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Hydrogène : comment bien investir dans le secteur

par Etienne Henri
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[Le secteur de l’hydrogène est en pleine ébullition, certaines valeurs atteignent des sommets. Alors, est-il trop tard pour y investir ? Certainement pas. Les capitaux abondent et les entreprises travaillant sur l’hydrogène propre ne manqueront pas de financement à moyen terme. Encore faut-il bien choisir ses cibles…]

Comme je le disais la semaine dernière, l’hydrogène est en pleine ébullition. L’IPO de Hydrogen Refueling Solutions (ALHRS – FR0014001PM5), HRS, rend parfaitement compte de la folie qui règne actuellement sur le secteur. C’est de la pure spéculation.

Pourtant, c’est un fait, derrière chaque excès se cache un fond de vérité. La réalité étant que l’hydrogène propre est une tendance lourde, en pleine croissance. De nombreux acteurs industriels sont en train d’y investir et, pour les fournisseurs, le carnet de commandes se remplit comme jamais.

S’il ne faut jamais prendre un train en marche – surtout lancé à cette vitesse –, est-il pour autant trop tard pour investir dans le secteur ? A mon sens, non, mais il faut bien choisir ses cibles…

Hydrogène : plus fondamental que spéculatif

Pour commencer, soyez-en sûr, l’intérêt porté à l’hydrogène va bien au-delà de simples considérations spéculatives. Comme je viens de le dire, les industriels y investissent à tour de bras.

ADP travaille sur un projet de terminal dédié à la mobilité à hydrogène

Mais, si nous devions ne prendre qu’un exemple d’actualité pour nous en convaincre, ce serait celui du projet de méga-terminal de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. La construction de ce dernier a été abandonnée. Ce désormais défunt Terminal 4 devait pourtant permettre d’accueillir quelque 40 millions de passagers par an – soit à lui seul autant que l’aéroport d’Orly. Cela n’aura pas lieu. Le projet a été purement et simplement annulé.

Pour justifier cette décision, un pêle-mêle de raisons a été évoqué : baisse du trafic aérien à cause du COVID-19, “obsolescence” du projet, volonté assumée de décourager le recours à l’avion en France. Si les arguments politiques de façade n’ont pas manqué, les faits, eux, sont autrement plus instructifs.

Quelques heures seulement après l’annulation officielle de ce projet à 7 Mds€, nous apprenions qu’ADP (société gestionnaire de l’aéroport) travaillait sur un projet de terminal dédié à la mobilité à hydrogène. En effet, le groupe a annoncé, conjointement avec la Région Ile-de-France, l’agence Choose Paris Region, Air France-KLM et Airbus, “un appel à manifestation d’intérêt (AMI) inédit pour explorer les opportunités offertes par l’hydrogène sur les aéroports franciliens et relever le défi de la décarbonation des activités du transport aérien.”

Le jour même, l’appel à candidatures était lancé sur le site ad-hoc, preuve que le coup de théâtre médiatique n’en était pas vraiment un et que l’aviation française comptait bien réallouer ces milliards vers la mobilité à hydrogène.

Rappelons qu’Airbus table toujours sur la commercialisation d’un avion zéro émissions dès 2035, et ce calendrier industriel ambitieux n’a rien à voir avec une bulle spéculative.

airbus avion hydrogène

L’avion propre promis par Airbus se moque des hauts et des bas de la Bourse. Crédit : Airbus 

Comment investir dans l’hydrogène sans risquer sa chemise ? 

Comme pour l’arrivée d’Internet, la légalisation du cannabis et toutes les autres révolutions qui ne sont pas passées inaperçues en Bourse, la recette du succès est simple.

Pour profiter des opportunités de gains sans passer votre temps à suivre des mouvements spéculatifs potentiellement ruineux, le mieux reste d’investir dans des entreprises qui ont déjà fait leurs preuves pour bénéficier de la croissance du secteur.

Comme pour toutes les autres révolutions qui ne sont pas passées inaperçues en Bourse, la recette du succès est simple

Elles ne manquent pas, et il s’agit souvent d’entreprises ayant fait un travail acharné durant dix ou vingt ans et qui commencent tout juste à en récolter les fruits. Certaines étaient même dans le cas de HRS il y a quelques années, et les investisseurs téméraires qui les avaient suivies lors de leur IPO ont subi de fortes pertes… Mais le temps passant, ce sont les meilleures entreprises qui survivent. En ne vous précipitant pas sur les IPO, vous évitez d’investir dans les coquilles vides qui ne valent souvent plus rien trois à cinq ans après leur introduction en Bourse. Celles qui maintiennent leur activité et prouvent leur capacité à générer une activité croissante sont les futures gagnantes.

Un dossier boursier n’est pas intrinsèquement bon ou mauvais : le timing par rapport au cycle de vie de l’entreprise et la valorisation sont deux éléments cruciaux qui doivent conduire à prendre une position ou à attendre – quitte à revenir sur l’entreprise quelques années plus tard.

En tout état de cause, l’engouement pour l’IPO de HRS est le signe que les capitaux abondent et que les entreprises travaillant sur l’hydrogène propre ne manqueront pas de financement à moyen terme – et ceci est une excellente nouvelle pour le secteur dans son ensemble.

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