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Les implants anti-Covid-19 exposés au grand jour

par Etienne Henri
L’homme-bionique du futur n’aura peut-être pas de vision en rayons X, ni de force surhumaine, mais il saura plusieurs heures à l’avance s’il a attrapé le Covid-19. Photo : CBS

[Avec l’épidémie de Covid-19, la recherche de l’armée américaine, au budget réputé sans limite, s’est concentrée sur des moyens de détecter les maladies avant les premiers symptômes. Comment ? Une simple puce suffit. Bienvenue dans le monde d’après, pas sûr que ce soit celui que nous souhaitions !]

 

C’est désormais une certitude : l’armée américaine a développé en secret une technologie d’implant dans le but de surveiller la progression du Covid-19.

Rassurez-vous, cher lecteur, Opportunités Technos n’a pas sombré dans le complotisme facile… Votre serviteur n’est pas non plus devenu adepte des théories fumeuses : non seulement l’information est des plus sérieuses, mais illustre à quel point la réalité et l’inventivité humaine peuvent dépasser la fiction.

L’armée américaine, sous la houlette de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency, son agence chargée des projets de recherche innovants) a développé deux dispositifs anti-Covid-19 qui viennent d’être rendus publics. Il y a un an de cela, il aurait été difficile de les prendre au sérieux tant leur principe semble appartenir au domaine de la science-fiction. Aujourd’hui, ils sont à quelques encablures réglementaires de pouvoir être utilisés à grande échelle.

Une puce pour détecter le Covid-19

La première innovation surréaliste de la DARPA consiste en un implant sous-cutané anti-Covid-19.

En collaboration avec un acteur privé, l’agence a développé un polymère qui, une fois injecté sous la peau du patient, est en contact permanent avec le sang.

Ce gel, qui prend la forme d’un fil de trois centimètres de long, peut être mis en place au moyen d’une simple seringue. Il possède une composition chimique spéciale qui réagit aux molécules présentes dans le corps, et a pour particularité de changer de couleur en présence de marqueurs de début d’infection.

Il suffit ensuite à une puce électronique relativement simple et bon marché, placée à la surface de la peau, d’avertir son hôte lorsqu’une infection est imminente.

L’homme-bionique du futur n’aura peut-être pas de vision en rayons X, ni de force surhumaine, mais il saura plusieurs heures à l’avance s’il a attrapé le Covid-19. Photo : CBS

L’homme-bionique du futur n’aura peut-être pas de vision en rayons X, ni de force surhumaine, mais il saura plusieurs heures à l’avance s’il a attrapé le Covid-19. Photo : CBS

Bien sûr, le dispositif n’évite pas en soi le risque de contamination, mais il permet de prévenir les malades avant même l’apparition des premières manifestations physiques comme la toux ou la fièvre. Il est ainsi possible d’isoler les personnes avant qu’elles n’entrent en phase aiguë de contagiosité.

La DARPA s’intéresse au dispositif pour équiper les troupes sur les navires, ou les unités en opérations extérieures. La promiscuité de ces soldats les rend particulièrement sensibles à une flambée épidémique : une seule personne contaminée peut rapidement transformer tout un bataillon en cluster.

Une surveillance des troupes automatisée, qui plus est capable de détecter les malades avant même l’arrivée des premiers symptômes visibles, permettait d’évacuer le risque de voir un régiment, une caserne, voire l’équipage d’un porte-avion entier passer en quelques jours de l’état de force de frappe dissuasive à celui de malades inoffensifs et vulnérables.

Des implants sous-cutanés pour surveiller la composition du sang, voilà bien un concept qui rappelle les plus folles rumeurs autour de la surveillance de masse… la différence entre la réalité et la fiction tient en un détail : par mesure de confidentialité et de discrétion, sujet tout aussi important pour les forces armées que pour les citoyens, il n’est pas prévu d’ajouter des fonctions de connectivité du dispositif. Oubliez les puces 5G et autres monitoring à distance depuis un QG secret : sur les navires comme au front, seule une lecture « sur place » du test sera possible.

Quand l’armée vous libère du virus

La seconde piste explorée par la DARPA pour se débarrasser du Covid-19 est encore plus futuriste.

Pour soulager les malades chez qui le virus se serait trop répandu, l’agence a mis au point ni plus ni moins qu’un filtre anti-Covid-19.

Installé dans une machine de dialyse comme celle dont disposent la plupart des hôpitaux de la planète pour traiter les plus de 4 millions de personnes dialysées, il permet de retirer le virus présent dans le sang.

Diminuer la charge virale est l’objectif principal des candidats-traitements, que l’on parle d’antiviraux ou d’anticorps monoclonaux. Ces solutions médicamenteuses, dont beaucoup font actuellement l’objet d’études cliniques, ont toutes le même objectif : réduire le nombre de particules virales en circulation pour réduire la force de l’attaque virale.

Ici, la solution est mécanique, et semble bien être efficace. La DARPA a publié, il y a quelques jours, le résultat de ses premiers tests de filtrage du virus dans le sang des malades. Son « patient 16 », l’épouse d’un soldat, avait contracté une forme grave du Covid-19 et était en soins intensif lorsqu’elle fut intégrée à l’étude de la DARPA. Après seulement quatre jours de traitement, son choc septique se résorba et ses marqueurs d’infection s’améliorèrent.

Des technologies militaires bientôt pour le grand public

Il ne sera pas dit que ces innovations seront réservées aux forces armées.

Au vu de l’efficacité du traitement, la FDA a autorisé en urgence le traitement par filtration pour les patients en soins intensifs. Depuis, ce sont pas moins de 300 malades qui en ont bénéficié.

De son côté, l’implant de surveillance est en train de franchir unes à unes les étapes conduisant à une mise sur le marché. Il est actuellement en phase d’homologation et pourrait obtenir sa certification FDA (équivalent de l’ANSM en France) dès le début de l’année prochaine.

Ces deux exemples nous montrent que les technologies futuristes, souvent développées pour les forces armées qui ne regardent pas à la dépense, finissent souvent par se retrouver dans le domaine public.

Nous avons connu cette démocratisation avec le GPS, utilisé pour positionner les troupes, navires et avions militaires avant d’être ouvert aux usages civils. Les accéléromètres et gyroscopes, utilisés jusqu’aux années 2000 pour guider les missiles balistiques, sont aujourd’hui présents dans nos smartphones et voitures pour leur permettre de se repérer dans l’espace avec une précision jamais vue auparavant.

Après la crise sanitaire, attendez-vous à voir de nombreuses technologies médicales futuristes se banaliser. En matière de nouvelles technologies, l’inimaginable peut rapidement s’immiscer dans notre quotidien.

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