une offre fonctionnelle, sa seule présence a le mérite d’empêcher Starlink de s’endormir sur ses lauriers.

Alors que la firme d’Elon Musk a fait le pari de fournir des abonnements coûteux (99 € par mois en France, plus de 500 € de frais de mise en service), la mutualisation des coûts d’accès à OneWeb par les opérateurs locaux pourrait mettre à mal ce modèle commercial premium.

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