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Il est temps d’investir au Japon

par Arthur Toce
investir chine

Voilà ce qu’on lit habituellement : le Japon est au bord du gouffre avec une dette sur PIB de 240 %, une croissance anémique et une population vieillissante… Il est coincé depuis quinze ans dans une trappe à liquidités et son économie est bloquée.

Non mais vraiment, pourquoi investir dans un tel canasson ?

Un bon investisseur doit savoir faire fi du consensus et construire son propre raisonnement critique. Pour ma part, plusieurs signes me poussent à penser que le Japon pourrait être la Corée de 2004, dont les entreprises ont fait une partie de la fortune de Warren Buffett !

Pour commencer, beaucoup d’indicateurs macro sont positifs pour l’investisseur au Japon.

Le Japon est toujours une terre d’innovations

brevets japon

Source : Rapport mondial sur la propriété intellectuelle 2019.
https://www.wipo.int/wipr/en/2019/

Désormais, c’est la Chine qui fait largement la course en tête avec 46,4 %, soit près de la moitié des brevets déposés dans le monde. Viennent ensuite les Etats-Unis avec 597 141 demandes, le Japon avec 313 567, la République de Corée (209 992) et enfin l’Office européen des brevets avec 174 397 demandes. Ensemble, ces cinq offices se partagent 85,3 % de l’activité mondiale.

Et alors me direz-vous ? Malgré ou à cause de sa population vieillissante, le Japon connaît une augmentation du nombre de brevets par habitant dit actif (hors enfants et personnes âgées qui ne travaillent plus). Il se classe en troisième position malgré sa population active de seulement 60 millions d’habitants. Et ce chiffre est en augmentation puisque la population active décroît et que le nombre de dépôts demeure à peu près stable. A contrario, en France ou aux Etats-Unis, ce nombre diminue si on le rapporte à la population active.

Le Japon, un géant endormi qui se réforme rapidement

Une des caractéristiques du Japon ou de la Corée du Sud est leur fermeture sur l’extérieur avec une très faible immigration. Mais les choses changent comme le montre la loi passée le 1er avril 2019 : le pays a ouvert ses portes aux travailleurs étrangers peu ou pas qualifiés. Les procédures pour obtenir un visa ont été améliorées et simplifiées, mais tout cela demeure très contrôlé et oriente la main-d’œuvre vers les industries qui en ont besoin.

Le Japon est un pays extrêmement conservateur et collectiviste. Malgré son image d’innovateur – il était le leader mondial dans le dépôt de brevets à la fin du XXe siècle –, il est parfois très rétif à l’innovation. Mais de ce côté-là également, les choses changent :

  • Palantir, le géant américain de l’exploitation des big data, a créé un joint-venture avec l’assureur japonais Sompo afin d’explorer les solutions pour le secteur de la santé et de la cybersécurité.
  • MUFG engage des robots californiens pour digitaliser ses archives. Les Echos titraient carrément que la plus grande banque japonaise voulait sortir du XIXe siècle…
  • Microsoft Japon passe à la semaine de quatre jours et observe une hausse de la productivité de 40 %…

Toutes ces nouvelles, aussi éparses soient-elles, indiquent que la société japonaise est en train de se réformer.

Les entreprises japonaises peuvent-elles redevenir des reines ?

Même si la productivité et le PIB stagnent, on voit un élan et une remise en cause qu’on n’avait pas vu depuis très longtemps au pays du Soleil-Levant… et cela commence à se voir.

“Il y a urgence: selon l’OCDE, la productivité du pays est inférieure de 25 % à la moyenne des pays développés. L’organisation note toutefois que la productivité est remontée de quatre places depuis que le Japon a accéléré son investissement dans les robots. Le pays est aujourd’hui le deuxième mondial en nombre de robots industriels par employé, loin derrière la Corée du Sud, mais juste devant l’Allemagne. Et côté exportations, il bat tous les records : il domine largement le secteur de la robotique industrielle, avec 36,6 % du marché mondial, largement devant l’Allemagne (14,2 %) et la Corée du Sud (3,3 %)”, selon Top Industrial Robots Exporters.

Qu’on le veuille ou non, la robotisation est un des axes de croissance de l’industrie de demain et le Japon est idéalement placé sur ce point.

Mais le plus important à mon sens n’est pas là. Il vient de l’organisation de l’économie japonaise, longtemps dominée par les grands conglomérats, les keiretsu. Je vous expliquerai demain pourquoi ces changements dans l’organisation des entreprises sont si importants et rapprochent le Japon d’aujourd’hui de la Corée de 2004.

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