Accueil A la une Impression 3D : un œil bionique en moins d’une heure…

Impression 3D : un œil bionique en moins d’une heure…

par Edern Rio
Oeil bionique

Si bien des domaines actuels des nouvelles technologies flirtent volontiers avec la science-fiction, ce n’est que rarement le cas de la bionique – l’augmentation de l’homme par la machine. En effet, le plus souvent, alors que les effets d’annonce sont très puissants, leur concrétisation nous ramène inéluctablement au sol.

C’est notamment le cas des prothèses visuelles informatisées (ou “œil bionique”), dont la promesse n’est rien de moins que de rendre la vue. Car oui, l’œil bionique existe déjà. Plusieurs entreprises sont même en compétition sur ce segment.

Permettre une perception visuelle minimale

Aujourd’hui, certaines pathologies à l’origine de la cécité peuvent être contournées et la technologie permet de rendre une forme de vision. Nous sommes notamment en mesure de rendre une vision partielle aux personnes atteintes de rétinite pigmentaire, une dégénérescence des cellules de la rétine qui entraîne peu à peu la perte de vue.

Cette affection est liée aux photorécepteurs de l’œil qui n’assurent plus leur rôle correctement, alors que le reste de l’œil fonctionne toujours. Dans un œil sain, les photorécepteurs de la rétine convertissent la lumière en minuscules impulsions électrochimiques qui sont envoyées par le nerf optique au cerveau, où elles sont décodées en images. Dans ce cas, en quelque sorte, ce sont les capteurs qui sont cassés et c’est dans ce cas que l’œil bionique peut actuellement rendre la vue.

L’œil bionique Argus II développé par Second Sight repose sur le dispositif suivant. On implante une prothèse sur l’œil lors d’une opération chirurgicale. La prothèse inclut une puce couplée au nerf optique, une antenne et un boîtier électronique.

On complète alors le dispositif par un équipement externe : des lunettes munis d’une micro-caméra, un émetteur placé sur les branches des lunettes et une unité de traitement vidéo portée en bandoulière.

schema œil bionique second sight

Schéma descriptif de l’œil bionique de Second Sight.

Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas de retrouver réellement et parfaitement la vue mais plutôt de permettre au patient de capter des flashs de lumière et de percevoir les contrastes pour qu’il puisse savoir où il se trouve et ainsi regagner en autonomie. Il faut accompagner l’appareillage d’un temps de rééducation pour apprendre à interpréter les informations visuelles transmises par le système.

Si nous sommes loin de la science-fiction, les dispositifs médicaux n’en demeurent pas moins extraordinaires et prouvent que nous sommes désormais en capacité d’interfacer une puce et un nerf optique. La technique existe depuis une dizaine d’années maintenant.

Et bonne nouvelle, l’entreprise française Pixium Vision (FR0011950641-PIX) a atteint les mêmes résultats chez cinq patients atteints de DMLA sèche (dégénérescence maculaire liée à l’âge) fin août avec ses prothèses bioniques PRIMA. Nous sommes aux balbutiements de cette technique très impressionnante. Khalid Ishaque, directeur général de Pixium Vision, déclarait :

“Nous sommes confiants que PRIMA puisse être une option thérapeutique pour restaurer une vision utile chez les personnes rendues aveugles par une dégénérescence rétinienne.”

Rupture technologique

Mais la technique mise au point par Michael McAlpine de l’Université du Minnesota diffère des implants existants car elle ne nécessite pas d’unité de traitement vidéo. Les matériaux polymères imprimés sur la surface de l’œil sont des photodiodes, des capteurs de lumière qui la convertissent en électricité.

Actuellement le taux de conversion de la lumière en électricité est de 25% et l’équipe espère l’améliorer. Il doit également mener l’impression 3D sur une surface molle car l’expérience a été menée sur un œil de verre.

Si le principe de la technique est incroyable, il n’est évidemment pas question de l’appliquer tel quel et des années de recherche sont encore nécessaires pour améliorer le dispositif. Les espoirs proviennent surtout du fait qu’avec les photodiodes, il n’est plus nécessaire de disposer d’une unité de traitement vidéo, on rétablit finalement un fonctionnement “naturel”.

Pour le professeur McAlpine, son expérience démontre surtout que “nos semi-conducteurs imprimés en 3D montrent qu’ils pourraient potentiellement rivaliser avec l’efficacité des dispositifs semi-conducteurs fabriqués dans des installations de micro-fabrication. De plus, nous pouvons facilement imprimer un dispositif semi-conducteur sur une surface courbe.”

Cette nouvelle impose une nouvelle fois l’impression 3D dans le domaine des implants informatisés et des technologies médicales.

Investir dans l’œil bionique ?

Deux sociétés sont actuellement cotées en Bourse : l’Européenne Pixium Vision cotée à Paris et l’Américaine Second Sight Medical Products (US81362J1007-EYES) cotée au Nasdaq.

Mais autant jouer franc jeu immédiatement, aucune des deux ne semble être un placement prometteur actuellement. Nous sommes encore trop loin d’une application massive de ces techniques.

Les deux actions ont connu des dégringolades conséquentes depuis leurs introductions en Bourse.

graphique action pixium vision

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