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L’industrie de la capture de CO2 est née

par Etienne Henri
co2 effets de serre

La lutte contre les émissions de CO2 est désormais une croisade d’ampleur mondiale. Rares sont les formations politiques et les industries qui ne s’approprient pas ce combat. Chacun clame son implication dans le grand mouvement vers des émissions plus “responsables” et “durables”… et continue son petit bonhomme de chemin sans changer ses habitudes.

Pourquoi ces belles intentions ne sont-elles jamais suivies d’effets ? Tout simplement parce que nous ne connaissons aucun moyen de concilier niveau de vie post-industriel et absence d’émissions de CO2.

La concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère va donc de record en record. Elle atteint désormais les 413ppm, et continuera d’augmenter tant que l’humanité maintiendra son niveau de vie… ou tant que le CO2 ne sera pas retiré de l’atmosphère sitôt émis.

L’été dernier, nous faisions un tour d’horizon de cette piste qui permettrait de concilier croissance économique et modération de la concentration de ce gaz à effet de serre.

Que de chemin parcouru en douze mois ! A cette époque, où la concentration en CO2 était encore sous les 410 ppm, je vous parlais de la société Climeworks et de son ambition de créer une véritable industrie de la capture de CO2. Cette piste est, à mon sens, la seule crédible si nos sociétés industrielles veulent limiter leurs émissions dans l’atmosphère. Nier l’impact économique des mesures de compensation est un non-sens qui conduit à un débat biaisé et des citoyens méfiants (à juste titre) envers toutes les taxes, subventions et autres règlementations prises “au nom du climat”.

Un an à peine après notre premier contact avec Climeworks, l’entreprise vient d’annoncer son offre commerciale grand public. Depuis le mois dernier, capturer du CO2 de façon industrielle n’est plus un travail de chercheur ou une lubie de multinationale en mal de greenwashing : c’est une activité comme un autre avec ses grilles tarifaires, ses capacités de production et ses clients.

Cet été, offrez-vous une tonne de CO2

En 2017, Climeworks ouvrait son usine pilote de Hinwill, en Suisse. Sur ce site, la startup retire du CO2 de l’atmosphère à proximité d’un incinérateur en profitant de la forte concentration locale en dioxyde de carbone et de la disponibilité de chaleur auparavant gaspillée.

Le gaz est ensuite valorisé en étant injecté dans des serres où les plantes, évoluant dans une atmosphère enrichie, poussent plus vite et mieux.

récupérateur co2 Climeworks

Le récupérateur de Climeworks sait extraire le CO2 atmosphérique en turbinant l’air. Crédit : Climeworks.

Ce premier site grandeur nature a permis à l’entreprise de parfaire son processus industriel de capture et de concentration du gaz. En début d’année, un partenariat avec Coca-Cola a fait naître des boissons gazeuses contenant du CO2 capturé depuis l’atmosphère vendues sous la marque Valser.

Cette incursion dans le monde du commerce de masse, plus médiatique qu’écologiquement significative, a été complétée le mois dernier par l’ouverture de ventes de CO2 capturé aux particuliers. En quelques clics sur le site web de l’entreprise, chacun peut désormais financer la capture de 85 kg (pour 84 €) à 600 kg (588 €) de CO2 sur un an.

Un premier pas vers la neutralité d’émissions carbonées

Aux tarifs actuels, la capture de gaz carbonique est proposée aux particuliers environ 1 000 € la tonne. Sachant que l’industriel annonce avoir un coût d’extraction d’environ 600 $ (530 €) par tonne, la marge d’exploitation n’est pas négligeable.

C’est, disons-le clairement, une excellente chose. Aucune industrie ne peut opérer à perte longtemps, et nous ne pouvons que souhaiter à Climeworks de trouver sa clientèle à ce prix pour continuer son activité de manière rentable et baisser in fine ses tarifs.

marque d’eau Valser coca-cola

La marque d’eau Valser et son eau gazéifiée au CO2 capturé. Crédits : Valser.

La compensation bientôt pour toutes les bourses ?

L’objectif de la startup est de diminuer ses coûts de capture jusqu’à 100 $ par tonne. Il faudra absolument y parvenir pour que la séquestration de CO2 soit économiquement envisageable.

Aujourd’hui, un Français émet annuellement 12 tonnes de CO2 par an et nous sommes parmi les nations les plus performantes grâce à notre parc nucléaire. Les compenser avec l’offre de Climeworks coûterait plus de 11 700 € par an et par habitant – un chiffre inacceptable, que l’on imagine une souscription volontaire ou imposée par la loi.

En revanche, une diminution par 6 du coût de séquestration ferait descendre le prix de la neutralité carbone sous les 2 000 € par an et par citoyen. Ce montant, s’il n’est pas négligeable dans l’absolu, reste bien plus faible que le coût de nombreux services sociaux que nous finançons sans broncher année après année…

Conserver un tissu industriel tout en devenant neutre sur le plan des gaz à effet de serre pourrait, dans quelques années, ne plus être un doux rêve mais un simple choix politique à 140 Mds€ par an. Ce coût ne représente, après tout, que 60 % du déficit de l’Etat prévu pour la seule année 2019…

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2 commentaires

Burgener 23 juillet 2019 - 17 h 41 min

Cette idée de diminuer les rejets de co2 ne sert à rien puisque le co2 n’ Est pas la cause du réchauffement climatique mais la conséquence..
Climatosceptique.fr un site exceptionnel vous explique l’arnaque climatique
Vous êtes capables de le comprendre ne vous sousestimez pas!

Reply
Thierry 28 juillet 2019 - 5 h 49 min

Étonnant qu’une possibilité de capture du CO2 existe et qu’on n’en parle pas dans les médias…
C’est la première fois que je lie qu’un tel système possibilité existe.
Bien sûr qu’il faut s’atteler à cette industrie de capture de CO2, et tout de suite.
Si on ne fait rien, l’homme disparaîtra dans 2 ou 3 siècles.

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